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L'enquête interne au CSS des Chic-Chocs sera attendue de pied ferme

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La démarche du CSS des Chic-Chocs est relativement bien reçue par les gens concernés.

Photo : Radio-Canada

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La décision du Centre de services scolaires des Chic-Chocs (CSSCC) de réaliser un diagnostic sur le climat de travail est dans l’ensemble reçue favorablement, même si certains y voient une avenue complémentaire à d'autres démarches.

Le Syndicat du personnel professionnel de l’éducation de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine accueille positivement la résolution du conseil d’administration.

C’est un travail qui doit être fait pour offrir un meilleur service aux élèves et pour permettre aux travailleurs d’évoluer dans un cadre de travail serein, observe Steeve Loisel qui représente tous les professionnels des centres de services scolaires de la Gaspésie.

Actuellement, le climat de travail est lourd au Centre de services scolaires des Chic-Chocs (CSSCC), constate M. Loisel.

Lors de l'adoption de la résolution visant la mise sur pied de l'enquête interne, les administrateurs du CSS ont noté des éléments générant un certain malaise avaient été portés à leur connaissance.

À cela se sont ajoutées la démission récente du directeur des ressources humaines ainsi que les absences pour maladie de deux personnes clés de l’administration, sans compter la vague de démissions au conseil d'administration du CSS en mars dernier.

Le président du Syndicat espère que la démarche et d’autres qui sont en cours permettent de régler les problèmes dont lui ont fait part certains membres. On représente beaucoup de corps d'emplois différents. Les situations sont différentes l’une de l’autre. On a lancé une enquête sur le climat de travail aux services éducatifs et pour l’instant, on a émis des constats.

M. Loisel fait valoir que le recrutement de professionnels, souvent détenteurs d’une maîtrise et parfois d’un doctorat, demeure un enjeu. Si les conditions de travail, si les postes ne sont pas des postes intéressants, si on donne des bouts de tâche, c’est insuffisant pour les professionnels. Ils vont préférer aller travailler dans les grands centres.

Il espère des résultats pour la prochaine année. Si on a du personnel heureux, qui a le goût de travailler, qui n'est pas blasé par le système, on va avoir de meilleurs services aux élèves. On veut plus de transparence, on veut des relations cordiales avec l’employeur, c’est vers ça qu’on travaille.

Une première étape

La députée de Gaspé, Méganne Perry Mélançon, qui est intervenue auprès du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, pour le sensibiliser aux problèmes du Centre de services scolaire, salue le geste des administrateurs. Elle y voit une première étape vers une solution.

Il était d’abord important, dit-elle, de donner une voix à ceux qui ont des situations à dénoncer. On voyait qu’il y avait un flou étant donné que les gens m’interpellaient directement.

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La députée péquiste de Gaspé, Méganne Perry-Mélançon (archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Selon elle, la personne ou l’organisation à qui sera confié le mandat devra être neutre et le processus devra être confidentiel. Je vois que le conseil d’administration a penché dans cette direction. Ceci dit, il va falloir que les résultats soient rendus publics. Pour moi, c’est important qu’on agisse de manière très transparente. Ça concerne toute la population.

La députée s'attend aussi à ce que les recommandations soient appliquées. Il faudra qu’il y ait une suite.

Elle rappelle que le ministère de l’Éducation met une adresse courriel à la disposition des gens qui ont été témoins ou qui ont vécu des situations dénonçables. Il faut que les gens continuent de faire des signalements.

Un mandat important

C’est une invitation à laquelle a d’ailleurs répondu le président démissionnaire du conseil d’administration, David Dubreuil, qui a pris rendez-vous avec un interlocuteur du ministère afin de témoigner de son expérience.

Appelé à commenter la démarche du CSSCC, il y voit en premier lieu un aveu des problèmes. Ce n’était pas le cas, souligne David Dubreuil, il y a à peine quelques semaines.

Sceptique et critique, il veut toutefois laisser une chance à la démarche.

