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Des citoyens disent vivre en plein tourbillon de sable en raison d'une ordonnance du MPO

Une grande étendue de sable avec quelques maisons en arrière-plan.

Le vent soulève le sable du lit desséché du lac Pisiquid, ce qui donne des tempêtes de poussière, selon des résidents du voisinage.

Photo : CBC/Paul Palmeter

Radio-Canada

Des résidents de Windsor en Nouvelle-Écosse disent qu’ils ne veulent plus vivre autour d’un désert.

Une ordonnance des autorités fédérales sur le contrôle du débit de l’eau au clapet d'un ponceau de la route 101 à Windsor a créé des conditions de sécheresse sur le lit vide du lac Pisiquid, selon des résidents.

Des gens du voisinage affirment que le vent soulève le sable à l’endroit où communiquaient les eaux de la rivière Avon et du lac artificiel. Les vents de mardi n’ont pas causé les premiers tourbillons de poussière du printemps, mais ils étaient les pires jusqu’à présent, selon plusieurs résidents.

Doris Nichols, qui habite dans le secteur, dit qu’elle a dû se laver les yeux trois fois et que sa voix était enrouée. Elle est donc rentrée chez elle ce jour-là et elle est restée à l’intérieur. Elle ajoute qu’elle a dû nettoyer sa véranda mardi et à nouveau mercredi parce que le vent l’ensablait.

Une autre résidente, Darlene Taylor, affirme que les gens ont dû fermer leurs fenêtres balayées par le sable et que ceux qui ne l’ont pas fait ont constaté des dégâts incroyables. Il n’était pas sécuritaire pour la santé de rester dehors, selon elle.

Une serviette tachée de sable.

Doris Nichols, résidente de Windsor, montre la serviette qu’elle a utilisée pour nettoyer l'intérieur de sa maison après une tempête de poussière le 26 mai 2021.

Photo : CBC

La route 101 passe entre la rivière Avon et le lac Pisiquid. Le clapet du ponceau doit permettre aux poissons de circuler dans les deux étendues d’eau.

Le lac artificiel est drainé chaque printemps, mais cette année il reste vide plus longtemps en raison d’une ordonnance de la ministre des Pêches et des Océans, Bernadette Jordan.

En vertu de l’ordonnance qui est entrée en vigueur en mars, le ministère de l’Agriculture de la Nouvelle-Écosse doit gérer le clapet de façon à améliorer le passage des poissons dans la rivière.

L’ordonnance originale était en vigueur jusqu’au 3 avril, mais elle a été renouvelée toutes les deux semaines depuis ce moment.

Des groupes d’Autochtones ont établi des campements près de la chaussée l’été dernier. Ils disaient craindre que des pierres et autres matériaux de remblayage du projet d’élargissement de la route 101 aboutissent dans l’eau et compliquent le passage des poissons.

Une situation inacceptable, selon le maire

Il y a déjà eu six tempêtes de poussière cette année qui ont nui à la population environnante, selon le maire de la Municipalité régionale de Hants Ouest, Abraham Zebian.

Le maire affirme que le ministère des Pêches et Océans a expliqué au conseil municipal, mardi, que toute décision pour modifier ou lever l’ordonnance doit comprendre la consultation des Mi’kmaq.

Abraham Zebian interviewé devant le lac vide.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le maire Abraham Zebian attribue les tempêtes de sable à l’ordonnance des autorités fédérales sur le contrôle du débit de l’eau au ponceau de Windsor.

Photo : CBC/Paul Palmeter

La date d’échéance de l’ordonnance est le 2 juin. Abraham Zebian ignore si elle sera renouvelée ou non.

Le conseil municipal, dit-il, juge que la situation et les prises de décision actuelles sont inacceptables. Il dit partager cette prise de position.

Selon le maire Zebian, il faut trouver une solution appropriée et un moyen expéditif d’éviter les tempêtes de poussière.

Un appui à Ottawa pour Windsor

Le député libéral Kody Blois a écrit une lettre à la ministre Jordan pour lui demander de suspendre l’ordonnance en juin.

Interviewé mercredi à la radio de CBC, Kody Blois a dit comprendre les préoccupations des gens qui vivent ou travaillent dans les environs de la rivière Avon et du lac Pisiguid, et qui craignent des conséquences à long terme si l’ordonnance reste en vigueur toute l’année.

Des agriculteurs et les pompiers puisent habituellement de l'eau douce dans la rivière. La station de ski Martock en puise aussi à l’automne et en hiver afin de produire de la neige artificielle. Ses propriétaires, selon le député Blois, craignent des problèmes de salinité et se demandent comment s’adapter au niveau actuel des eaux.

Les membres du club de canotage de Pisiquid ne peuvent faire cette activité en ce moment parce que le lac est vide.

Schéma de la future route à quatre voies.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le projet d’élargissement d’une section de 9,5 km de la route 101 près de Windsor comprend la construction d’un nouveau mécanisme de contrôle du passage des eaux.

Photo : Ministère des Transports et du Renouvellement de l'infrastructure

Le député Blois souligne dans sa lettre à la ministre Jordan qu’un faible niveau des eaux de la rivière Avon peut entraîner la mort d’un grand nombre de poissons comme cela s’est produit l’an dernier près du ponceau.

Toute solution, selon lui, doit répondre aux préoccupations et aux intérêts de tous les intervenants. Il reconnaît que ce ne sera pas facile.

Le projet d’élargissement de la route 101 doit être exécuté d’ici la fin de 2023. Le ministère des Transports de la Nouvelle-Écosse a indiqué en mars qu’il travaillait sur la conception d’une nouvelle structure pour le passage des eaux.

D’après un reportage de Haley Ryan, de CBC

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