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Une première session législative en grande partie virtuelle au Nunavut

À moins de six mois des élections territoriales, cette session printanière s'annonce chargée.

La façade extérieure de l'Assemblée législative.

Les ministres et les députés du Nunavut sont de retour à l'Assemblée législative pour la session de printemps qui doit se terminer le 10 juin.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

La session de printemps débute jeudi à l’Assemblée législative du Nunavut, et ce, malgré les cas d'infections par le virus qui cause la COVID-19 dans la capitale. Or, pour la toute première fois, 9 des 13 députés territoriaux participent virtuellement à la session depuis leur circonscription.

Nous marquons en quelque sorte l’histoire, croit le président du caucus des députés ordinaires de l’Assemblée législative et député de la circonscription d’Arviat Nord-Whale Cove, John Main.

Lors de la session d’hiver, John Main a dû prendre part aux discussions virtuellement. Il a été le tout premier député du Nunavut à suivre une session législative à distance.

Des ministres et des députés du Nunavut réunis en Chambre.

John Main a dû prendre part à la session législative d'hiver depuis Arviat. Cette image le montre, au fond de la Chambre, sur un écran de télévision.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

C’est certain que l’organisation générale ainsi que les interactions entre les différents députés sont beaucoup plus simples en personne, dit-il. Mais nous sommes chanceux de pouvoir continuer à représenter nos électeurs virtuellement, depuis notre circonscription.

Joelie Kaernerk est le député de la circonscription d’Amittuq, qui regroupe les communautés d’Igloolik et de Sanirajak, au nord de l’île de Baffin. Il est l’un des deux seuls députés territoriaux de l’extérieur d’Iqaluit à avoir choisi de se déplacer. Comme les cas [de COVID-19] déclinaient, j’ai décidé de prendre le risque de venir pour mes électeurs.

Jeudi, Iqaluit enregistrait 21 cas actifs d'infection et une guérison.

Cap sur la crise sanitaire

La chef du gouvernement, Elisapee Sheutiapik, s’attend à une session chargée qui sera la dernière ligne droite avant la fin du mandat du gouvernement actuel et les élections territoriales prévues pour le 25 octobre. C’est l’une de nos sessions les plus courtes, mais ce sera sans doute la plus occupée, s’exclame-t-elle.

Les ministres et les députés auront jusqu’au 10 juin pour débattre de 16 projets de loi, dont la moitié ont déjà été adoptés en deuxième lecture à la Chambre.

Le président du caucus des députés ordinaires s’attend à ce que la pandémie soit la toile de fond au cours des deux prochaines semaines. Nous aurons beaucoup de questions liées à la réponse du gouvernement face à la COVID-19, avance-t-il.

John Main à l'Assemblée législative du Nunavut.

John Main est le président du caucus des députés ordinaires de l’Assemblée législative et député de la circonscription d’Arviat Nord-Whale Cove.

Photo : CBC / Beth Brown

Il s’interroge notamment sur la durée des centres de quarantaine obligatoire dans le sud du Canada, la perspective de recourir à des passeports de vaccination et le déploiement de la campagne de vaccination des Nunavummiut de 12 à 17 ans.

Au cours de la semaine du 7 juin, les autorités recevront 9360 doses du vaccin Pfizer-BioNTech pour vacciner les quelque 4700 adolescents que compte le territoire. Or, le gouvernement territorial n’a toujours pas annoncé comment il compte orchestrer la vaccination des jeunes aux quatre coins du Nunavut.

Témoignant de son expérience à Arviat, qui a traversé deux vagues d'infections, John Main assure que la crise sanitaire a aggravé certaines problématiques auxquelles fait face sa circonscription depuis plusieurs années. L’éclosion, ici, a vraiment mis en évidence le manque criant de logements et la difficulté de recruter du personnel de santé, dit-il.

Une rue d'Arviat au mois de février.

La communauté d'Arviat, dans la région de Kivalliq, a subi un strict confinement entre les mois de novembre et de février en raison d'une importante éclosion de COVID-19. La collectivité n'a désormais plus de cas actifs, contrairement à Iqaluit.

Photo : Photo fournie par Jean-François Delisle

Plusieurs projets de loi à l'ordre du jour

Le projet de loi 36 sur la santé mentale est l’un de ceux qui attireront particulièrement l’attention des ministres et des députés. Déposé à l’Assemblée législative en octobre 2019, il propose notamment le signalement de tentatives de suicide, la lutte contre les dépendances et la création d’un Conseil indépendant de révision en santé mentale.

La députée de la circonscription de Rankin Inlet Nord-Chesterfield Inlet, Cathy Towtongie, en a d’ailleurs fait son cheval de bataille. C’est un projet de loi bien plus progressiste qu’ailleurs au pays, notamment parce qu’il incorpore l’Inuit Qaujimajatuqangit [savoir traditionnel inuit, NDLR], dit-elle.

S’il est adopté, le projet de loi permettra aux personnes qui font l’objet d’une évaluation psychiatrique d’être accompagnées par une personne de soutien, ou un tikkuaqtaujuq (un représentant désigné, en inuktitut), notamment lors d’interventions policières. À l’heure actuelle, nous criminalisons les personnes souffrant de troubles de santé mentale et nous les mettons en prison, poursuit Cathy Towtongie.

Cathy Towtongie lors d'une séance à l'Assemblée législative du Nunavut.

Le projet de loi 36 sur la santé mentale est une cause qui tient à coeur à la députée de Rankin Inlet North-Chesterfield Inlet, à l'Assemblée législative du Nunavut, Cathy Towtongie.

Photo : CBC / Beth Brown

Il sera aussi question de deux projets de loi liés à l’achat et à l’approvisionnement de carburant au territoire. L’un d’eux, le projet de loi 52 sur la Commission des produits pétroliers du Nunavut, propose de créer une Commission chargée notamment de planifier les besoins à long terme du territoire en produits pétroliers et de recommander des taux et des tarifs.

Je ne veux pas voir de hausse du prix du carburant cette année, dit le député de la circonscription d’Amittuq, Joelie Kaernerk. C’est particulièrement un coup dur pour les chasseurs [...] qui se rendent sur le territoire pour pouvoir rapporter de la nourriture à leur famille et à leur communauté.

Les députés et les ministres devront par ailleurs se pencher sur un nouveau projet de loi visant à modifier l’aide financière offerte aux étudiants postsecondaires du Nunavut pour alléger leur fardeau financier. L’idée est principalement de peaufiner [la loi] parce que nous souhaitons vraiment que les étudiants poursuivent leurs études, explique Elisapee Sheutiapik.

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