•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Jean-Louis Roy quitte la tête de BAnQ 

L'homme pose, accoudé à une balustrade.

Jean-Louis Roy à BAnQ, dans le Vieux-Montréal

Photo : BAnQ

Radio-Canada

Après trois ans à la tête de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), Jean-Louis Roy a décidé de ne pas solliciter de deuxième mandat afin de se consacrer à des projets personnels, notamment d'écriture. À deux jours de son départ, il revient sur la mutation numérique opérée par l'institution et sur l’avenir de la bibliothèque Saint-Sulpice.

Si j’avais 10 ans de moins, je me serais battu pour avoir un second mandat parce que ça me passionne et que ce qu’on crée ici est étonnant, a-t-il mentionné en entrevue avec Catherine Richer, chroniqueuse culturelle au 15-18

Il y a des gens extraordinairement cultivés et connaisseurs dans cette maison, a-t-il ajouté, convaincu que BAnQ est un indiscutable succès de la politique culturelle du Québec

Tout au long de sa présidence de BAnQ, il s’est demandé comment servir la nouvelle génération, mais aussi des clientèles telles que les personnes aînées et nouvellement arrivées, ces dernières fréquentant en grand nombre la Grande Bibliothèque. 

Je savais qu’on n’allait pas réussir à vraiment construire l’avenir si on ne faisait pas autant d’efforts pour construire la Grande Bibliothèque numérique qu’on en avait fait pour construire BAnQ physique.  

Une citation de :Jean-Louis Roy, président de BAnQ

Un changement d’ère

Entre 2010 et 2020, le nombre annuel de visiteurs et de visiteuses physiques est passé de 2,9 à 2 millions à BAnQ, et celui des personnes utilisant les services numériques a grimpé de 4,4 à 7,7 millions. 

Signe également de l’importance du virage numérique emprunté par BAnQ, la technologie représente le deuxième domaine d’investissement, après les ressources humaines. 

On change d’ère. La façon de produire la connaissance, de la conserver, de la transmettre… On n’est plus du tout dans les systèmes dans lesquels on était. Et c’est un changement qui touche toutes nos activités.

Selon Jean-Louis Roy, à l’avenir, des robots circuleront d’un étage à l’autre à BAnQ, des décisions seront prises à partir d’algorithmes et les espaces de rencontre occuperont plus d’espace que les rayonnages à la Grande Bibliothèque. 

Il estime que l’organisation aurait besoin de 25 techniciens ou techniciennes supplémentaires pour effectuer une transformation numérique totale plutôt qu’au compte-gouttes.

La concurrence ne nous attend pas. Nos enfants iront ailleurs s’ils ne trouvent pas chez nous. Et ils ne trouveront pas chez nous si on ne le fait pas là [maintenant].

Une citation de :Jean-Louis Roy, président de BAnQ

Autre défi : l’exploitation des 125 millions données accumulées par BAnQ depuis que l'institution existe. Il faut les connaître, les classifier, les interroger pour découvrir plus de choses sur nous-mêmes, sur les clientèles qu’on a, sur ce qu’elles attendent, a-t-il expliqué.

Le souci de Jean-Louis Roy de servir la clientèle s’étend aussi aux personnes itinérantes, pour qui BAnQ a mis en place des programmes d’apprentissage de la lecture. On les a logées pendant la pandémie. Tout le monde disait : ne touche pas à ça, tu vas avoir des problèmes. On a eu zéro problème.

Quel avenir pour la bibliothèque Saint-Sulpice?

Pendant son mandat, Jean-Louis Roy s’est aussi occupé du dossier de l'ancienne bibliothèque Saint-Sulpice. 

Le bâtiment a été remis à BAnQ en 2015, le grand projet porté par l’Université du Québec à Montréal et celui de la création d’une maison de la musique contemporaine n’ayant pas abouti. 

BAnQ voulait y installer un atelier de fabrication collaboratif (Fab Lab) et un laboratoire média (Media Lab), mais à l’été 2019, au moment des appels d’offres, le coût du projet avait augmenté de 40 %. La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, a décidé que le projet n’était plus recevable. 

Le projet verra donc le jour dans les édifices de BAnQ. Toutes les villes du monde ont ces grandes installations où les jeunes expérimentent les technologies, dit Jean-Louis Roy. On va le faire ici avec l’appui d’une fondation.

L’institution est présentement en négociation pour que le ministère de la Culture et des Communications redevienne propriétaire de la bibliothèque Saint-Sulpice. 

On n’a pas les compétences pour gérer des bâtiments patrimoniaux, met-il de l’avant, affirmant que BAnQ fera tout son possible pour aider celles et ceux qui porteront le prochain projet d’installation à la bibliothèque Saint-Sulpice. Monique Giroux et Luc Plamondon aimeraient voir leur future Maison de la chanson et de la musique investir les lieux. 

En trois ans, Jean-Louis Roy a pu constater que l’édifice s'était grandement dégradé. On n’est pas en fin de vie du bâtiment, mais attention, nous avertit celui qui espère voir la bibliothèque Saint-Sulpice être rénovée.

En plus de présider BAnQ jusqu’à vendredi, Jean-Louis Roy est aussi écrivain. Son plus récent roman, Shanghai 2040, a été publié le mois dernier. Son avenir restera lié aux livres, puisqu’il compte profiter de son temps libre pour en écrire d’autres. Un projet d’adaptation de Shanghai 2040 en film est également dans l’air. 

Le nom de la personne qui lui succédera à la tête de BAnQ sera connu au cours des prochaines semaines. En attendant, c'est Anne Milot, secrétaire générale et directrice des affaires juridiques, qui sera présidente-directrice générale par intérim.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !