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Réouverture en Colombie-Britannique : un plan « ambitieux » face à l'inattendu

Le retour à la normale se fera en quatre étapes, avec une levée quasi-complète des restrictions le 7 septembre.

Une personne marche devant la vitrine d'une boutique qui vend des masques.

Les masques ne seraient plus obligatoires dans les lieux fermés dès le 1er juillet, selon le plan présenté mardi par la province.

Photo : Ben Nelms/CBC

Le plan de réouverture annoncé mardi par la Colombie-Britannique, qui prévoit dès septembre un retour presque complet à une normale prépandémie, est considéré par certains comme « ambitieux », les prochains mois pouvant réserver encore de mauvaises surprises.

Je ne vois pas de situation qui nous ferait reculer, à moins que les choses ne changent de manière considérable. La médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, Bonnie Henry, a confiance dans le plan proposé par la province. Il ne faut jamais dire jamais, mais le plan, c’est d’aller de l’avant.

Après la réouverture des salles à manger des restaurants le 25 mai, le plan prévoit notamment, lors d’une seconde phase qui commencerait le 15 juin, la reprise des voyages intraprovinciaux et des sports intérieurs.

Lors d’une troisième phase, le 1er juillet, il prévoit la réouverture des boîtes de nuit et la reprise des festivals, et enfin, lors d’une quatrième phase qui débuterait le 7 septembre, le retour des concerts et des grands événements.

Un plan incroyablement ambitieux

C’est un plan qui est incroyablement ambitieux, croit le directeur du Centre de contrôle des maladies infectieuses de Vancouver, Brian Conway.

L’intention de la province de revenir à la normale pour la fête du Travail, c’est très ambitieux, a-t-il répété au Téléjournal Colombie-Britannique, mardi soir. On va voir si les activités qui sont permises ne mènent pas à une hausse trop grande des cas.

Le Dr Conway dit cependant avoir eu une réaction positive à l’annonce, comme, pense-t-il, une majorité de Britanno-Colombiens.

Il rappelle qu’il faudra suivre de très près les chiffres liés à la pandémie, soit le nombre d’infections, d’hospitalisations et de personnes vaccinées, et que les dates annoncées mardi ne sont pas nécessairement coulées dans le béton.

[Le plan] est fondé sur les données, pas les dates, a en effet indiqué la Dre Henry. Pour atteindre les phases 3 et 4, il faudra que le nombre de cas quotidiens soit bas, selon le document présenté par la santé publique, et qu'au moins 70 % des adultes aient reçu une première dose de vaccin.

Une hausse des cas à prévoir

La professeure de biologie à l’Université de la Colombie-Britannique Sarah Otto, qui dirige un groupe indépendant de modélisation sur la COVID-19, se félicite de la clarté du plan, qui se fonde sur des indicateurs concrets comme les hospitalisations et la vaccination.

La progression rapide de l’immunisation de la population et la baisse constante dans les dernières semaines du nombre de nouvelles infections justifient, à son avis, l’approche de la Colombie-Britannique, mais il faut s’attendre à ce que les ouvertures aient un impact.

Nous prévoyons qu’il y aura une petite hausse des cas, mais elle ne sera probablement pas majeure, dit-elle. Je pense que c’est pour cette raison qu'on a décidé d’ouvrir les choses un peu maintenant.

La clé, à présent, sera de vacciner le reste des Britanno-Colombiens, selon Sarah Otto. Un défi qui ira en grandissant à mesure que les personnes qui veulent très fort leur vaccin l'auront déjà reçu, et qu'il faudra convaincre les personnes ayant reçu une première dose d'en recevoir une deuxième.

Il faut aussi garder un oeil sur les variants, ajoute-t-elle, en continuant le criblage et le séquençage du virus.

Allez vous faire vacciner, respectez les règles, et si jamais vous êtes malades ou s’il y a des cas autour de vous, il faut les signaler pour qu’on retrace les réseaux de transmission, qu’on essaie de les interrompre si jamais il y en a, dit pour sa part le Dr Conway.

L’inattendu peut toujours se produire, ajoute-t-il. Si les gens ne respectent pas les nouvelles règles et si un nouveau variant plus transmissible fait surface, l’arrivée d’une quatrième vague n’est pas impossible.

Port du masque seulement recommandé?

Dès le 1er juillet, soit dans la troisième phase du plan de relance, la province prévoit mettre fin à l’obligation de porter un masque dans les lieux publics intérieurs et de recommencer à le recommander.

Cela s’inscrit dans une certaine continuité, alors que la Colombie-Britannique a été l’une des dernières provinces, en novembre, à imposer le port du masque dans les lieux publics intérieurs, même si de nombreux commerces et lieux de travail l’imposaient de leur propre initiative.

La santé publique l’a imposé dans les classes du secondaire en février seulement, sous la pression des syndicats d’enseignants et de nombreux parents, avant d’emboîter le pas au Québec et à l’Ontario pour l’imposer aux élèves du primaire, en mars.

Brian Conway aimerait que les gens n’abandonnent pas la pratique.

J'espère que les gens vont réaliser que, dans beaucoup de cultures, dans beaucoup d'environnements, le port du masque est encouragé dans certaines circonstances, dit-il.

Même après le retour à la normale le 7 septembre, le Dr Conway croit que le couvre-visage gardera son importance.

Si on annonce qu’il y a quand même une petite augmentation du nombre de cas de COVID-19, pas assez pour resserrer les mesures de santé publique, mais assez pour porter un masque comme on le fait maintenant, j’espère que cela va nous avoir appris à adopter des comportements qui réduisent la propagation des virus ou autres virus respiratoires, ajoute-t-il.

Avec des informations d'Yvette Brend et du Téléjournal Colombie-Britannique

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