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Archives

Il y a 10 ans nous quittait Alys Robi, première star internationale du Québec

Photo noir et blanc d'Alys Robi.

Le Téléjournal, 28 mai 2011

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La chanteuse Alys Robi nous a quittés le 28 mai 2011. Durant les années 1940, son succès dépassait largement nos frontières. Retour en archives sur la vie tumultueuse de celle qui fut la première vedette internationale du Québec.

Celle qu’on surnommait la Shirley Temple québécoise

Alice Robitaille voit le jour dans la paroisse Saint-Sauveur dans la ville de Québec. Dès l’âge de quatre ans, elle monte sur une scène et chante au cabaret Princesse en compagnie d’Olivier Guimond père.

Réjoui par ce premier succès qui emballe l’assistance, son père la mène de concours en concours, notamment aux talents Catelli, où elle rafle ses premiers prix.

Comme Napoléon Robitaille pratique la lutte, il fait monter dans le ring sa fille entre deux matchs pour que les spectateurs puissent l’entendre chanter. Elle devient rapidement la coqueluche de la Vieille Capitale.

À l’âge de 13 ans, la jeune Alice quitte Québec pour partir seule à Montréal.

« Appelez-moi Alys Robi, parce que je veux faire le tour du monde et ce sera plus facile pour les autres nationalités de prononcer mon nom », lancera-t-elle à Mme Rose Ouellette la Poune, qui l’accueille dans sa troupe au Théâtre National.

Artiste de grand talent, Alys Robi obtient rapidement une notoriété internationale.

Elle chante pour les soldats durant la Seconde Guerre mondiale.

Elle se produit dans les cabarets chics de New York comme le Blue Angel et le Copacabana. Elle monte sur les planches à Paris, au Mexique, au Brésil, et aussi à Londres, où elle est nommée lady.

Alys Robi participe en 1947 à la première émission de télévision au monde, diffusée à la BBC de Londres, où elle représente le Canada.

Gala du Music-Hall canadien, 1er septembre 1959

L’animatrice Michelle Tisseyre, qui mène une entrevue avec elle le 1er septembre 1959 pour le Gala du Music-Hall canadien, est impressionnée par le parcours de l’interprète.

Lors de cette même soirée du Gala du Music-Hall canadien, la lady chante avec passion Piove (Ciao ciao bambina) de Domenico Modugno.

Gala du Music-Hall canadien, 1er septembre 1959

Alys Robi apprend l’anglais, l’espagnol et l’italien. Elle affectionne particulièrement les chansons latino-américaines.

Tico tico, enregistré en 1942, sera le succès qui se collera à elle durant toute sa carrière.

Elle interprète d’autres chansons du répertoire latino-américain qui enchantent le public : Amor amor, Besame mucho, Jalousie, Chica chica boom chic, Brésil, etc.

Quand tout bascule et que plus rien n’est comme avant

À 25 ans, alors qu’elle est en route pour Las Vegas dans sa Cadillac convertible, elle tente d’éviter un camion qui arrive en sens inverse et percute un arbre.

Elle se frappe violemment la tête et sa vie en sera à jamais chamboulée. À la suite de sa longue hospitalisation, elle subit une dépression nerveuse.

Elle connaîtra les tourments des traitements psychiatriques de l’époque. Elle passera cinq longues années à l’hôpital Saint-Michel-Archange où, interdite de tous contacts avec l’extérieur, elle subira électrochocs à froid et même une lobotomie.

Durant cette descente aux enfers, sa foi ne la quitte pas et elle explique que c'est grâce à elle qu'elle a pu se sortir de cet épisode.

Avec le recul, la grande chanteuse estime que le travail est aussi en cause dans ses épisodes psychotiques. C’est un burnout que j’ai fait, j’étudiais tellement pour arriver au sommet.

Elle se fait voler la majorité de ses avoirs. Elle souhaite poursuivre sa carrière, mais revenir à la scène est difficile, car elle doit faire face au jugement des gens. Elle répond avec aplomb aux commentaires désobligeants.

Elle devient un exemple de courage pour les gens souffrant de maladie mentale.

Je voulais leur montrer qu’on peut refaire sa vie, mais ce n’est pas un cadeau, parce que pendant des mois on me traitait de "mentale" pendant que je chantais.

Une citation de :Alys Robi

Alys Robi chantera toute sa vie, mais elle ne connaîtra jamais plus la gloire à laquelle elle avait goûté durant les années 1940.

En 1971 à l’émission Zoom, elle interprète un extrait de son grand succès Tico tico.

Zoom, 14 février 1971

Dotée d’un grand appétit pour la vie, elle se révèle à Marie-Claude Lavallée dans cette entrevue diffusée à Entrée des artistes le 14 septembre 2002.

Le regard pétillant, elle y parle de son premier grand amour, Olivier Guimond fils.

Entrée des artistes, 14 septembre 2002

En 2004, dans Ma vie en cinémascope, la réalisatrice Denise Filiatrault porte au grand écran sa vie tumultueuse aussi grandiose que triste.

À l’animatrice Marie-Claude Lavallée, Alys Robi confie garder de précieux souvenirs de cette époque qui a passé trop vite entre la fin de l’adolescence et la jeune vingtaine, où elle a côtoyé des artistes de renom comme le chanteur Maurice Chevalier et l’acteur John Crawford.

Je crois que je referais ma vie telle qu’elle est, malgré le prix. C’est une vie extraordinaire, ce n’est pas une vie ordinaire que j’ai vécue.

Une citation de :Alys Robi
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