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L’alimentation pour s'attaquer aux troubles de santé mentale

Des poivrons sur l'étal d'une épicerie à Calgary.

Les fruits et légumes sont conseillés par Santé Canada pour avoir une alimentation saine.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

La pandémie a eu un lourd impact sur la santé mentale des Canadiens. Alors que certains trouvent du réconfort dans la nourriture, des spécialistes, études à l'appui, disent qu'un régime méditerranéen peut réduire les problèmes d’humeur, même les plus importants.

La dernière fois que j’ai mangé un burger avec des frites, c’était il y a 20 ans, dit Patty Minall en riant. Cette Albertaine a décidé de changer de style de vie après la mort de sa mère et de sa sœur la même année. Toutes les deux avaient un cancer.

Patty Minall a suivi des cours de nutrition et rayé de sa vie les produits laitiers, la viande et les aliments ultratransformés de l’industrie agroalimentaire, en se concentrant sur les fruits et légumes.

À 43 ans, j’étais en surpoids, stressée, et j'avais de l’acné sur le visage, se rappelle-t-elle. Aujourd’hui, tous ces problèmes ont disparu et, à 63 ans, je suis fière de mon apparence. Le pouvoir de la nourriture est incroyable.

Patty Minall près d'un pot de fleurs.

Patty Minall a mis du temps à réaliser le lien entre son alimentation et sa santé.

Photo : Patty Minall

Le cerveau, ce gourmand pointilleux

Bonnie Kaplan fait le même constat depuis 25 ans. Psychologue de recherche retraitée de l'Université de Calgary, elle compile son savoir sur les liens entre la nutrition et les troubles mentaux dans son livre, The Better Brain.

C’est une question d’éducation, assure-t-elle. On nous a appris que manger sert à renforcer les os et les muscles, mais, en réalité, notre cerveau est l’organe le plus actif et le plus gourmand. Entre 20 et 50 % des nutriments absorbés servent à le nourrir, alors qu’il ne pèse que 2 % de notre poids.

Dans les épiceries ou les publicités, la nourriture trop sucrée et trop grasse est partout. Le corps encaisse mal ces habitudes alimentaires.

Nous avons besoin d’environ 30 vitamines et minéraux par jour. Les produits alimentaires transformés en ont généralement trois. Les pommes ou les brocolis les ont tous, dit Bonnie Kaplan.

Un plat avec un sandwich et des pommes de terre dans un restaurant.

Les produits frits sont à consommer avec modération.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Selon une étude de 2017, près de la moitié des calories consommées par les Canadiens proviennent d'aliments ultratransformés comme des céréales sucrées, des gâteaux, des friandises et des boissons sucrées.

Ce type de régime augmente les risques de problèmes d’humeur, qu'ils soient faibles ou importants, explique le diététicien Olivier Yergeau. Nos sentiments et notre façon de réagir aux événements changent si on mange trop de glucides, de protéines, ou d’acides gras saturés.

Il va y avoir un manque de neurotransmetteurs importants pour la régulation des émotions et une surproduction d’autres neurotransmetteurs qui ont un impact sur le stress.

Ruth Anne Crowl, une diététicienne de Calgary, a constaté une hausse de ses consultations liées à des problèmes de santé mentale depuis la pandémie.

Notre routine a été chamboulée. Nous perdons la motivation de cuisiner et commandons des plats en livraison ou achetons des repas déjà faits. Cela peut entraîner des carences en vitamines et en minéraux et avoir un impact sur notre moral.

Une pile de boîtes de céréales à déjeuner dans une épicerie à Calgary.

Les céréales à déjeuner ne sont pas recommandées pour les enfants, selon Bonnie Kaplan, car elles sont trop sucrées.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Les vertus du régime méditerranéen

Un régime basé sur une variété de produits frais, légumes et fruits, et de sources d’oméga-3, comme les noix, le poisson ou l’huile d’olive, aide cette partie du cerveau à fonctionner correctement, explique Ruth Anne Crowl. Ce régime, dit méditerranéen, séduit de nombreux experts.

En 2019, une étude (en anglais) (Nouvelle fenêtre) de l’Université Macquarie, en Australie, a conclu qu’une alimentation saine peut améliorer les niveaux cliniques de dépression chez les jeunes adultes.

Pendant trois semaines, deux groupes ont été créés à partir de 76 étudiants présentant une mauvaise alimentation et des symptômes de dépression. 

Un groupe a été soumis à un régime de style méditerranéen. Les autres ont gardé leurs habitudes alimentaires habituelles. Les symptômes de dépression se sont améliorés dans le groupe suivant le régime.

Un essai clinique australien publié en 2017 (Nouvelle fenêtre) (en anglais) et en 2018, appelé SMILES, confirme également cette hypothèse.

Pour reprendre le contrôle, Ruth Anne Crowl conseille de modifier son alimentation petit à petit. Ajoutez, par exemple, un nouveau légume une semaine, puis celle d’après, ce sera au tour des noix.

Bonnie Kaplan conclut avec une formule simple à retenir : De la vraie nourriture, pas des repas emballés!

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