•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’augmentation de l’itinérance dans Saint-Roch sujette à débat

Un homme dormant sur le sol près de Lauberivière.

Des résidents du quartier Saint-Roch disent que l'itinérance est davantage visible depuis que le centre d'hébergement Lauberivière a déménagé.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Si de nombreux intervenants, commerçants et résidents du quartier Saint-Roch s’entendent pour dire que le phénomène d’itinérance s’est aggravé au cours des derniers mois, ils sont moins unanimes lorsque vient le temps d’en identifier les causes.

Depuis quelques semaines, des résidents de la Basse-Ville racontent avoir été confrontés à des comportements plus agressifs de la part d’itinérants, dont la présence aurait considérablement augmenté.

Certains n’hésitent pas à montrer du doigt le centre d’hébergement pour sans-abri Lauberivière, qui a récemment inauguré son nouveau bâtiment sur la rue du Pont.

Yves Chartrand est membre de la coopérative Les Lofts de la Chapelle, située dans le quartier Saint-Roch, depuis près de 20 ans.

Un homme accorde une entrevue en bordure de la rue de la Couronne, au centre-ville de Québec, lors d'une journée de printemps pluvieuse.

Yves Chartrand voit une corrélation entre l'aggravation du phénomène d'itinérance et le déménagement du centre d'hébergement Lauberivière sur la rue du Pont.

Photo : Radio-Canada

Il croit que le nouveau bâtiment de Lauberivière, qu’il compare à un hôtel 5 étoiles, a attiré un grand nombre d’itinérants provenant de l’extérieur de Québec.

Ce n’est pas le même noyau d'itinérants qu’avant. Il y en a beaucoup qui viennent de Montréal. Ils sont ici et ils prennent de la place. On est très sollicités sur la rue. Il y a beaucoup de quête qui se fait. Des fois, ça peut être agressif, raconte M. Chartrand.

« Derrière chaque itinérant, il y a un drame humain. On ne peut pas être insensible à ça, mais il y a un équilibre quelque part. Il y a un équilibre et là, je pense qu'il a été rompu à cause de ça. »

— Une citation de  Yves Chartrand, membre de la coopérative Les Lofts de la Chapelle
Des personnes discutent devant l'entrée du centre d'hébergement Lauberivière dans le quartier Saint-Roch, à Québec.

Le nouveau refuge pour sans-abris Lauberivière a ouvert ses portes au cours de l'hiver (archives).

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

La pandémie complique tout

L’idée selon laquelle le déménagement de Lauberivière aurait aggravé le problème d’itinérance est loin de convaincre Benoît Côté, directeur général de l’organisme Pech, qui intervient auprès des personnes sans-abri. Selon lui, la pandémie est la grande responsable des problèmes actuels.

La pandémie complique tout [...] Les personnes itinérantes ont perdu leur réseau de soutien, leurs activités de socialisation. Ça se traduit par plus d'isolement et plus d'isolement t'amène à plus de consommation, explique M. Côté.

L’augmentation de la consommation est d’autant plus notable que la fermeture des frontières complique l’approvisionnement en drogue. Des drogues davantage nocives sont maintenant en circulation, ce qui accroît les comportements agressifs de la part de leurs utilisateurs, rien pour favoriser la cohabitation entre les personnes itinérantes et les résidents du quartier.

Benoît Côté accorde une entrevue à Radio-Canada à l'extérieur, en bordure du boulevard Charest, à Québec.

Benoît Côté croit que la pandémie a accru le sentiment d'exclusion des personnes itinérantes.

Photo : Radio-Canada

Benoît Côté croit que la solution réside dans une meilleure coordination des différents intervenants (Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux, policiers, organismes communautaires).

Je suis très confiant qu'on va trouver une solution avec la Ville et le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux dans les prochaines semaines pour mieux coordonner nos interventions pour à la fois faciliter la vie des citoyens qui sont à proximité de Lauberivière et qui ont raison d’être nerveux, mais en même temps donner les services auxquels ont droit les personnes itinérantes, insiste le directeur général de Pech.

Retour à la cohabitation prépandémie

Le président de la Société de développement commercial St-Roch et copropriétaire de La Place boutique gourmande, François Lebel, croit également que la pandémie a contribué à exacerber le phénomène d’itinérance. L’absence des touristes étrangers et la désertion du centre-ville attribuable au télétravail ont eu pour effet d’augmenter la visibilité des itinérants, fait valoir M. Lebel.

Qui est-ce qu'on voit dans le quartier, qui est-ce qui reste quand les autres sont plus là? Bien, il y a les quelques résidents puis surtout les gens qui sont en situation d'itinérance, observe-t-il.

François Lebel accorde une entrevue à Radio-Canada à l'extérieur, le long de la rue Saint-Joseph Est, à Québec.

François Lebel s'attend à ce que la cohabitation entre les personnes itinérantes et les résidents du quartier Saint-Roch revienne à ce qu'elle était avant la pandémie.

Photo : Radio-Canada

Contrairement à Benoît Côté, François Lebel n’a pas l’impression que les comportements soient plus problématiques depuis le début de la pandémie.

Avec la fin annoncée des mesures de confinement, il s’attend à ce que la cohabitation redevienne ce qu’elle a été. Il rappelle que les personnes itinérantes contribuent à la diversité et au caractère distinctif de Saint-Roch.

Ces gens-là font partie de notre ADN, ils font partie du quartier depuis toujours puis ils vont toujours en faire partie. C'est clair, assure M. Lebel.

Avec les informations de Guylaine Bussière

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !