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François Asselin raconte les meurtres pour lesquels il est accusé

François Asselin dans une voiture de police.

François Asselin à son arrivée au palais de justice de Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada

Élyse Allard

Le procès de François Asselin s’est poursuivi mercredi avec la deuxième journée du témoignage de l'accusé. Interrogé par la défense, ce dernier a décrit avec sang-froid la journée au cours de laquelle il a assassiné son père, Gilles Giasson.

Nous tenons à vous avertir que ce texte contient des éléments troublants qui pourraient choquer certains lecteurs.

François Asselin a raconté avoir consommé ce matin-là des bières, du whisky, du cannabis, ainsi que des cachets de speed et d'ecstasy.

De retour à l'appartement qu'il partageait avec son père au milieu de l'après-midi, il lui aurait offert un joint et une bière. Il a d’ailleurs décrit son père deux fois comme son meilleur ami . Son père lui aurait alors confié avoir abusé sexuellement d’enfants.

Toujours selon François Asselin, Gilles Giasson lui aurait ensuite demandé de le tuer et lui aurait donné 20 $ pour payer le gars du bateau accosté au parc portuaire de Trois-Rivières, sur lequel il voulait embarquer.

Je peux pas faire ça. Je l'aime mon père. Je ne peux pas le tuer.

Une citation de :François Asselin pendant son témoignage

Puis il y aurait eu une altercation entre les deux hommes. François Asselin a raconté avoir asséné plusieurs coups au visage de son père, qui serait ensuite tombé par terre, sans vie.

L'accusé, couvert de sang, se serait ensuite rendu à vélo près du bateau en question, où on lui a interdit l'accès. François Asselin est convaincu d’avoir entendu crier ses enfants à bord.

Sur le chemin du retour, il aurait entendu la voix d'une femme dans le parc Champlain, lui demandant d'aller emballer Gilles Giasson. Il aurait aussi croisé un personnage qu’il décrit comme menaçant qu'il surnomme l'homme en noir, qui lui aurait demandé de continuer sa mission.

Selon François Asselin, il s’agissait de la volonté de son père d'être envoyé aux ordures après sa mort.Moi, mon père m’a tout le temps dit : "Quand vous n’aurez plus besoin de moi, envoyez-moi aux vidanges”, a-t-il affirmé.

De retour chez lui, l'accusé se serait étendu quelques instants devant le corps de Gilles Giasson, pour ensuite le traîner jusque dans le bain et le laver.

Il serait ensuite allé au supermarché près de chez lui pour acheter tous les ingrédients pour cuisiner une sauce spaghetti, question d'enlever l'odeur de la mort et du sang de l'appartement.

François Asselin a raconté avoir discuté à voix haute avec son père pendant qu'il cuisinait. Il aurait demandé à son père: Qu’est-ce que je vais faire avec toi? Il va falloir que je t’emballe. Il va falloir que je te coupe.

Selon l'accusé, son père lui aurait répondu plusieurs fois : Oui, oui, oui, oui...

François Asselin se serait ensuite procuré notamment du ruban adhésif gris et des sacs à ordures. Il aurait d'ailleurs croisé sa sœur sur le chemin du retour. Asselin lui aurait alors dit devoir faire le ménage. Je ne peux pas lui dire que j'ai coupé le père en morceaux, tsé, quand même, a-t-il affirmé devant les jurys. François Asselin avoue avoir eu des idées suicidaires à son retour chez lui.

Toujours avec calme, il a raconté avoir dû faire preuve de tout son courage pour découper la tête et les membres de son père à la hache et au couteau de pêche. L’accusé aurait ensuite emballé les parties du corps de Gilles Giasson, notamment avec de la pellicule plastique, dans des sacs à ordures.

Un rideau dans une poubelle.

Photo d'un rideau de douche ayant des taches rougeâtres présenté dans le cadre du procès de François Asselin.

Photo : Fournie par la Cour supérieure du Québec

François Asselin a raconté avoir attendu pendant trois jours le passage du camion à déchets.

Ça sentait la mort, le sang. Il y avait des os qui craquent dans ma tête.

Une citation de :François Asselin pendant son témoignage

Le matin de la cueillette de déchets, François Asselin se serait lui-même rendu près du camion, aurait donné 20$ à l'éboueur pour payer son passage dans le camion , pour ensuite se sentir soulagé. Il craignait que l'homme en noir lui fasse subir le même sort qu'à son père s'il n'accomplissait pas sa mission .

À la fin de son témoignage, François Asselin a réitéré qu'il s'agissait de la volonté de son père de mourir. Selon Asselin, Gilles Giasson savait qu'il était pédophile et ne voulait pas passer les dernières années de sa vie en prison.

