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Cohabitation sur la rivière Bonaventure : l’intervention du ministre Dufour demandée

Des canoteurs sur la Bonaventure

La rivière Bonaventure (archives)

Photo : Radio-Canada / Radio-Canada/Léa Beauchesne

Radio-Canada

Alléguant que le lien de confiance avec l’entreprise privée Cime Aventures a atteint « un point de rupture », des intervenants qui ont pris part à l’élaboration du Plan global de cohabitation pour la rivière Bonaventure demandent l’intervention du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour.

Radio-Canada a obtenu une copie de la lettre datée du 20 mai 2021. Elle est signée par le président de la ZEC de la rivière Bonaventure, André Hébert, par le représentant de l’Association des propriétaires riverains de la rivière Bonaventure, Ronald Arsenault, ainsi que par le maire de Bonaventure, Roch Audet.

Une version modifiée du plan, déposée au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) à la suite d’une séance d’information citoyenne tenue le 14 avril dernier, est toujours en cours d’analyse au gouvernement provincial.

Une famille s'apprête à descendre la rivière Bonaventure en radeau pneumatique.

Une famille s'apprête à descendre la rivière Bonaventure en radeau pneumatique avec Cime Aventures (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Le document auquel s’oppose Cime Aventures a été déposé par la ZEC. Il a toutefois été élaboré avec une douzaine de partenaires. Ce plan propose une limitation des descentes commerciales de l’entreprise récréotouristique à 100 embarcations ou 150 personnes par jour. Un tarif quotidien de 12 $ par usager est aussi suggéré.

Des dispositions similaires relatives aux descentes autonomes, qui faisaient initialement partie du plan, ont été retirées en cours de route; de très vives réactions citoyennes avaient été exprimées, notamment sur les médias sociaux.

Médiation non concluante

La direction régionale du MFFP a proposé une médiation afin que la ZEC et Cime Aventures discutent des mesures à mettre en place pour faciliter la cohabitation des différents usagers du cours d’eau, qu'ils soient canoteurs, pêcheurs ou baigneurs. Or, les parties ne sont pas parvenues à s’entendre et les pourparlers ont pris fin le 21 mai.

Selon les signataires de la lettre, Cime Aventures n’a, lors de propositions faites le 12 et le 19 mai, aucunement tenu compte des enjeux de cohabitation soulevés par le milieu régional, plaidant pour accueillir le même nombre de clients commerciaux en 2021 que par les années passées.

Devant l’impasse, le président de la ZEC, André Hébert, explique qu’il a été jugé nécessaire de demander au ministère d’intervenir. L’ouverture imminente de la saison de pêche au saumon de l’Atlantique sur la rivière, le 1er juin, a notamment justifié cette requête, selon lui.

Un pêcheur dans la rivière Bonaventure.

Un pêcheur dans la rivière Bonaventure (archives).

Photo : Radio-Canada

On veut que le ministre tranche. À un moment donné, il faut arriver à quelque chose. Il y a une problématique, on veut la régler, explique le président. Ce problème, renchérit-il, perdure depuis de très nombreuses années.

Cime Aventures a fait valoir dans les médias qu’elle espérait un statu quo pour l’été 2021 afin d’éviter l’adoption précipitée d’un plan de match et pour qu'une décision soit prise à la lumière de chiffres probants. Or, la ZEC refuse d’envisager une telle option, surtout que de nombreux touristes sont attendus en Gaspésie cet été.

Il ne faut pas revivre l’année passée. C’était vraiment l’enfer sur la rivière Bonaventure, aux dires de tous.

Une citation de :André Hébert, président de la ZEC de la rivière Bonaventure

Le maire de Bonaventure, Roch Audet, explique avoir signé cette lettre afin de s’assurer de préserver la rivière, qui appartient à l’ensemble des citoyens et qui est de renommée mondiale. Il rappelle que la ZEC est mandatée par le MFFP pour gérer le territoire.

Le maire de Bonaventure, Roch Audet

Le maire de Bonaventure, Roch Audet

Photo : Radio-Canada/Pierre Cotton

S’il y a des partenaires qui ne veulent pas travailler avec les gens qui sont en place, c’est leur décision. […] Moi, je ne travaille pas contre aucune entreprise ni aucune corporation. Ce dont je veux m’assurer, c’est que tout le monde ensemble, on trouve des solutions, mentionne l'élu.

Cime Aventures faisait au départ partie du comité d’élaboration du Plan global de cohabitation pour la rivière Bonaventure. L’entreprise s’est retirée à la mi-mars, estimant que ce comité était partial.

Cime Aventures dit toujours espérer une solution

Radio-Canada a adressé mercredi une demande d’entrevue à la propriétaire et directrice générale de Cime Aventures, Élodie Brideau, qui l’a déclinée. Par courriel, l’entrepreneure s’est néanmoins dite surprise que la lettre acheminée au ministre Dufour, dont elle n’a jamais pris connaissance, ait été rendue publique. Selon elle, les discussions constructives cheminent avec les parties prenantes clés.

Une femme porte ses cheveux en toque et est habillée d'une chemise en jeans.

Élodie Brideau est directrice générale chez Cime Aventures.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

À notre sens, les canaux de communications sont bien ouverts et tous les acteurs travaillent en mode solution. Cime Aventures est confiante (sic) que l’on arrive à court terme à une approche de cohabitation intéressante pour tous les utilisateurs de notre richesse collective, la rivière Bonaventure, et ce, dans un souci de protection des ressources, ajoute Mme Brideau, toujours par courriel.

Au moment de publier ce texte, le MFFP n’avait pas donné suite à notre demande d’entrevue. Le ministère n’avait pas non plus accusé réception de la lettre acheminée le 20 mai dernier.

Un texte de Roxanne Langlois

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