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Le Québec se déconfine : bye bye couvre-feu et bonjour terrasses

Deux personnes trinquent avec leur verre de café sur la terrasse d'un restaurant.

Malgré le froid, vêtus de tuques, Kelly et Tatiana ont été les premiers clients de cette terrasse située sur l'avenue du Mont-Royal, à Montréal, vendredi avant-midi.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Après avoir été contraints de respecter un couvre-feu pendant près de quatre mois et demi, les Québécois pourront passer leurs soirées sans se soucier de l'heure qu'il est.

La levée du couvre-feu, mesure exceptionnelle qui était en vigueur depuis le 9 janvier pour lutter contre la propagation de la COVID-19, avait été annoncée par le gouvernement Legault la semaine dernière, lors de la présentation de son plan de déconfinement.

D'abord instauré de 20 h à 5 h, le couvre-feu a ensuite été repoussé à 21 h 30, avant de provisoirement repasser à 20 h dans certaines régions aux prises avec d'importantes éclosions de cas.

Loin de faire l'unanimité, cette mesure, dont l'efficacité n'a pas été prouvée scientifiquement , était assortie d'une amende de 1550 $ pour les récalcitrants. Ainsi, plus de 20 000 constats d'infractions ont été remis depuis janvier aux personnes qui ont circulé en dehors des heures permises sans motif essentiel.

La levée du couvre-feu s'accompagne également d'une série d'assouplissements des mesures sanitaires, à commencer par la réouverture des terrasses des restaurants dans les zones rouges, orange et jaunes.

Une bouffée d'air frais pour clients et commerçants

On est contents; ça fait presque un an qu’on n’est pas venus en terrasse, témoigne Justine, cliente d'une terrasse montréalaise. Ça commence à faire du temps.

En affaires depuis 55 ans, le propriétaire du restaurant Napoli, Vincenzo Monturi, est heureux d’accueillir de nouveau des clients sur sa terrasse, après s’être rabattu sur les livraisons pendant le confinement.

Mon restaurant n’avait jamais été fermé [auparavant], mais j’ai dû fermer complètement pendant les deux premiers mois, a-t-il indiqué en entrevue à ICI RDI.

Incapable de recruter suffisamment de personnel pour faire tourner son restaurant, M. Monturi a conscrit des membres de sa famille nombreuse pour lui permettre d’ouvrir ses portes.

Serveur à la brasserie Les 3 Brasseurs depuis plusieurs années, Laurent Jugant est heureux de retrouver ses clients. On est heureux de revivre ce que l’on avait perdu, […] ce partage avec la clientèle, explique-t-il. Les gens avaient besoin de ça aussi.

Une serveuse tient un cabaret vide entourée de clients.

Les clients ne se sont pas fait attendre sur les terrasses situées sur la rue Bernard Ouest, dans l'arrondissement Outremont, à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

De Gatineau à Québec

Je suis très excité, avoue un client du Café Mulligan, à Gatineau. C’est une journée ensoleillée. C’est un peu frisquet, mais on s’habitue. Ça fait longtemps qu’on veut boire le moka et être entouré de gens. Ça fait du bien.

Les Gatinois font l’envie de leurs voisins ontariens situés à Ottawa, de l’autre côté de la rivière des Outaouais, où les terrasses et les salles à manger sont toujours fermées. Bien que la frontière entre le Québec et l’Ontario soit toujours fermée, les restaurateurs n’ont pas l’intention de jouer à la police avec leurs clients.

Les restaurateurs de Québec sont également heureux de renouer avec la clientèle, soutient le directeur du restaurant Les Trois Garçons, Gratien Bonnery.

Les gens étaient au rendez-vous même s’il faisait très froid. On a mis des chauffe-terrasses; les gens avaient envie de manger en terrasse avec une petite veste.

Une citation de :Gratien Bonnery

Abondant dans le sens de la majorité de ses homologues, M. Bonnery confirme que le recrutement de la main-d’œuvre est difficile. On a dû engager du monde de l’extérieur du Canada, d’Europe, donc de faire faire des visas. C’était un peu compliqué, mais on va y arriver, raconte-t-il.

La suite du déconfinement

Pour les deux premiers paliers de couleurs, les restaurants peuvent désormais accueillir les membres d'une même bulle, ou deux adultes en compagnie d'enfants mineurs issus de résidences différentes.

En zone jaune, les occupants de deux habitations peuvent partager un repas à la même table.

Une femme et un homme sont assis face à face et boivent de la bière.

Les clients étaient aussi de retour à la Terrasse St-Ambroise à Montréal, vendredi.

Photo : Radio-Canada / Dave Saint-Amant

En outre, les rassemblements d'un maximum de huit personnes (ou les occupants de deux résidences) sont à nouveau permis sur tout terrain privé extérieur, dans le respect de la distanciation physique.

Les déplacements entre régions, qui étaient jusqu'ici interdits, sont à nouveau permis.

Et les organisateurs d’événements dans les stades (intérieurs comme extérieurs), les grandes salles de spectacle ou les amphithéâtres sont autorisés à accueillir jusqu'à 2500 spectateurs, répartis en « zones indépendantes » de 250 personnes.

D'autres allègements à venir

Le déconfinement se poursuivra lundi dans la province, à l'exception de Montréal et Laval, qui devront demeurer au rouge jusqu'au 7 juin.

Le 31 mai, les régions situées en zone rouge basculeront donc à l'orange, notamment celles de la Capitale-Nationale, de la Montérégie, des Laurentides, de Lanaudière et de l'Outaouais.

L'Estrie passera aussi à l'orange, sauf pour la sous-région du Granit, près de Lac-Mégantic.

Pareil scénario sera observé au Bas-Saint-Laurent – à l'exception des municipalités régionales de comté (MRC) de Kamouraska, de Rivière-du-Loup, du Témiscouata et des Basques – et dans Chaudière-Appalaches (en excluant les MRC de Montmagny, de L'Islet, de Robert-Cliche et de Beauce-Sartigan).

Après les terrasses, les salles à manger des restaurants seront ouvertes aux clients, tout comme les salles d'entraînement intérieur. Les élèves de troisième, quatrième et cinquième secondaires pourront quant à eux retourner en classe à temps plein.

Ces assouplissements entrent progressivement en vigueur au moment où le nombre de nouveaux cas quotidiens et d’hospitalisations est en déclin, et que la campagne de vaccination va bon train. À ce jour, plus de 57 % des Québécois ont reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19.

Le gouvernement souhaite atteindre le plus rapidement le seuil de 75 % de la population vaccinée.

Avec les informations de La Presse canadienne

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