•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Assaut du Capitole : la famille du policier mort tente de rallier des républicains

Des partisans de Donald Trump crient à l'extérieur du Capitole, à côté d'un immense drapeau américain.

Des partisans de Donald Trump, lors de l'assaut du Capitole, le 6 janvier

Photo : Getty Images / Brent Stirton

Dans une tentative de dernière minute de voir une commission bipartisane faire toute la lumière sur l'invasion du siège du Congrès par des partisans de Donald Trump, le 6 janvier, des proches de Brian Sicknick, le policier du Capitole mort dans la foulée de l'assaut, ont rencontré jeudi plusieurs sénateurs républicains.

La mère et la compagne de l'agent Sicknick de même que deux policiers qui ont eux aussi défendu le Capitole ont ainsi tenté de rallier des élus républicains à leur cause.

Sans le 6 janvier, Brian serait toujours là. C'est aussi simple que cela, a affirmé l'un d'eux, Harry Dunn.

Leur plaidoyer, livré in extremis, avait pour but d'obtenir suffisamment d'appuis au sein du camp républicain, largement opposé à la mise sur pied d'une commission d'enquête proposée par les démocrates, pour éviter que la démarche n'avorte devant le Sénat.

Dans une déclaration obtenue par Politico la veille, la mère du policier qui a perdu la vie au lendemain de l'assaut, Gladys Sicknick, a notamment rappelé aux élus que les policiers avaient été là pour les protéger.

Ne pas avoir de commission sur le 6 janvier pour examiner ce qui s'est passé exactement constitue une gifle au visage de tous les policiers qui ont fait leur travail ce jour-là, a-t-elle écrit.

Je suggère à tous les membres du Congrès et aux sénateurs qui sont contre ce projet de loi de se rendre sur la tombe de mon fils au cimetière national d'Arlington et, pendant qu'ils y sont, de réfléchir à ce que leurs décisions blessantes feront aux officiers qui seront là pour eux dans le futur.

Une citation de :Gladys Sicknick

Mais leur démarche semble s'apparenter à un coup d'épée dans l'eau.

Le sénateur Ron Johnson, un allié loyal de Donald Trump opposé à une commission d'enquête, a indiqué à l'issue de la rencontre ne pas avoir changé d'idée.

Bien que nous soyons respectueusement en désaccord sur la valeur ajoutée de la commission proposée, je me suis engagé à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour garantir que toutes leurs questions trouvent une réponse, a-t-il déclaré dans un communiqué.

Les leaders républicains, Donald Trump, qui maintient son ascendant sur la formation, et plusieurs membres du caucus ont affiché de façon explicite et sans appel leur opposition à la commission d'enquête.

C'est pourquoi je suis ici aujourd'hui, a dit Mme Sicknick aux journalistes. Vous savez, d'habitude je reste en retrait, mais je ne pouvais pas – je ne pouvais plus – rester silencieuse.

La semaine dernière, des membres de la police du Capitole ont eux aussi exprimé dans une lettre aux élus leur déception profonde devant la position des leaders républicains, évoquant les traumatismes des agents lors de l'assaut.

L'assaut du 6 janvier a fait cinq morts, presque tous des partisans de l'ancien président, ainsi que près de 150 blessés parmi les forces de l'ordre.

En avril, le médecin légiste a conclu que Brian Sicknick, 42 ans, était mort de cause naturelle à la suite d'un accident vasculaire cérébral. Dans une entrevue au Washington Post, il a affirmé que l'autopsie n'avait pas décelé de preuves de blessures internes ou externes ou de réaction allergique à des irritants de nature chimique. Tout ce qui s'est passé a joué un rôle dans son état, a-t-il cependant souligné.

Deux hommes visés par de multiples inculpations ont notamment été accusés d'agression d’un agent avec une arme dangereuse, mais pas d'homicide. Ils sont soupçonnés d'avoir utilisé un un aérosol anti-ours, un puissant mélange de gaz poivré.

Dans un communiqué publié le 7 janvier, la police avait déclaré que Brian Sicknick avait été blessé lors d’une confrontation avec des manifestants et qu’il s’était effondré en arrivant dans les bureaux de son équipe.

Les conclusions de l'autopsie ne changent rien à ce qui s'est passé le 6 janvier, a déclaré la partenaire du policier, Sandra Garza. Nous voulons simplement que les membres du Congrès veillent à ce que cela ne se reproduise pas.

