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Le plan de déconfinement albertain serait dissuasif pour la 2e dose de vaccin

La levée de toutes les restrictions ne dépend que de la première dose et des hospitalisations

Des fioles vides du vaccin de Moderna contre la COVID-19.

Seuls 9 % des Albertains admissibles ont reçu une deuxième dose de vaccin contre la COVID-19 pour l'instant.

Photo : Associated Press / Matthias Schrader

Le plan de déconfinement de l’Alberta pourrait décourager les Albertains d’obtenir leur deuxième dose de vaccin contre la COVID-19 et provoquer une quatrième vague, soutiennent plusieurs experts de la santé publique.

Radio-Canada a parlé à cinq experts, qui sont unanimes : le plan de réouverture n’offre aux Albertains aucun incitatif pour recevoir une deuxième dose de vaccin contre la COVID-19.

La troisième et dernière étape du plan prévoit une levée de toutes les restrictions, dont le port du masque et la distanciation physique, deux semaines après que 70 % des Albertains de plus de 12 ans ont obtenu leur première dose. Le plan de réouverture ne fait aucune mention de la deuxième dose, contrairement au plan ontarien.

Les Albertains pourraient comprendre que la deuxième dose n’est pas importante, s’inquiète le spécialiste des maladies infectieuses Craig Jenne, de l’Université de Calgary.

Tout le monde se dépêche d’obtenir sa première dose pour avoir une certaine immunité, mais si on dépasse ce seuil [de 70 % et qu’on lève toutes les restrictions], l’intérêt pourrait redescendre. Il faudra persévérer.

La perspective de tenir un festival Stampede sans port du masque ne doit pas faire oublier la présence du virus, croit pour sa part Gabriel Fabreau, spécialiste en médecine interne à l'Hôpital Peter-Lougheed, de Calgary.

Nous courons après cette carotte, mais tout juste derrière, il y a cette quatrième vague.

Une citation de :Gabriel Fabreau, interniste à l’Hôpital Peter-Lougheed de Calgary

Les autorités sanitaires fédérales ont d’ailleurs mis en garde la population, le mois dernier, contre une quatrième vague de COVID-19 si les Canadiens ne se font pas vacciner suffisamment.

Elles recommandent que 75 % de la population admissible ait reçu une première dose, et 20 % une deuxième, avant de lever les restrictions de façon graduelle afin d’éviter une nouvelle flambée de cas.

Jason Kenney défend son plan de déconfinement

Jeudi, le premier ministre albertain, Jason Kenney, a défendu les paramètres de son plan de déconfinement.

Selon lui, en plus des 49 % d’Albertains qui ont reçu une première dose de vaccin et les 8 % qui en ont reçu une deuxième, 14 % de la population a acquis une immunité naturelle en contractant la COVID-19.

Ces chiffres ne vont que continuer de grimper d’ici le déconfinement total, ce qui donnerait à l’Alberta un taux de protection plus élevé que la majorité des autres autorités, selon Jason Kenney.

Toutefois, ces catégories ne sont pas exclusives : une personne qui a acquis une immunité naturelle par infection peut aussi avoir reçu une ou deux doses de vaccin contre la COVID-19.

Le gouvernement albertain devrait annoncer le calendrier de vaccination pour la deuxième dose la semaine prochaine.

Les dangers d'une protection incomplète

Craig Jenne rappelle qu’une première dose de vaccin offre une certaine protection, mais que la deuxième est absolument nécessaire.

La deuxième dose offre une immunité plus durable et elle est plus efficace contre les variants.

Une citation de :Craig Jenne, spécialiste des maladies infectieuses de l'Université de Calgary

Nous ne voulons pas d'un scénario où les Albertains perdent leur protection après cinq ou six mois et redeviennent vulnérables à la COVID-19.

Cette protection accrue est d’autant plus importante que les nouveaux variants sont plus virulents que la souche originale du coronavirus.

Un taux de vaccination inégal par régions

La situation inquiète d’autant plus ces médecins albertains que le taux de vaccination est inégal d’une région à l’autre.

Calgary et Edmonton sont en tête de peloton, avec en moyenne de 40 % à 60 % de la population admissible vaccinée. Toutefois, d’autres régions traînent de la patte : High Level affichait un taux de vaccination de 11,5 % jeudi.

L’approche provinciale du plan de déconfinement risque de provoquer des éclosions régionalisées, selon le Dr Fabreau.

Il n’y a aucun élément dans le plan de réouverture pour combler cet écart entre les régions, déplore-t-il.

Une approche régionalisée serait plus efficace, selon lui, comme la province l’a fait à Banff et dans la municipalité régionale de Wood Buffalo ces dernières semaines.

Le premier ministre Jason Kenney affirme qu’il a choisi une approche provinciale, car il ne veut pas humilier ou punir les Albertains vivant dans des communautés où le taux de vaccination est plus bas.

Il affirme que Services de santé Alberta mettra sur pied des cliniques de vaccination mobiles dans les régions où le taux de vaccination demeure bas, ainsi que lors d’événements publics de grande envergure, comme le Stampede de Calgary.

Avec les informations de Charlotte Dumoulin

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