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Des experts de la santé s'inquiètent du plan de réouverture de l’Alberta

Un médecin d'un certain âge.

Pour atteindre la phase 3, il faudra qu’au moins 70 % des personnes âgées de plus de 12 ans aient reçu au moins une dose de vaccin.

Photo : iStock / Squaredpixels

L'Alberta prévoit de lever la plupart des restrictions sanitaires de la province au début du mois de juillet, mais la décision inquiète certains experts de la santé.

Plusieurs médecins mettent en garde les autorités provinciales contre un assouplissement trop rapide qui risquerait de miner les efforts déjà accomplis pour améliorer la situation sanitaire.

Selon le pneumologue et professeur en médecine à l'Université de Calgary Alain Tremblay, la rapidité de la levée des restrictions sanitaires sans plan en cas d'éclosion est imprudente.

Même s’il est plutôt d'accord avec les phases 1 et 2, il ne croit pas à la phase 3.

Ce que j’aurais aimé voir dans l’étape 3, c’est de tester 100 % des cas pour les variants, accompagnés de protocoles régionaux.

Une citation de :Alain Tremblay, professeur en médecine, Université de Calgary

Ces protocoles auraient comme bénéfice de pouvoir mettre en place des actions spécifiques et ciblées, selon lui.

Il craint également que des restrictions plus souples basées sur l’injection de la première dose seulement n’incitent pas les gens à prendre la deuxième.

Craig Jenne, professeur agrégé de microbiologie, d'immunologie et de maladies infectieuses à l'Université de Calgary, se dit également préoccupé par la vitesse entre les étapes.

La première étape entrera en vigueur mardi prochain, et la troisième étape pourrait commencer d'ici la fin du mois de juin.

Nous avons pu constater ce printemps un minimum de trois semaines, entre toutes les réouvertures et la décision concernant la phase suivante, rappelle-t-il.

Craig Jenne est un professeur associé en microbiologie et immunologie à l'Université de Calgary.

Craig Jenne est un professeur associé en microbiologie et immunologie à l'Université de Calgary.

Photo : Radio-Canada / Jennifer Lee

Nous ne sommes même pas encore passés à la première phase que, comme l'a souligné le premier ministre, nous atteindrons peut-être demain le seuil pour ouvrir la phase 2, dit-il.

Il est aussi surpris par la différence entre le plan de l'Alberta et celui des autres provinces.

Le Dr Jenne rappelle qu’il existe encore un risque important de propagation virale dans les semaines à venir en ajoutant que le plan de Jason Kenney se fie trop à l'immunité naturelle.

Il note que le plan du gouvernement n’offre aucune protection pour les enfants de moins de 12 ans, ce qui constitue une erreur, selon lui.

On ne sait pas comment les jeunes Albertains qui développent pour le moment une forme moins grave de la maladie réagiront à l'avenir. Il existe malheureusement des enfants atteints de la COVID-19 qui sont à l'Hôpital pour enfants de l'Alberta. C'est une réalité, conclut-il.

Jason Kenney doit trouver un équilibre

La chef de l'opposition néo-démocrate, Rachel Notley, craint que Jason Kenney n'agisse trop vite dans son plan de réouverture.

Je sais que beaucoup de gens attendent avec impatience une époque sans restrictions, sans masque et sans le stress de la pandémie. Je fais partie de ces personnes, dit-elle.

Elle a cependant posé des questions sur la façon dont le premier ministre a décidé de ce rythme. 

La chef du NPD Rachel Notley tentera de redevenir première ministre en 2023.

La chef du NPD Rachel Notley tentera de redevenir première ministre en 2023.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

« A-t-il été éclairé par la science, ou simplement en travaillant à rebours depuis le premier jour du Stampede de Calgary », demande-t-elle.

Nous voudrions voir les modèles prédictifs qui sous-tendent ses décisions, dit-elle.

Tristan Murray est un habitant d’Edmonton qui vient de recevoir sa première dose. Il est sceptique devant le calendrier proposé par Jason Kenney. 

« J’en ai assez de faire les montagnes russes. J’aurais préféré attendre encore un peu plus, jusqu’à ce que les experts de la santé nous donnent un feu vert sûr », dit-il.

En revanche, Ahmad Majed est ravi de l’annonce de Jason Kenney qui va lui permettre de redonner des cours, dès le 1er juin, à l’école de soccer qu’il dirige à Edmonton et à Calgary, si tout se passe comme prévu.

Je suis super excité!

Une citation de :Ahmad Majed, fondateur et directeur de la Soccer Elite Academy

« Les enfants vont pouvoir se retrouver au stade et retrouver leurs amis à nouveau », dit-il.

Selon Frédéric Boily, professeur en sciences politiques au campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, Jason Kenney a dû trouver un équilibre entre la pression sanitaire et la pression d’une partie de son caucus et des chefs d’entreprise. 

Frédéric Boily, politologue.

Frédéric Boily, politologue

Photo : Radio-Canada / Geneviève Tardif

« Le milieu économique souhaite un retour à la normale plus tôt que prévu, ce qui laisse moins de marge de manœuvre au premier ministre », analyse-t-il.

« Même s’il n’est pas encore question des futures élections, la dimension politique à son importance dans ses décisions », pense le politologue. 

Si la campagne de vaccination ne connaît pas de ratés et que l’économie albertaine se rétablit plus vite qu’on ne le prévoit, Jason Kenney aura peut-être réussi un coup politique, selon lui.

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