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Le capital de risque québécois va bien

Une puce de Spark Microsystems dans un laboratoire.

Au premier trimestre, Spark Microsystems a bénéficié de fonds de capital de risque grâce à sa puce qui a le potentiel de remplacer la technologie Bluetooth. Cycle Capital Management, Exportation et développement Canada et Real Ventures ont, entre autres, participé à une levée de fonds de 17,5 millions de dollars.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Dion

Le Québec rattrape son retard en matière de financement de jeunes entreprises à fort potentiel. Deux importantes transactions ont permis d'atteindre un montant record en capital de risque pour un premier trimestre au Québec.

Le Réseau Capital, l'association du capital d'investissement, a comptabilisé 39 transactions pour un total de 468 millions de dollars pendant cette période. Mais ce montant demeure encore inférieur à ceux générés en Ontario et en Colombie-Britannique, respectivement 1,2 milliard et 700 millions d’investissements.

Ce record sur le territoire québécois entre janvier et mars s’explique par l'investissement de 215 millions dans l'application de billets d'avion Hopper et de 53 millions dans les bornes électriques AddÉnergie. Spark Microsystems, qui développe des puces destinées à remplacer la technologie Bluetooth, n’était pas en reste avec une levée de fonds de 18 millions de dollars.

Pour le président et directeur général du Réseau Capital Guillaume Caudron, c'est un signe que la chaîne de financement devient de plus en plus robuste. Avoir toute l’expertise dans tous les domaines pour être capable d’accompagner une start-up, c’est réservé à des écosystèmes très matures et développés, explique-t-il. Nous, on est entrain de se développer.

Au bilan, il faut néanmoins compter la vente à l'étranger de quatre entreprises qui ont bénéficié de capital de risque, dont la vente de la firme d’intelligence artificielle Element AI à l'américaine ServiceNow.

Des jeunes pousses innovantes en quête de gros sous

L’entreprise montréalaise en démarrage Mantle développe présentement des solutions de sécurité avec la technologie de la chaîne de blocs pour les entreprises. Il va sans dire que sa technologie est ultraspécialisée.

Son dirigeant, Pascal Leblanc, soutient que les fonds de capital de risque investissent dans les choses qu’ils connaissent. Ici, dit-il, les fonds sont opérés par des entrepreneurs experts dans les produits B2C [business to consumer] – c’est-à-dire à la clientèle – que les gens peuvent télécharger, ou des produits de consommation. Sa technologie serait encore trop nichée pour les fonds québécois.

Ses investisseurs sont de l'Ontario et des États-Unis, pas du Québec. Le jeune entrepreneur compte parmi eux le fonds d’investissement torontois Globalive, du fondateur de l'ancien fournisseur de télécommunications sans fil Wind Mobile, Anthony Lecavera.

Mais une transformation s’opère depuis quelques mois. Le nouveau fonds de capital de risque Boréal Ventures a été lancé en février pour répondre aux besoins dans le domaine des sciences appliquées. Investissement Québec a également mis sur pied en avril le programme Impulsion PME destiné à aider les jeunes entreprises innovantes en investissant jusqu'à 1 million de dollars.

Le Québec y gagnera au change, selon Pascal Leblanc, en évitant d’éventuelles fuites de profits en cas de vente et en assurant un plus grand sentiment d’appartenance pour les entrepreneurs.

Si je vends Mantle pour un milliard de dollars, ça va tout en Ontario, ce milliard. Après, je serai plus enclin à créer un fonds de deep tech [technologies basées sur des innovations en ingénierie ou en science] en Ontario ou dans la Silicon Valley.

Une citation de :Pascal Leblanc, cofondateur et pdg, Mantle

1,1 milliard de dollars en capital de développement

Au premier trimestre, le capital de développement destiné aux entreprises plus matures s’est établi à 1,1 milliard de dollars au Québec, seulement 100 millions de moins que chez son voisin ontarien. L’écosystème des fonds d’investissement dans ce créneau se révèle beaucoup mieux structuré.

Solotech de Montréal a été aux premières loges dans l’obtention de ce type de financement dans la dernière année. L’entreprise connue dans plusieurs pays pour son expertise en sonorisation, éclairage et vidéo d’événements – de Céline Dion à Elton John – a dû revoir son modèle d'affaires avec la pandémie, et investir dans le commerce électronique, la production virtuelle et la diffusion en ligne.

La semaine dernière, elle annonçait l'acquisition de CBCI Telecom, un service canadien de solutions de visioconférences, de quoi ajouter 40 millions de dollars à son chiffre d'affaires.

Ce n’est pas uniquement de lever des fonds, souligne son président et directeur général Martin Tremblay. Tu as besoin de démontrer quel est le plan. [Pour] nous, la transformation technologique a mené nos actionnaires et investisseurs à nous soutenir.

Solotech aura été en mesure de réaliser cinq acquisitions pendant la période pandémique grâce à ses actionnaires québécois (Desjardins Capital, Investissement Québec et Claridge) et ses banquiers canadiens. On a dû lever des montants importants pour que ça se concrétise, indique M. Tremblay.

Ses revenus ont chuté de 450 à 250 millions de dollars de 2019 à 2020. Depuis, le fleuron québécois a su saisir certaines occasions d’affaires et il s’attend maintenant à des ventes records de 600 millions en 2022.

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