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D'anciens recteurs de la Laurentienne s’échangent le blâme de ses problèmes financiers

Dominic Giroux en entrevue à Radio-Canada.

L'ancien recteur Dominic Giroux a notamment mené le projet de modernisation du campus lorsqu'il était à la tête de l'Université Laurentienne.

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

Radio-Canada

Près de quatre mois après le début de la saga de l'Université Laurentienne, les causes exactes des déboires financiers de l'établissement sont encore floues. Les recteurs d’hier et d’aujourd’hui s'échangent le blâme.

Le recteur actuel, Robert Haché, rejette une partie de la responsabilité sur ceux qui l'ont précédé. Ce dernier a pris les rênes de l’Université nord-ontarienne en 2019.

Il y a beaucoup de choses des 10 ou même 15 dernières années qui ont contribué à mener l'université là où elle est aujourd’hui., a-t-il déclaré aux étudiants lors d’un entretien virtuel la semaine dernière.

Robert Haché sur Zoom.

Le recteur Robert Haché a soutenu que les causes des problèmes financiers de l'Université Laurentienne remontaient à plusieurs années lors d'une rencontre avec les étudiants.

Photo : Capture d'écran

Depuis février, l’Université Laurentienne se restructure en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC). Celle-ci permet à l’établissement de demeurer ouvert, mais de nombreux programmes et postes ont été abolis dans les derniers mois.

Dominic Giroux, qui a été recteur de la Laurentienne entre 2009 à 2017, est avare de commentaires lorsqu’il est question de la situation financière de l'université. Dans une entrevue accordée à CBC, il rejette lui-même une partie du blâme sur Robert Haché.

Je pense que beaucoup de choses ont changé à l'Université Laurentienne et dans le secteur postsecondaire au cours des quatre dernières années, a déclaré M. Giroux.

C'est une situation déchirante, c'est certain. Mais je pense que c'est la mesure dans laquelle je peux commenter en ce moment.

Une citation de :Dominic Giroux, ancien recteur de l’Université Laurentienne et maintenant président-directeur général de l'hôpital Horizon Santé-Nord, au micro de CBC
Un pavillon de l'Université Laurentienne.

L'Université Laurentienne est en restructuration en raison de graves problèmes financiers.

Photo : Radio-Canada / ZACHARIE ROUTHIER

« Jeu de blâme »

Judith Woodsworth, rectrice de l’Université Laurentienne de 2002 à 2008, dit avoir été stupéfaite d'entendre comment l'Université se faisait démembrer. Mais elle sait à quel point l'équilibre budgétaire d'un établissement postsecondaire peut être délicat .

Elle se rappelle que le conseil des gouverneurs lui a demandé d'augmenter le nombre d'inscriptions et les revenus de l’établissement lorsqu'elle a été embauchée.

Je ne suis pas surprise qu'il y ait un certain jeu de blâme

Une citation de :Judith Woodsworth, rectrice de l’Université Laurentienne de 2002 à 2008
Judith Woodsworth, présidente du groupe de travail sur l'avenir de l'Institut français

Judith Woodsworth a été rectrice de l'Université Laurentienne dans les années 2000.

Photo : Radio-Canada / William Burr

J'aime penser que je n'ai jamais fait de déficit et que je ne me serais pas endettée pour construire des bâtiments, mais je ne vais pas non plus jeter le blâme sur les gens qui sont venus après moi , laisse tomber Judith Woodsworth.

L'ancien recteur Jean Watters se souvient lui aussi d’une politique budgétaire déficit zéro à la Laurentienne sous sa direction, entre 1998 et 2001. Il souligne aussi que le conseil des gouverneurs gérait les dépenses de façon serrée.

Parfois, il faut prendre des décisions [financières] difficiles ! Je suis surpris que l'on ait permis que cela (les problèmes financiers, NDLR) dure aussi longtemps.

D'autres universités à risque

De nombreuses petites universités canadiennes sont confrontées à des problèmes financiers similaires à ceux de l’Université Laurentienne, selon Ken Coates, professeur de politique publique à l'Université de la Saskatchewan et auteur de Campus Confidential : 100 Startling Things You Don't Know About Canadian Universities.

Ce n'est pas une surprise que cela se produise dans une université, mais nous sommes surpris que cela se produise à la Laurentienne en ce moment, seulement parce que nous ne connaissons pas le contexte [de ces problèmes financiers].

Une citation de :Ken Coates, professeur de politique publique à l'Université de la Saskatchewan

On ne sait pas ce qui se passe réellement quant aux mouvements des fonds entre les différents budgets, souligne-t-il.

Le professeur n’est pas étonné non plus que l’Université Laurentienne soit discrète sur ce qui a contribué à ses dettes de plusieurs dizaines de millions de dollars.

Ça ne m’étonne pas dans le sens où si j'étais le recteur de l’établissement, j’aurais passé les quatre derniers mois à essayer désespérément de maintenir l'université à flot, de l'orienter dans la bonne direction et de rétablir la confiance au sein de l'établissement, dit Ken Coates.

Aussi mauvaise soit la situation actuelle, elle peut encore empirer si l'on ne fait pas attention. Pour le moment, il faut faire avancer l'université et non chercher des coupables. Il y aura un temps pour cela , conclut-il.

Avec les informations de CBC, et Erik White

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