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L’ex-chef du SPVM Philippe Pichet poursuit Québec pour plus d’un million de dollars

M. Pichet en point de presse au QG du SPVM.

L'ex-directeur de la police de Montréal Philippe Pichet, le 31 octobre 2016.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

L’ancien chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Philippe Pichet, et les membres de sa famille réclament 1,1 million de dollars au gouvernement du Québec pour les dommages subis à la suite de la suspension controversée de M. Pichet, en décembre 2017.

Dans un document de 36 pages déposé jeudi matin à la Chambre civile de la Cour du Québec, les plaignants décrivent les multiples dommages qu’ils ont subis depuis que l’officier de haut rang du SPVM a été renvoyé dans le contexte d’une crise de confiance qui minait la réputation du service de police.

Un rapport dévastateur sur la gestion du corps policier avait notamment révélé d’importantes lacunes à cette époque dans la conduite des enquêtes internes et l’existence d’un climat toxique au sein de l’organisation. Cette situation avait conduit à la suspension d'au moins quatre officiers de haut rang en 2017, en plus d'une perquisition menée au quartier général du SPVM par la Sûreté du Québec.

Philippe Pichet a toujours soutenu que ces problèmes existaient déjà bien avant son arrivée à la tête du service, en août 2015.

Selon les plaignants, l’ex-ministre libéral de la Sécurité publique Martin Coiteux, qui avait mis en doute publiquement la compétence de Philippe Pichet pour gérer cette crise, est l’un des principaux responsables de la suspension de l’ex-chef de police.

D’après la poursuite, l’ex-ministre Coiteux aurait agi illégalement et de façon injustifiée en discréditant de la sorte le chef du SPVM sur la place publique pour sauver les apparences du gouvernement, ainsi que pour soigner sa propre image, à des fins purement politiques et au mépris total des droits du Défendeur et de ceux de sa famille, écrit l’avocat des Pichet, Me Daniel Rochefort.

À l'époque, le ministre Coiteux subissait régulièrement des pressions de la CAQ – alors dans l'opposition – qui réclamait la destitution du chef Pichet.

M. Pichet a appris de façon dégradante sa suspension à la télévision alors qu'il était seul dans son bureau, mais sous le regard de dizaines d'employés œuvrant sous ses ordres dans le même immeuble.

Une citation de :Extrait de la poursuite

Tabletté à la maison

Philippe Pichet, qui a aujourd’hui réintégré le SPVM, où il occupe les fonctions d’inspecteur-chef, affirme qu’on l’a tabletté à la maison, loin des dossiers importants.

Affirmant ne pas avoir accès aux communications du service de police, l’officier déplore qu’on ne lui assigne que des tâches minimes.

Il a d’ailleurs déposé une autre poursuite il y a une dizaine de jours pour obliger la Ville de Montréal à lui confier des responsabilités plus importantes, à la hauteur de ses compétences.

En ce qui a trait aux dommages causés à sa réputation, les documents de la poursuite précisent que M. Pichet se fait encore apostropher voire invectiver lorsqu’il se retrouve en public, certaines personnes allant même jusqu’à affirmer qu’il est corrompu.

Poursuite de 1,1 million de dollars contre Québec

Poursuite familiale

Philippe Pichet réclame par conséquent 800 000 $ au gouvernement du Québec pour les dommages infligés à sa réputation lors de cet épisode qui l’a propulsé à l’avant-scène médiatique, alors qu’il n’a jamais fait l’objet d’aucun blâme ni aucune réprimande de la part de la Ville de Montréal dans cette affaire.

Sa femme, Nancy Labarre, réclame quant à elle 180 000 $ de dommages et intérêts. Son fils et sa fille, qui deviendra bientôt policière, réclament respectivement 50 000 $ et 60 000 $.

Après sa suspension, en 2017, Philippe Pichet a occupé un poste de directeur général à la Ville de Fermont avant de réintégrer des fonctions administratives au sein du SPVM.

Selon la poursuite, il est anormal qu’un haut fonctionnaire de la trempe de M. Pichet soit confiné dans des fonctions à la maison et privé de communication avec les opérations du SPVM. M. Pichet dit n'avoir le droit de communiquer avec aucun employé du SPVM actuellement.

Rappelons qu'après la suspension de Philippe Pichet, le directeur de la Sûreté du Québec de l'époque, Martin Prud'homme, avait été dépêché à la tête du SPVM avec le mandat de restructurer la Division des affaires internes et une partie du volet opérationnel du service de police, qui comprend notamment toutes les enquêtes.

Son rapport avait été rendu public par le gouvernement du Québec en novembre 2018.

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