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Le Canada enverra un robot sur la Lune... et un astronaute en orbite lunaire

Un croissant de Lune vu au télescope.

L'Agence spatiale canadienne veut participer au programme visant le retour d'humains sur la Lune.

Photo : Image de la NASA

La Presse canadienne

Au cours des cinq prochaines années, le Canada enverra un robot sur la Lune, en plus d'expédier l'un de ses astronautes en orbite autour de notre satellite naturel, dans le cadre du projet Gateway de la NASA.

Le ministre fédéral de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie François-Philippe Champagne a fait cette double annonce mercredi, dans le cadre d'une conférence de presse virtuelle.

Accompagné de la présidente de l'Agence spatiale canadienne (ASC), Lisa Campbell, et de l'astronaute David Saint-Jacques, le ministre a qualifié cette annonce d'historique, alors que jusqu'à présent seuls les États-Unis peuvent se vanter d'avoir envoyé plusieurs des leurs autour de la Lune. Nous voulons que le Canada fasse partie de l'histoire spatiale, a-t-il dit.

L'annonce de l'envoi d'un astronaute autour de la Lune avait déjà été faite l'an dernier par le prédécesseur de M. Champagne, Navdeep Bains.

Le Canada a annoncé en 2019 qu'il allait faire partie de Gateway, le projet américain de station orbitale lunaire auquel participent aussi l'Europe et le Japon. Cette station devrait ensuite devenir une escale pour des voyages plus lointains, notamment vers la planète Mars.

Nous serons un partenaire clé du projet, a indiqué Mme Campbell. Une troisième version du Canadarm, ce bras robotique équipé d'une intelligence artificielle, sera utilisée pour entretenir la station spatiale.

La dernière fois qu'un astronaute est allé sur la Lune remonte à 1972, lors de la mission américaine Apollo 17.

Avancées technologiques

Le robot canadien, lui, doit permettre de faire des expériences scientifiques à la surface de l'astre lunaire.

Le projet permettra de tester plusieurs technologies mises au point au Canada. La compagnie sherbrookoise NGC Aerospace a créé un système permettant à un appareil de connaître sa position exacte en se basant sur la disposition des cratères de la Lune. Le président de l'entreprise, Jean de Lafontaine, a expliqué lors de la conférence de presse que son logiciel permettrait d'atterrir de manière autonome, mais aussi en évitant les obstacles.

Une fois au sol, le rover sera équipé d'une caméra de Canadensys Aerospace, conçue pour résister aux dures conditions lunaires, et d'un système de navigation et de détection d'obstacles de Mission Control Space Services.

L'ASC a lancé un appel d'offres pour les compagnies qui souhaitent se charger de la conception et de la construction du rover lui-même. Le gouvernement a déjà investi 39 millions de dollars pour financer la recherche et le développement entourant la mission lunaire au courant de la dernière année, a indiqué le ministre Champagne.

En tout, Ottawa doit consacrer 2 milliards à l'exploration spatiale sur 20 ans.

Des applications sur terre

Mme Campbell a tenu à souligner que le secteur aérospatial avait contribué pour 2,5 milliards au PIB canadien lors de la dernière année, en plus de permettre des avancées scientifiques.

De plus, certaines technologies d'exploration spatiale peuvent être converties à un usage terrestre. M. De Lafontaine a par exemple expliqué que son système de GPS lunaire pourrait dans le futur guider des drones qui doivent transporter des médicaments ou des vivres dans des zones accidentées.

Le président de Canadensys Aerospace, Christian Sallaberger, a aussi mentionné que les rovers créés par son entreprise dans le passé ont servi de modèles à des véhicules militaires terrestres.

Le Canada a lancé en 2019 sa Stratégie spatiale, qui vise à ce qu'il demeure une puissance spatiale de premier plan et à appuyer l'excellence scientifique, l'innovation et la croissance économique.

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