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Rassembler des témoignages de migrants : une fenêtre sur le passé

Des hommes se tiennent devant un magasin.

Des immigrants chinois devant un magasin, en Colombie-Britannique, entre 1890 et 1910.

Photo :  Bibliothèque et Archives Canada

L’immigration des communautés asiatiques ne date pas d’hier, et la Société du musée de la migration, qui fait partie du Centre du patrimoine canadien du Pacifique (PCHC), s’est donné pour mission de rassembler des histoires de familles et de migrants qui ont contribué à former la Colombie-Britannique d’aujourd’hui.

Depuis l’automne, la présidente du Centre du patrimoine canadien du Pacifique (PCHC), Wendy Yip, et son équipe recueillent des témoignages de familles venant du monde entier. Ces témoignages peuvent autant être récents que remonter jusqu'à cinq générations.

L’histoire du Canada Pacifique est une histoire de multiples vagues d’immigration et de migration à l’intérieur même du pays, explique-t-elle.

À défaut d’avoir un endroit physique où présenter ces témoignages, le PCHC a plutôt créé un musée virtuel, sans murs pour y accrocher les photos de famille. Ces dernières sont plutôt rassemblées dans des diapositives présentées sur le site web du centre.

Un groupe d'hommes chinois marchent à Vancouver vers 1899.

Entre 1881 et 1884, plus de 17 000 immigrants d’ascendance chinoise sont venus au Canada.

Photo : Bibliothèque et Archives Canada

L’idée de ce projet, c’est de renforcer le fait qu’aucune communauté ne peut prétendre à être plus native du Canada, à moins bien sûr qu’on parle des Premières Nations, Sinon, nous venons tous de quelque part ailleurs, explique Wendy Yip.

À long terme, le Centre, qui fête ses 10 ans cette année, souhaite pouvoir inaugurer un bâtiment similaire à celui du Musée canadien de l’immigration du Quai 21 d’Halifax, mais qui représente l’immigration sur la côte ouest.

Devanture du Musée canadien de l’immigration du Quai 21, avec à l'avant, des fleurs.

La Société du musée de l'immigration souhaite établir un musée qui se pencherait sur les histoires de migration en provenance du Pacifique.

Photo : Musée canadien de l’immigration du Quai 21

D’ici là, il demeure important de rassembler ces histoires afin d’éviter de perdre ces souvenirs et ces témoignages, mais aussi pour mieux comprendre le pluralisme de la société et vaincre la xénophobie, selon Wendy Yip.

Nous ne pouvons pas attendre qu'on en parle dans les livres d’histoire, personne ne s’en chargera, nous devons le faire nous-mêmes.

Une citation de :Wendy Yip, présidente du Centre du Patrimoine Canadien Pacifique

Un devoir de mémoire

Selon le directeur du programme d’étude sur l’immigration des Canado-Asiatiques de l’Université de la Colombie-Britannique, Chris Lee, ce devoir de mémoire est nécessaire, spécialement pour les jeunes générations.

Pour beaucoup de jeunes Canadiens d'origine asiatique, écouter ces témoignages, c’est aussi redécouvrir un pan de l’histoire qui ne leur a jamais été enseigné, explique Chris Lee.

Le Mois du patrimoine asiatique, célébré en mai depuis 25 ans à Vancouver et depuis 2002 à travers le pays, permet de reconnaître notamment le rôle qu’ont joué les communautés asiatiques dans la formation même de la Colombie-Britannique, il y a 150 ans.

Après que la Colombie-Britannique eut rejoint le Canada, l’une des conditions était la construction d’un chemin de fer pour relier la colonie avec le reste du pays et les travailleurs chinois sont devenus essentiels pour construire ce chemin de fer, spécialement dans les zones les plus dangereuses, relate Chris Lee.

Leur présence dans la province ne leur a toutefois pas accordé une place dans la société de l’époque, explique-t-il, ajoutant que la population d’origine asiatique a dû maintes fois faire face à de la discrimination et à du racisme au cours des années qui ont suivi, et ce, jusqu’à aujourd’hui.

Un certificat de taxe d'entrée pour un immigrant âgé de 25 ans, arrivé à Vancouver le 5 mai 1914.

Une fois la construction du chemin de fer terminée, le Canada a tenté de limiter l'immigration chinoise en imposant une taxe d'entrée pour chaque immigrant pouvant aller jusqu'à 500 $.

Photo : Bibliothèque et Archives Canada

Nous devons nous rappeler que beaucoup de ce qui a refait surface durant la pandémie n’est pas nouveau. Beaucoup des insultes et des accusations dirigées contre les Asiatiques sont en fait très similaires à ce qui était utilisé il y a 100 ans, souligne Chris Lee.

Il est important, selon lui, que cette histoire soit enseignée et comprise par la population générale et que le patrimoine asiatique puisse être commémoré afin qu’il ne soit pas oublié.

Nous voulons nous tourner vers le passé pour aider à créer un meilleur avenir, conclut-il.

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