Je souhaite sincèrement, dit-il, que les propos que j’ai entendus au cours des deux derniers mois soient dévoilés et que ces situations qui m’ont été rapportées, sans que je puisse les valider, soient du passé et qu’on puisse offrir aux 900 employés du Centre scolaire des Chic-Chocs, un lieu de travail plaisant où l’intégrité et la confiance soient présentes sur une base quotidienne.

Il en appelle à plus de transparence de la part des administrateurs, notamment lors de leur rencontre publique qu'il juge expéditive et où les mots élèves et parents sont rarement prononcés.

Des questions de gouvernance

Les difficultés constatées n’affecteraient pas le fonctionnement des écoles, croit Yves Galipeau, membre du conseil d’administration. C’est plus au sein des instances, des interactions qu’il peut y voir et au sein de la gouvernance. Notre intention est bien de trouver et d’identifier [des solutions] et on va aller jusqu’où il faut aller pour le faire, assure M. Galipeau.

« On tient beaucoup à ce que la population sache qu’elle a affaire à un conseil d’administration qui est sérieux et qui, lorsqu’il y a un problème, fait tout son possible pour le résoudre. »

— Une citation de  Yves Galipeau, administrateur du Centre de services scolaire des Chic-Chocs

L’administrateur se dit bien conscient que l’assurance de la confidentialité est au cœur du processus. Surtout en région où les liens sociaux, les liens familiaux sont beaucoup plus serrés.

Yves Galipeau fait valoir que le CSS des Chic-Chocs n’est pas le premier centre de services à réaliser un diagnostic organisationnel. Ces gens travaillent en étroite collaboration avec la direction. C’est un processus qui est respectueux des codes de gouvernance de notre organisation.

Anik Truchon, qui est aussi administratrice, explique que l’analyse ne touchera pas seulement les employés. On souhaite que l’ensemble des cadres supérieurs puissent être consultés, les membres démissionnaires du conseil d’administration, les membres actuels du conseil d’administration pour avoir cette vue d’ensemble complète pour arriver en bout de piste avec des recommandations claires.

Une preuve qui reste à faire

David Dubreuil ne sait pas s’il va y participer à l’exercice. Certains doutes persistent malgré tout. Je pense qu’on essaie de sauver les meubles face à une gouvernance que je constate inadéquate, commente-t-il.

Il souligne d’ailleurs que le dépôt des recommandations à la direction générale n’est pas propice à la mise en œuvre d’un climat de confiance, essentiel dans ce genre de processus. Si j’étais un employé, je ne sentirais pas que la table est mise pour la confidentialité et une enquête indépendante.

L’ex-président aurait aussi aimé que la démarche soit paritaire, en collaboration avec les parents, les travailleurs et les cadres, et qu’elle ne repose pas sur les seules épaules du comité de gouvernance et d’éthique.

Il observe que les démissions de plusieurs administrateurs, à l’hiver, avaient été attribuées à une mauvaise compréhension de leur rôle. Il faut corriger le tir de ce côté-là quitte à faire des excuses, souligne l’ex-président.

« Je suis prêt à me laisser convaincre, mais il va falloir qu’il y ait un changement de cap à 180 degrés. »

— Une citation de  David Dubreuil, ex-président du C.A. du Centre de services scolaire des Chic-Chocs

Pour M. Dubreuil, la démarche du comité de parents qui demande au ministère de lancer une enquête sur la gestion du Centre de services scolaire demeure valide jusqu’à preuve du contraire.

C’est aussi ce que croit la députée péquiste Méganne Perry Mélançon. Est-ce que le ministre va répondre à la plainte formelle du comité de parents? La démarche du comité de parents doit être complémentaire.

Même si le Centre de services agit de manière autonome, Yves Galipeau explique que le ministère suit étroitement le processus. Deux rencontres ont eu lieu avec le ministère préalablement à la décision de lancer l’analyse organisationnelle.

Le conseil d’administration souhaite confier le mandat d’analyse organisationnelle à une firme d’ici le 4 juin. Le public sera informé des différentes étapes du processus, indique Mme Truchon.

L’objectif est de déposer les recommandations et de les rendre publiques au début de la prochaine rentrée scolaire, mais l’échéancier sera aussi établi selon l’ampleur du mandat.

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