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Saison touristique : des défis à géographie variable

Pour une deuxième année d'affilée, une saison touristique courte et intense se prépare au Québec. Mais les défis ne sont pas les mêmes pour les villes et les régions.

Le ville de Tadoussac.

Le village de Tadoussac se prépare à une saison touristique courte et intense.

Photo : Radio-Canada

L'annonce du plan de déconfinement progressif du gouvernement du Québec, la semaine dernière, a donné le coup d'envoi aux préparatifs de la saison touristique. Mais on ne s'y prépare pas de la même façon partout dans la province. Dans des régions comme la Côte-Nord, qui affichent déjà presque complet, on met tout en place pour éviter les débordements, alors que des villes comme Québec tentent d'attirer les Québécois pour redonner vie à leurs quartiers touristiques.

Les dunes de sable de Tadoussac sont particulièrement prisées des voyageurs qui s'aventurent sur la route 138. Il n'est pas étonnant, même à ce temps-ci de l'année, d'y voir stationné un minibus complètement modifié pour le camping et la van life.

À son bord, deux étudiantes en travail social qui ont décidé de prendre la clé des champs. On est parties de La Tuque, on a fait le Saguenay, Chicoutimi, on est allées voir un peu des randonnées, là on est rendues à Tadoussac, explique Isaria Joly.

Marilène Desjardins et Isaria Joly.

Marilène Desjardins et Isaria Joly visitent le Québec à bord de leur minibus modifié.

Photo : Radio-Canada

C'est un itinéraire que bien des Québécois vont emprunter cet été et le village de Tadoussac s'y prépare. Les gens qui ont fait le tour de la Gaspésie l'an passé se sont donné rendez-vous cette année le long de la Côte-Nord, constate le député péquiste Martin Ouellet. Il faut être capable d'offrir des endroits sûrs qui nous permettent d'accueillir ce flot-là, poursuit-il.

Tadoussac est la première carte postale qu'offre la Côte-Nord, le village vit essentiellement du tourisme. Bien qu'on y dénombre une population de 800 habitants, les infrastructures municipales peuvent accueillir jusqu'à 8000 personnes.

Tirer des leçons de l'été dernier

Charles Breton, maire de Tadoussac.

Charles Breton, maire de Tadoussac

Photo : Radio-Canada

Cet été, plus que jamais, rien n'est laissé au hasard pour éviter que le village soit victime de sa popularité. La municipalité aménage actuellement un tout nouveau stationnement pour accueillir les visiteurs.

Cet apprentissage-là a été fait un peu partout, les municipalités prévoient des campings de débordement surtout pour les véhicules récréatifs, explique le maire Charles Breton. C'est pour un dépannage d'une nuit pas plus, on ne veut pas créer un camping ni que les gens prennent l'habitude de partir en se disant : "On verra bien", précise-t-il.

Et on ne veut pas non plus que les touristes abîment les milieux naturels. Sur les dunes, par exemple, les messages d'interdiction d'y passer la nuit ne suffisent pas et la municipalité va accroître la surveillance. C'est très coûteux, mais à certains endroits, il faut presque surveiller 24 heures sur 24 parce que dès qu'on tourne le dos, ça s'installe, raconte le maire, qui estime à 120 000 $ la facture pour la surveillance du territoire.

Encore cette année, la saison touristique va se limiter aux quelques semaines des vacances des Québécois, et ce sera un nouveau un coup dur pour l'industrie de l'observation des baleines.

Chez Croisières AML, plusieurs embarcations resteront dans les hangars. La clientèle de l'entreprise est constituée à 65 % de visiteurs étrangers qui arrivent généralement en mai et qui voyagent jusqu'à la fin octobre.

Privée de cette clientèle, l'entreprise navigue en eaux troubles. Les trésoreries y sont passées, c'est quand même incroyable de perdre 75 % de son chiffre d'affaires! s'exclame Loïc Hamel, le vice-président de l'exploitation à Croisières AML, qui demeure convaincu que l'entreprise surmontera ces moments difficiles.

Rue du quartier Petit-Champlain, dans le Vieux-Québec.

Le Vieux-Québec, qui est une destination prisée par les touristes étrangers, tente tant bien que mal d'attirer les Québécois entre ses murs.

Photo : Radio-Canada

Une autre saison sans les touristes étrangers

La région de Québec a aussi vu son achalandage fondre comme neige au soleil l'été dernier. La capitale a enregistré une baisse d'achalandage de 61,3 % en 2020.

C'est assez dramatique! lance Robert Mercure, le directeur général de l'Office du tourisme de Québec (OTQ). Même si on commence à avoir des signes un peu plus encourageants, il faut travailler fort pour remplir notre ville et aider l'industrie, poursuit-il.

La capitale peine à séduire les Québécois, qui semblent encore cette année répondre davantage à l'appel des grands espaces qu'à l'effervescence des villes.

Tout en gardant espoir, Robert Mercure ne se fait pas d'illusions. Est-ce qu'on va retourner à la normale cette année? La réponse c'est non, mais on va être nettement supérieur de ce qu'on a vécu l'an passé.

Il sait bien que l'été ne suffira pas à combler le manque à gagner. Les touristes québécois ne laissent pas les mêmes traces dans l'économie. Lors de leur séjour, les touristes étrangers dépensent en moyenne 1519 $, contre 886 $ pour les visiteurs québécois.

Sauver le tourisme local

Et certaines clientèles, comme les congressistes, ne peuvent tout simplement pas être au rendez-vous pour la deuxième année d'affilée. En tout, 210 événements qui devaient avoir lieu au centre des congrès de Québec ont été annulés, privant ainsi les hôteliers et les restaurants de 130 millions de dollars de retombées économiques.

De plus, les quais du port de Québec seront à nouveau déserts. Le port devait inaugurer cet automne un tout nouveau terminal de croisières, mais cela devra attendre, puisque les croisières sont interdites au Canada jusqu'en février 2022.

Le port de Québec fait contre mauvaise fortune bon cœur et, faute de passagers, le terminal de croisières a été transformé en centre de vaccination.

L'absence de croisiéristes prive l'industrie touristique tout le long du Saint-Laurent de 711 millions de dollars de retombées économiques. Et dans les rues du Vieux-Québec, cela représente 230 000 touristes de moins.

Robert Mercure, directeur général, Office du tourisme de Québec.

Robert Mercure, directeur général, Office du tourisme de Québec.

Photo : Radio-Canada

Plusieurs établissements touristiques remettent leur survie entre les mains des Québécois. En avril, lorsque l'Association hôtelière de Québec (AHRQ) a sondé ses membres, 19,5 % d'entre eux estimaient pouvoir tenir le coup moins de six mois et 50 % moins d'un an.

Le contexte pandémique a changé depuis, mais la situation demeure difficile pour plusieurs. C'est fragile! C'est pour ça que le message est vraiment : "Soutenez! Soutenez! Dépensez!" Parce que s'il ne reste que la moitié des joueurs, ça risque d'être plate à Québec dans le futur, conclut Robert Mercure.

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