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Rapport sur la réalité policière : stupéfaction et incompréhension en Estrie

Une voiture de la Régie de police de Memphrémagog

Une voiture de la Régie de police de Memphrémagog

Photo : Radio-Canada / Radio-Canada : André Vuillemin

Radio-Canada

Stupéfaction, incompréhension, questionnement : le rapport sur la réalité policière, dont l'une des principales propositions consiste à faire passer de 31 à 13 le nombre de corps policiers dans la province, a suscité de vives réactions en l'Estrie.

Le rapport propose notamment de rehausser le niveau de service de la police Sherbrooke et de transférer complètement les services de police de Bromont, Granby et Memphrémagog à la Sûreté du Québec.

Sur ce dernier point, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a toutefois mentionné mercredi matin que ce virage n'allait pas s'effectuer du jour au lendemain, et qu'il ne s'agissait pas d'une priorité du gouvernement.

Le maire de Bromont, Louis Villeneuve, croit que cette réaction est de bon augure pour la suite des choses, mais nous n'avons pas de pas eu de garanties.

La présidente du conseil d'administration de la Régie de police de Memphrémagog, Nathalie Bélanger, abonde dans le même sens. Le sujet n'est pas clos, le sujet est toujours sur la table.

Bien qu'elle estime qu'il est prématuré de se positionner sur la centaine de recommandations du rapport, elle soutient que le conseil d'administration ne balaie pas du revers de la main le travail effectué. À l'intérieur du rapport, il y a de très bonnes recommandations [...] Par contre, comme bien des Municipalités, on a été un peu estomaqué de constater qu'une des recommandations est de remplacer notre corps de police à la Sûreté du Québec.

« La Loi 122 vient reconnaître les Municipalités comme des gouvernements de proximité. Ce projet de loi vient à l'encontre de notre autonomie. Ce serait un malheureux recul. »

— Une citation de  Nathalie Bélanger, présidente du conseil d'administration de la Régie de police de Memphrémagog

Nathalie Bélanger croit qu'il serait plus simple de modifier la Loi de la police, pour favoriser le partage d'effectif et d'expertise à l'intérieur de nos organisations policières.

De son côté, le maire de Bromont rappelle que la Municipalité a toujours poussé pour conserver son corps de police. Nous sommes une municipalité de 10 000 âmes, et on reçoit plus de 2 millions de touristes par année. Notre service de police est présent, sur place, et nos citoyens ses sentent en sécurité.

Comme gouvernement de proximité, on veut garder notre corps de police, martèle-t-il. Nous sommes déterminés, et nous avons proposé un projet pour desservir nos voisins de Lac-Brome, et on pourrait économiser beaucoup d'argent.

« Ce n'est pas du SQ bashing qu'on fait. Notre service de police fonctionne bien. Pourquoi on le changerait? »

— Une citation de  Louis Villeneuve, maire de Bromont

Des recommandations difficiles à comprendre

Le rapport soutient par ailleurs que les services de police au Québec, dans leur forme actuelle, ne sont pas en mesure de lutter efficacement contre un monde criminel en constante transformation.

Pour le directeur de la Régie de police Memphrémagog, Guy Roy, il s'agit aussi d'une recommandation difficilement compréhensible.

Dans ma position actuelle, je me questionne sérieusement sur l’affirmation que les niveaux un et deux de services policiers ne rencontrent pas les exigences de la loi. Je peux vous assurer que la Régie de police Memphrémagog ne se contente pas de satisfaire les critères, mais les dépasse. C'est la même chose pour mes homologues des autres municipalités, souligne le directeur.

« C’est comme dire qu'il n’y a qu’une seule recette pour faire un bon gâteau au chocolat. »

— Une citation de  Guy Roy, directeur de la Régie de police Memphrémagog

Celui-ci déplore également que le rapport reproche à certains corps policiers municipaux d'éprouver de la difficulté quant au traitement des dossiers nécessitant de la filature ou de l'écoute électronique.

Tant la filature que l’écoute électronique ne relèvent pas de nous, mais de la Sûreté du Québec et des autres services de niveaux trois et quatre. On nous reproche des choses qui ne sont même pas de notre ressort.

Guy Roy croit qu'il ne faut pas précipiter les choses et prendre des décisions trop rapidement concernant l'avenir des services de police de la province.

Je pense que la police telle qu’on la connaît aujourd’hui doit changer. Est-ce qu’elle doit changer au complet? Il faut être prudent. Prenons le temps d’analyser les besoins de la population. On n’est pas encore rendus à un transfert à la Sûreté du Québec et je ne pense pas qu’il faut faire un débat pour déterminer quel est le meilleur corps policier.

Selon lui, l'abolition des corps policiers municipaux ne réglerait pas forcément les problèmes relevés au sein du rapport.

« Je crois que la transformation doit être faite principalement quant aux enquêtes, pour éviter les doublons et rendre le déroulement plus efficace. Pour la surveillance du territoire, on parle vraiment de réalités locales distinctes qui peuvent justifier la présence d’un corps policier. »

— Une citation de  Guy Roy, directeur de la Régie de police Memphrémagog

La ministre Guilbault compte prendre le temps qu'il faut

Le comité consultatif à l'origine du rapport a donné ses recommandations à la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, qui procédera à l'analyse des propositions avant de prendre des décisions.

Des idées comme celles-là doivent être convenablement et rigoureusement documentées et chiffrées avant de les envisager. Pour l'instant, rien ne va bouger à court ou moyen terme. On va laisser les choses comme elles sont et entreprendre des discussions avec la communauté policière et avec les représentants municipaux sur toute cette question-là de l'organisation, a indiqué Mme Guilbault.

Le directeur de la Régie de police Memphrémagog compte par ailleurs attendre avant de clamer haut et fort son désaccord auprès de la ministre de la Sécurité publique.

En bon petit soldat, je vais attendre de voir comment les élus vont orienter le dossier. Je demeurerai tout à fait disposé à faire les représentations nécessaires en temps et lieu, conclut-il.

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