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Un cas de COVID-19 sur deux passe sous le radar au Québec

Des gens attendent dans une grande salle d'un centre de vaccination à Montréal.

La prochaine étude de séroprévalence permettra d'évaluer la progression de l’immunité, en particulier celle conférée par les vaccins (archives).

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Une nouvelle étude d’Héma-Québec révèle qu’environ 600 000 adultes québécois avaient été infectés par le coronavirus à la fin de la deuxième vague, en mars dernier, un nombre deux fois plus élevé que le bilan officiel des cas signalés.

Il s’agit de la deuxième étude de séroprévalence des donneurs de sang réalisée par Héma-Québec. Elle portait sur un échantillon de 7924 personnes âgées de 18 ans et plus qui ont fait un don de sang entre le 25 janvier et le 11 mars.

Les résultats démontrent qu’à la fin de l’hiver, 15 % des adultes québécois avaient développé des anticorps contre le SRAS-CoV-2 après avoir développé la maladie ou après avoir été vaccinés. Si l’on exclut le 5 % attribuable à la vaccination, la séroprévalence résultant d’une infection s’établit à 10 %.

Ça veut dire qu'au détour de la deuxième vague, il y a à peu près 10 % de la population adulte qui avait été exposée au virus dans la population, explique en entrevue à l’émission Première heure le Dr Marc Germain, vice-président aux affaires médicales et chercheur principal pour Héma-Québec.

Un homme fait un don de sang.

Selon Héma-Québec, « les activités de collecte de sang menées à l’échelle du Québec font des donneurs de sang un groupe représentatif de la population générale » (archives).

Photo : Getty Images / Vesnaandjic

Selon l’INSPQ, en date du 11 mars dernier, 286 912 personnes, tous âges confondus, avaient contracté la COVID-19 au Québec. Cela signifie que le nombre de cas réel de SRAS-CoV-2 est environ deux fois plus élevé que le nombre de cas rapportés.

Forte proportion de cas asymptomatiques

Cette statistique ne surprend pas le Dr Germain. Il rappelle que la première étude de séroprévalence avait déjà démontré qu’une forte proportion de personnes infectées à la COVID-19 n’a pas de symptômes ou encore présente des symptômes tellement légers qu’elles ne vont pas consulter ni se faire tester.

C'est donc normal qu'on identifie beaucoup plus d'infections via la séroprévalence que le nombre d'infections qui sont rapportées dans le système de santé et diagnostiquées avec un test PCR, fait valoir le chercheur.

La deuxième étude d’Héma-Québec a également démontré que les taux de séroprévalence sont plus élevés chez les jeunes et diminuent progressivement avec l’âge. Il s’élève à 19 % chez les 18 à 24 ans et à 9,5 % chez les 70 ans et plus.

Une technicienne de laboratoire place une éprouvette devant elle.

Le nombre de cas réels de COVID-19 au Québec serait deux fois plus élevé que le nombre de cas diagnostiqués à l'aide d'un test PCR (archives).

Photo : Reuters / Yves Herman

Le Dr Marc Germain mentionne que cette tendance a aussi été observée ailleurs au Canada. Elle s’explique principalement par les efforts déployés par les autorités de santé publique afin de protéger les personnes âgées, jugées plus vulnérables.

Plus de cas chez les femmes et les non-Blancs

Les données d’Héma-Québec révèlent en outre que la séroprévalence est plus élevée chez les femmes (16,9 %) que chez les hommes (12,5 %).

Elles nous apprennent également que les minorités ethniques présentent une séroprévalence environ deux fois plus élevée que les Blancs. Le Dr Germain précise que les facteurs permettant d’expliquer cet écart important restent à être identifiés. Le comportement de certains groupes vis-à-vis des mesures de protection fait partie des hypothèses envisagées.

Héma-Québec, de concert avec les autorités de santé publique, finalise ces jours-ci les protocoles de la troisième étude sur la séroprévalence des donneurs de sang qui sera réalisée au cours des prochains mois.

Elle visera principalement à évaluer la progression de l’immunité, en particulier celle conférée par les vaccins, et à déterminer l’impact de ceux-ci sur la progression des infections.

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