Ça a pris toute la force que j’ai dans le cœur pour réussir à faire ça.

Une citation de :François Asselin pendant son témoignage

François Asselin est accusé d’avoir tué son père, Gilles Giasson, à son appartement de la rue Sainte-Cécile, à Trois-Rivières, entre les 8 et 11 mai 2018 avant de disposer de son corps dans les ordures. Il est aussi accusé d’avoir tué son collègue de travail François Lefebvre, dont le corps a été retrouvé à Sherbrooke le 17 mai.

La défense entend démontrer qu’il n’est pas criminellement responsable des meurtres.

La rencontre avec François Lefebvre

François Asselin a terminé son témoignage en racontant le meurtre de sa deuxième victime. Selon l’accusé, les deux hommes se seraient rencontrés pour la première fois quelques jours seulement avant le meurtre de François Lefebvre. Ils travaillaient pour la même compagnie de déménagement.

Leur employeur aurait demandé aux deux hommes de se rendre à Sherbrooke quelques jours pour faire des livraisons pour la compagnie Ovation Logistiques.

L’accusé s’est dit irrité par le comportement de François Lefebvre. Ce dernier l’aurait appelé babe à de nombreuses reprises et aurait tenté de l’effrayer sur la route par sa conduite.

C’est dans la nuit du 16 au 17 mai 2018 que tout aurait déboulé. Après avoir bu quelques bières et fumé du cannabis, François Asselin a raconté avoir reçu une menace de mort de son collègue alors qu’ils partageaient la même chambre de motel à Sherbrooke.

Extérieur d'un motel.

Le motel où résidaient François Asselin et la victime François Lefebvre.

Photo : Radio-Canada / Photo fournie par la cour supérieure du Québec

François [Lefebvre] me dit : "Si tu t’endors, je te tranche la gorge." Ça, c’était clair. Là, je suis venu raide, raide, raide, a affirmé l’accusé, toujours impassible devant les jurys.

Selon François Asselin, les deux hommes auraient échangé quelques coups de poing avant qu’il n’agresse sa victime à l’aide d’un couteau. Il aurait eu une courte absence. Il soutient qu’il tremblait lorsqu’il a retrouvé son collègue mort, dans son sang.

François Asselin a expliqué ne pas avoir appelé la police tout de suite par peur d’être tué. Il aurait préféré attendre jusqu’au lendemain matin, pour emballer sa victime dans une boîte, l’embarquer dans le camion et ramener le véhicule chez Ovation logistique.

C’est à ce moment que des employés d’Ovation logistiques auraient découvert le corps de la victime et appelé les policiers qui ont procédé à l’arrestation de l’accusé.

Dans la salle d’audience, cette portion du témoignage de François Asselin a suscité beaucoup d’émotions chez les proches de François Lefebvre.

En prison, François Asselin dit avoir écrit trois livres de plusieurs centaines de pages, notamment sur la culpabilité qu’il ressent à l’idée d’avoir tué son père et son ancien collègue de travail.

Envoyer quelqu’un aux vidanges, c’est pas évident, madame , a-t-il déclaré à l’avocate qui l’interrogeait aujourd’hui.

Un séjour à l’hôpital psychiatrique

Plus tôt mercredi, François Asselin a également décrit la relation trouble qu’il entretenait avec sa conjointe, la mère de ses deux enfants, avant leur séparation. Il a admis avoir été jaloux, dépendant affectif et soupçonnait sa conjointe de le tromper avec pas mal tout le monde .

Comme un peu parano, j’étais trop dépendant affectif. J’avais peur de perdre ma blonde. Je ne voulais pas qu’elle parle à personne. J’étais jaloux.

Une citation de :François Asselin pendant son témoignage

L’accusé a raconté un épisode où il aurait consommé 15 cachets d’ecstasy. François Asselin aurait alors fait ce qu’il décrit comme étant une psychose toxique . Il pensait que son fils était un dinosaure et qu’il voulait le mordre. J’ai appelé la police et j’ai dit : "Venez chercher mon petit dinosaure, il veut me tuer", a-t-il relaté.

François Asselin affirme qu’il craignait de blesser son enfant, c’est la raison pour laquelle il a appelé la police. À la suite de cet événement, les policiers l’auraient amené à l’hôpital, où il aurait passé une douzaine de jours en psychiatrie. Selon lui, l’hôpital ne lui aurait pas prescrit de médication à sa sortie.

François Asselin a précisé que d’habitude, il ne consommait pas quand il avait ses enfants une fin de semaine sur deux.

Il a aussi raconté avoir battu un ancien collègue de classe dans un bar, méfait pour lequel il a purgé une peine de plusieurs mois de prison en 2017.

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