Des appuis insuffisants

Habituellement des défenseurs des forces de l'ordre, les sénateurs républicains devraient bloquer en soirée l'adoption de la création d'une commission, qui a été approuvée par la Chambre des représentants à majorité démocrate la semaine dernière, avec l'appui de 35 républicains.

En vertu d'une procédure particulière au Sénat, il faut l'appui de 60 des 100 élus pour qu'un projet de loi puisse faire l'objet d'un vote.

Or les démocrates, qui ont besoin de l'appui de 10 républicains pour y parvenir, peineront à rallier un nombre suffisant de leurs adversaires.

Selon CNN, le leader de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, qui avait accusé l'ex-président d'être « concrètement et moralement responsable d'avoir provoqué les événements » du 6 janvier, a demandé à ses collègues de lui accorder une faveur en rejetant le projet de loi.

Le républicain le plus puissant du Sénat a déjà clairement indiqué qu'il opposerait une fin de non-recevoir au projet de loi. Il a invoqué plusieurs raisons, dont l'aspect selon lui partisan de la commission ou encore le fait que des comités du Congrès et le département de la Justice menaient déjà des enquêtes.

Seuls trois sénateurs républicains – à l'identité prévisible – ont affiché leur ouverture à une commission : Mitt Romney, Lisa Murkowski et Susan Collins, tous trois critiques à l'endroit de l'ancien président Trump.

Le sénateur de l'Utah a voté deux fois pour sa destitution et ses collègues de l'Alaska et du Maine ont pour leur part jugé l'ex-président coupable lors de la deuxième procédure, qui portait justement sur sa responsabilité dans l'assaut du Capitole. Dans les deux cas, l’ancienne vedette de téléréalité a bénéficié de la clémence de la majeure partie du camp républicain, resté soudé derrière lui.

Cette semaine, la sénatrice Collins, qui réclame des modifications au projet de loi sur la table, a fait circuler un amendement destiné à rallier certains de ses collègues à la commission, selon le Washington Post. Un scénario qui ne ferait pas nécessairement changer d'idée un nombre suffisant de républicains ou même qu'accepteraient les démocrates.

Des républicains qui avaient d'emblée soutenu la mise en place d'une commission au lendemain de l'assaut, comme Lindsey Graham ou encore John Cornyn, ont depuis changé d'idée.

Plus tôt cette semaine, deux des démocrates les plus susceptibles de voter avec les républicains sur plusieurs enjeux, Joe Manchin et Kyrsten Sinema, ont imploré les républicains à collaborer avec eux pour trouver un terrain d'entente afin que la commission voie le jour.

Aucun républicain n'a d'excuse pour voter contre cette commission, puisque les démocrates ont accepté tout ce qu'ils ont demandé, a toutefois soutenu M. Manchin dans un communiqué publié jeudi.

Les démocrates de la Chambre des représentants avaient apporté des changements au projet initial à la suite de certaines critiques des républicains.

M. Manchin a accusé Mitch McConnell d'adopter une position politique en pensant que cela aidera le camp républicain lors des élections de mi-mandat de 2022. Ils ne croient pas que la vérité rend libre, alors ils continuent à vivre dans la peur.

Depuis le 6 janvier, plusieurs républicains ont par ailleurs tenté de minimiser les événements du 6 janvier.

L'un d'eux a par exemple affirmé récemment que cela s'apparentait à une simple visite touristique du Capitole. Un autre a accusé le département de la Justice de harceler des patriotes pacifiques, et d'autres ont contesté le fait que l'émeute ait été causée par des pro-Trump.

Le modèle de la commission sur le 11 septembre 2001

Lancée par la présidente de la Chambre Nancy Pelosi la proposition d'une commission sur les circonstances de l'assaut du Capitole est inspirée de celle sur les attentats du 11 septembre 2001.

La commission d'enquête indépendante aurait notamment pour objectif d'examiner les raisons qui ont motivé environ 10 000 partisans de l'ex-président Donald Trump à envahir le périmètre du Capitole, puis quelques centaines d'entre eux à le prendre d'assaut.

Elle serait composée d'un nombre égal de démocrates et de républicains, pour un total de 10 commissaires, auxquels viendraient se greffer de nombreux autres collaborateurs, et aurait le pouvoir d'assigner des témoins à comparaître.

Avec les informations de Washington Post, et Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !