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Conflit israélo-palestinien : l'ONU enquête sur les atteintes aux droits de la personne

Des édifices en ruine ou éventrés.

La portée de la résolution dépasse largement le récent conflit qui a frappé durement la bande de Gaza.

Photo : Reuters / MOHAMMED SALEM

Agence France-Presse

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a lancé jeudi une enquête internationale sur les atteintes aux droits de la personne commises dans les territoires palestiniens occupés et en Israël depuis avril, mais aussi sur les « causes profondes » des tensions.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a immédiatement dénoncé une décision honteuse qui encourage les terroristes dans le monde entier.

La décision honteuse d'aujourd'hui est un nouvel exemple de l'obsession flagrante anti-israélienne du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, a -t-il indiqué dans un communiqué.

Côté palestinien, le ministère des Affaires étrangères a pour sa part salué une décision qui fait progresser [...] la protection des droits de la personne des Palestiniens.

Le mouvement islamiste Hamas a lui aussi salué l'ouverture d'une enquête sur les violations israéliennes dans les territoires palestiniens.

Plus tôt, la haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, avait soutenu devant le Conseil, réuni en session extraordinaire, que les récentes frappes israéliennes sur Gaza peuvent constituer des crimes de guerre s'il s'avère que les civils ont été touchés sans distinction.

Elle a indiqué ne pas avoir vu de preuve de la présence de groupes armés ou d'action militaire dans des bâtiments visés par Israël à Gaza.

Mme Bachelet a également souligné que les tirs de roquettes du mouvement islamiste palestinien Hamas ne font pas de distinction entre les objets militaires et civils, et leur utilisation constitue donc une violation manifeste du droit humanitaire international.

Michelle Bachelet est assise devant un logo de l'ONU.

La haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Michelle Bachelet.

Photo : Reuters / DENIS BALIBOUSE

La réunion, qui portait sur les atteintes aux droits de la personne dans les territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem-Est et en Israël, était organisée à la demande du Pakistan, en tant que coordinateur de l'Organisation de la coopération islamique, et des autorités palestiniennes.

Une résolution adoptée avec 24 voix pour, 9 contre et 14 absentions, lance une commission d'enquête internationale indépendante et permanente chargée d'examiner les atteintes au droit international humanitaire et aux droits de l'homme ayant abouti aux récentes tensions israélo-palestiniennes.

Du 10 au 21 mai, 254 Palestiniens ont été tués par des frappes israéliennes dans la bande de Gaza, parmi lesquels 66 enfants et des combattants, selon les autorités locales. En Israël, les tirs de roquettes depuis Gaza ont fait 12 morts, dont un enfant, une adolescente et un soldat, d'après la police.

Une vaste portée

La portée de la résolution dépasse largement le récent conflit. Le texte demande que la commission étudie toutes les causes profondes des tensions récurrentes, de l'instabilité et de la prolongation du conflit, y compris la discrimination et la répression systématiques fondées sur l'appartenance nationale, ethnique, raciale ou religieuse.

L'enquête doit se concentrer sur l'établissement des faits et collecter les preuves et éléments qui pourraient être utilisés dans le cadre de poursuites judiciaires et, dans la mesure du possible, identifier les coupables pour qu'ils puissent être jugés.

Le ministre des Affaires étrangères palestinien Riyad al-Maliki, qui s'est adressé à l'assemblée en ligne, a accusé Israël d'avoir instauré un régime d'apartheid basé sur l'oppression du peuple palestinien et son déplacement forcé.

Il a revendiqué le droit [des Palestiniens] de résister à l'occupation et a affirmé que les colons doivent être mis sur la liste des terroristes.

Benyamin Nétanyahou est assis à la table de presse.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.

Photo : Associated Press / Tal Shahar

L'ambassadrice d'Israël auprès de l'ONU à Genève, Meirav Eilon Shahar, a accusé le Hamas d'avoir initié ce conflit et assuré que son pays a tout fait pour désamorcer les tensions.

Vous ne pouvez pas être propalestinien si vous ne condamnez pas le Hamas.

Une citation de :Meirav Eilon Shahar, ambassadrice d'Israël

La résolution n'a rien à voir avec la réalité, n'a rien à voir avec les droits et n'a certainement rien à voir avec la promotion du dialogue entre Israël et les Palestiniens, a-t-elle estimé juste avant le vote.

Une première

C'est la première fois que le Conseil met sur pied une commission d'enquête avec un mandat sans durée fixée à l'avance. Le mandat d'autres commissions, comme celle sur la Syrie, doit être renouvelé tous les ans.

Certains pays, comme la France, ont déploré que le mandat de la commission soit trop large et son objectif trop indéterminé, mais la résolution a recueilli un large soutien auprès des pays africains et latino-américains.

Lors de l'annonce de la réunion, l'ambassadrice d'Israël avait dénoncé une convocation qui prouve que cette instance a un programme anti-israélien.

Israël est en effet le seul pays avec un point fixe à l'ordre du jour de chaque session du Conseil, une des raisons pour lesquelles les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, avaient quitté l'organisation. Le nouveau président Joe Biden a fait revenir les États-Unis en tant que pays observateur.

Neuf des trente sessions extraordinaires organisées par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU depuis sa création en juin 2006 ont porté sur Israël.

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