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L'homme accusé d'avoir fomenté la haine au Congo se dit victime d'abus de pouvoir

Kibwe Ngoie-Ntombe devant le lac Okanagan.

Kibwe Ngoie-Ntombe devrait comparaître au palais de justice de Kelowna au mois de juin.

Photo : Youtube

Un homme de la Colombie-Britannique d’origine congolaise, accusé d’avoir fomenté la haine contre des personnes vivant en République démocratique du Congo (RDC) dans des vidéos publiées sur les médias sociaux, se dit victime d'abus de pouvoir de la part des policiers et de la société canadienne.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a présenté les chefs d’accusation contre Kibwe Ngoie-Ntombe la semaine dernière. L’enquête a été déclenchée à la suite d’une plainte déposée auprès du ministère de la Justice dans le cadre du Programme sur les crimes de guerre du Canada.

L’homme de 52 ans, joint au téléphone, se dit victime d'abus de pouvoir de la part du Canada et la cible d’attaques contre sa liberté d’expression.

Mes vidéos n’ont fait tuer personne, n’ont agressé personne, affirme-t-il. Je n’ai pas commis de crime au Canada.

M. Ngoie-Ntombe dit vivre entre le Canada et les États-Unis depuis une quinzaine d’années.

Dans des vidéos publiées sur YouTube et sur Facebook, il décrit en des termes déshumanisants les membres d’un groupe ethnique qu’il identifie comme étant des Kasaïens et appelle à leur départ de la région du Katanga, une province de la RDC riche en ressources minières.

Dans une vidéo toujours en ligne sur YouTube, il les qualifie notamment d’insectes, de sauvages et d’animaux.

Viser les messages haineux en provenance du Canada

Selon l’inspecteur de la GRC responsable de l’enquête, François Courtemanche, il est important de s’assurer que le Canada ne devienne pas un endroit d’où partent des messages haineux qui promeuvent la violence ailleurs dans le monde.

Un interdit de publication empêche le policier de donner des détails plus précis sur le dossier.

La plainte originale incluait des circonstances qui justifiaient une enquête en vertu des dispositions de la Loi sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre, ainsi que du Code criminel, a-t-il indiqué en entrevue.

Les accusations retenues par la Couronne, avec l’approbation du procureur général de la Colombie-Britannique, découlent cependant uniquement du Code criminel.

Kibwe Ngoie-Ntombe dans une vidéo sur YouTube.

Kibwe Ngoie-Ntombe est accusé d'avoir fomenté la haine contre un groupe ethnique de la République démocratique du Congo dans des vidéos publiés sur les médias sociaux.

Photo : Youtube

Kibwe Ngoie-Ntombe, actuellement libéré sous conditions, est aussi accusé d’avoir proféré des menaces, d’avoir conseillé de commettre des voies de fait et un incendie criminel, et d’avoir forgé des documents contrefaits.

Aucune des allégations contre lui n’a été prouvée en cour.

Désir de repartir en Australie

Kibwe Ngoie-Ntombe dit désirer repartir en Australie, qui lui a offert l’asile avant qu’il ne vienne au Canada, où il vit avec sa femme et ses six enfants, tous citoyens canadiens.

Tout ce que je veux, c’est quitter le Canada et retourner en Australie, dit-il. Qu’est-ce que j’ai fait au Canada?

Après son arrestation, en juin 2020, il affirme que les policiers lui ont interdit d’utiliser Internet, ce qui, en pleine pandémie, lui a rendu la vie difficile et lui a fait perdre des sources de revenus.

M. Ngoie-Ntombe se décrit comme chanteur et entrepreneur, et dit notamment vendre des t-shirts et des albums en ligne.

Selon les limites de sa liberté sous conditions, il peut désormais utiliser Internet, mais seulement avec un ordinateur portable dont il ne peut supprimer l’historique.

Il lui est aussi interdit de communiquer, par l’intermédiaire des médias sociaux, avec des membres du mouvement pour l’indépendance du Katanga.

L’accusé devait comparaître une première fois au palais de justice de Kelowna, mardi, mais l’audience a été reportée au 1er juin.

Avec des informations de Jason Proctor

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