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Succès de la réintroduction dans la nature du diable de Tasmanie en Australie continentale

Un diable de Tasmanie dans la nature.

Les diables de Tasmanie sont des marsupiaux uniques disparus il y a 3000 ans d'Australie continentale.

Photo : Aussie Ark/David Stowe

Agence France-Presse

Des diables de Tasmanie, marsupiaux uniques disparus il y a 3000 ans d'Australie continentale, sont nés en pleine nature sur l'immense île-continent dans le cadre d'un ambitieux programme de protection de l'espèce, ont annoncé lundi des associations.

Une coalition d'organisations de protection de l'environnement a révélé que sept de ces mammifères carnivores étaient nés dans un sanctuaire de 400 hectares à Barrington Tops, à trois heures et demie de route au nord de Sydney (Sud-Est).

C'est dans cet espace grillagé – pour les protéger de diverses menaces, comme les maladies ou la circulation automobile – que 26 diables adultes avaient été réintroduits il y a près d'un an, lors d'une opération alors présentée comme historique.

Un diable de Tasmanie relâché dans la nature.

Sarcophilus harrisii n'est pas dangereux pour l'humain ou le bétail, mais se défend s'il est attaqué.

Photo : Aussie Ark/David Stowe

Ce programme de conservation ex situ vise à créer une population préservée, le diable étant menacé sur l'île de Tasmanie par une grave forme de cancer contagieux.

Une fois que les diables étaient libérés dans la nature, c'était à eux de jouer, et c'était nerveusement éprouvant, a confié le président d'une des organisations, Aussie Ark, Tim Faulkner.

Il a fallu observer de loin jusqu'à ce que l'on puisse y entrer et avoir confirmation de la naissance des premiers petits nés dans la nature. Quel moment!

Une citation de :Tim Faulkner

Des spécialistes ont pu inspecter les poches des femelles et ont constaté que les petits étaient en parfaite santé. D'autres examens auront lieu dans les semaines à venir.

Sarcophilus harrisii n'est pas dangereux pour l'humain ou le bétail, mais se défend s'il est attaqué, pouvant provoquer de graves blessures.

Ce marsupial nocturne à la fourrure noire ou brune, qui dégage une forte odeur quand il stresse, est frappé depuis 1996 par une maladie, la tumeur faciale transmissible du diable de Tasmanie (DFTD), fatale à presque 100 % et qui a décimé 85 % de sa population.

L'espèce est désormais en danger d'extinction.

Ce cancer contagieux – le cancer ne l'est normalement pas, sauf chez certaines espèces animales – se transmet via les morsures que s'infligent entre eux les diables, très agressifs et dotés de mâchoires puissantes, quand ils s'accouplent ou se battent.

Les animaux meurent notamment de faim lorsque la tumeur atteint leur bouche, les empêchant de manger.

Un diable de Tasmanie en train de manger.

Les tumeurs au visage causées par le cancer qui les décime empêche souvent les diables de Tasmanie de se nourrir, entraînant la mort.

Photo : AFP/Getty Images / WILLIAM WEST

On estime à 25 000 les diables vivant encore dans la nature, contre 150 000 avant l'apparition de cette maladie.

En Australie continentale en revanche, ils ont vraisemblablement disparu il y a 3000 ans, a priori décimés par les dingos.

Le programme vise à créer une population réserve face à une maladie pour l'heure incurable, tout en participant à la restauration de l'environnement indigène.

Pour Don Church, président de l'association Re:wild, ces naissances sont l'un des signes les plus tangibles de la réussite du projet de réintroduction.

C'est de bon augure, non seulement pour cette espèce en danger, mais aussi pour les autres espèces que nous pouvons sauver avec des programmes de réintroduction dans la nature en Australie, a-t-il dit.

Aussie Ark compte introduire davantage de diables dans le sanctuaire, de même que des dasyrus, des wallabies et des bandicoots. Avant peut-être d'introduire ces diables dans des zones non clôturées pour les soumettre à la concurrence de plus d'espèces.

Ce projet rappelle celui, emblématique, de la réintroduction du loup dans le parc américain de Yellowstone dans les années 1990, qui a, selon des experts, eu une cascade d'effets positifs : régénération des buissons en bord de rivières, stabilisation des cours d'eau, retour des oiseaux et des castors…

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