•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La tension monte entre le Bélarus et l’Occident autour de l’espace aérien

Les membres européens du Conseil de sécurité de l'ONU et les États-Unis ont appelé l'Organisation de l'aviation civile internationale à « enquêter d'urgence » sur le détournement dimanche de l'avion de Ryanair au Bélarus.

Un avion Ryanair, au sol.

Le Bélarus est accusé d'avoir fait dérouter l'avion de ligne de Ryanair à bord duquel se trouvait le dissident Roman Protassevitch, selon un porte-parole du Conseil européen.

Photo : Getty Images / AFP / PETRAS MALUKAS

Radio-Canada

Les représailles de l’Union européenne (UE) contre le détournement d'un avion et l'arrestation de l'opposant bélarusse Roman Protassevitch se font sentir pour les compagnies aériennes et les voyageurs. Alors que le Bélarus accuse la France de « piraterie aérienne » pour avoir refusé son espace aérien à un avion bélarusse, un vol Paris-Moscou a dû être reporté mercredi matin.

L'UE a pris la décision lundi de fermer son espace aérien au Bélarus et a recommandé à ses membres d’éviter de survoler ce pays. La décision finale revient aux membres de l'UE, mais la plupart semblent vouloir respecter cette proposition.

Résultat : des vols commencent à être reportés ou même refusés.

La France a notamment refusé son espace aérien mercredi à un avion bélarusse effectuant une liaison Minsk-Barcelone, le forçant à faire demi-tour.

C'est un fait absolument scandaleux et un acte immoral. Honnêtement, c'est pratiquement de la piraterie aérienne.

Une citation de :Anatoli Glaz, porte-parole de la diplomatie bélarusse

Le vol de la compagnie nationale Belavia a dû faire demi-tour peu après son décollage et juste avant de pénétrer dans l'espace aérien polonais.

Selon Belavia, trois minutes avant le décollage, les autorités aéronautiques françaises ont désactivé le plan de vol sans en avertir la compagnie aérienne, qui l'a appris des contrôleurs aériens polonais.

Les régulateurs de vol français invoquaient un ordre oral du premier ministre français, a ajouté Belavia dans un communiqué.

Le mépris froid pour les intérêts des personnes à bord, leur sécurité, est tout simplement stupéfiant, a ajouté Anatoli Glaz, assurant que la plupart des passagers étaient des citoyens de l'UE et dénonçant une violation directe des normes du droit international.

Plus tôt dans la journée, un vol d’Air France Paris-Moscou a été reporté pour des raisons liées à la situation au Bélarus.

Air France confirme avoir dû procéder au report du vol AF1154 effectuant la liaison Paris-Charles de Gaulle-Moscou en Boeing B787 le 26 mai 2021, pour des raisons opérationnelles liées au contournement de l'espace aérien biélorusse, nécessitant une nouvelle autorisation de la part des autorités russes pour entrer sur leur territoire, a indiqué un porte-parole.

Le vol, qui devait décoller à 10 h 20 de Paris et atterrir à 15 h à Moscou, est reporté à jeudi, pour l’instant.

Ottawa n’écarte pas d’éventuelles sanctions

Le gouvernement canadien dit discuter du dossier bélarusse avec ses partenaires du G7 et de l’UE ainsi que l'Organisation de l'aviation civile internationale.

Ottawa n’écarte pas de possibles sanctions contre le Bélarus, en coordination avec ses alliés.

Rappelons que le Canada, conjointement avec le Royaume-Uni, a sanctionné en septembre dernier huit responsables bélarusses, dont le président Alexandre Loukachenko, en raison de la répression du mouvement de contestation au pays.

Appel pour une enquête urgente de l’OACI

Les membres européens du Conseil de sécurité de l'ONU et les États-Unis ont appelé mercredi, dans une déclaration conjointe, l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) à enquêter d'urgence sur le détournement présumé dimanche de l'avion de Ryanair au Bélarus, à l'issue d'une session de la plus haute instance onusienne.

Cet événement est sans précédent et inacceptable et ses responsables doivent en rendre compte pleinement, ajoute leur déclaration, qui le condamne fermement et réclame aussi la libération immédiate du journaliste indépendant bélarusse Roman Protassevitch et de son amie russe Sofia Sapega, tous deux arrêtés à Minsk après l'arrivée de l'avion.

Le président bélarusse, Alexandre Loukachenko, a quant à lui déclaré mercredi matin que le déroutage d'un avion de ligne puis l'arrestation d'un opposant à bord dimanche étaient légaux, avant d'accuser l'Occident de vouloir étrangler son pays.

Avec les informations de Agence France-Presse

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !