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Algoma Steel va entrer à nouveau en bourse

L'intérieur de l'usine d'Algoma Steel, à Sault-Ste-Marie.

Bien que la société ait changé de nom et de propriétaire au fil des ans, Algoma Steel fabrique de l'acier à Sault-Sainte-Marie depuis plus d'un siècle.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Radio-Canada

La compagnie Algoma Steel, basée à Sault-Sainte-Marie, dans le Nord de l'Ontario, va redevenir une société publique dont les actions sont vendues en bourse. Le sidérurgiste canadien centenaire va fusionner avec la société d'acquisition Legato Merger Corp, basée à New York.

Les propriétaires actuels d'Algoma Steel obtiendront ainsi un peu plus de 1,1 milliard de dollars américains en nouvelles actions dans la compagnie. De ce nombre, une tranche d'actions d'une valeur de 375 millions de dollars américains est conditionnelle à l’atteinte de certains objectifs financiers.

Legato elle-même n'a fait son entrée en bourse qu'au début de l'année. L'entreprise est ce que l'on appelle une société d'acquisition à vocation spécifique, c’est-à-dire une entreprise sans activités commerciales dont l’objectif est de lever des fonds en entrant en bourse.

Les actions de Legato se négocient sur la bourse technologique de New York, le NASDAQ, mais une fois l'accord conclu, d'ici la fin septembre, Algoma Steel demandera également l'inscription de ses actions à la Bourse de Toronto.

Legato cherche à acheter des entreprises dans les secteurs de l'énergie renouvelable, des infrastructures et de l'industrie, et Algoma Steel correspond à ce profil.

Algoma Steel.

Algoma Steel, à Sault-Sainte-Marie, est située sur la rive des Grands Lacs.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Mathieu Tremblay

Nouveau départ pour Algoma Steel

Si Legato est une société récente, Algoma Steel existe sous une forme ou une autre depuis plus d'un siècle. Après avoir été fondée en 1902, l'entreprise a été rachetée en 2007 par le conglomérat indien Essar Group pour plus de 1,6 milliard de dollars, avant de se placer à l’abri de ses créanciers en 2015 après l'effondrement du prix de l'acier.

Le président de la section locale 2251 du syndicat des Métallos, Michael DaPrat, note que l'entreprise vit des hauts et des bas de façon cyclique.

Il semble que le cycle continue, affirme-t-il.

M. DaPrat accueille la fusion avec un optimiste prudent, et affirme qu'il est encore trop tôt pour en évaluer l'impact.

Algoma Steel a émergé de ces procédures en tant qu'entité indépendante et a depuis mis l'accent sur la durabilité.

Entre autres initiatives, l'entreprise propose de convertir l'un de ses fourneaux alimentés au charbon en un système électrique qui réduirait ses émissions de carbone de plus de trois millions de tonnes par an.

L'entreprise a actuellement une capacité de production d'environ 2,8 millions de tonnes d'acier par an, ce qui en fait la deuxième plus grande entreprise sidérurgique du Canada. Elle emploie également environ 2700 personnes.

Le conseiller municipal de Sault-Sainte-Marie Matthew Shoemaker estime que la fusion pourrait aider l'usine à mieux s'adapter aux fluctuations du marché.

Ça peut être de bonnes nouvelles pour Sault-Sainte-Marie parce que ça veut dire que ce sera une aciérie plus moderne, mais faut qu'on s'assure que ça n'aura pas un effet négatif sur le nombre d'employés.

Une citation de :Matthew Shoemaker, conseiller municipal du quartier 3 de Sault-Sainte-Marie

Selon une présentation aux investisseurs, l'entreprise propose de réaliser des économies de 44 millions de dollars par an, et n'a pas fait mention d'une quelconque réduction de la main-d'œuvre actuelle de l'entreprise.

L'équipe de direction d'Algoma Steel demeurera au sein de la nouvelle société.

Des bobines d'acier dans un environnement industriel.

Le prix de l'acier a grimpé en flèche dans la dernière année.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

L'acier a le vent dans les voiles

Les prix de l'acier ont grimpé en flèche dans les derniers mois et atteignent actuellement des sommets. Jamais ils n'ont été si élevés dans les dernières décennies.

À l'instar d'autres produits de base, la production et les prix ont baissé tout au long de l'année 2020, car l'économie mondiale a ralenti en raison de la COVID-19. Mais aujourd'hui, les sidérurgistes ne parviennent plus à répondre à la demande.

En février, l'agence de notation Moody's a relevé la note de crédit d'Algoma Steel en raison d’une amélioration des performances opérationnelles et des paramètres de crédit en raison de la hausse des prix de l'acier et de l'espoir que l'entreprise génère des flux de trésorerie positifs.

Aucun marché [de l'acier] n'a été épargné en 2020. La demande et les expéditions ont souffert des répercussions de la pandémie, a déclaré Andrew Cosgrove, analyste des métaux et des mines chez Bloomberg Intelligence, dans un rapport sur le marché de l'acier publié la semaine dernière.

L’année 2021 devrait être marquée par une forte reprise du marché [...] notamment en raison de l’industrie de la construction.

Le conseiller municipal Matthew Shoemaker n'est par ailleurs pas convaincu que la fusion mettra l'entreprise à l'abri de futurs tarifs douaniers sur l'acier qui pourrait être imposés les États-Unis

J'espère que les jours des tarifs sont passés avec l'élection de M. Biden, mais on ne sait jamais, conclut-il.

Avec les informations de CBC, Pete Evans, et Miguel Lachance

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