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RDC : le volcan Nyiragongo gronde encore, inquiétude à Goma

Un bâtiment calciné est entouré de lave durcie.

La banlieue de Goma a été atteinte par une coulée de lave du volcan Nyiragongo.

Photo : Getty Images / AFP / Moses Sawasawa

Agence France-Presse

La ville de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a continué, lundi, d'être secouée par de nombreuses et fortes secousses telluriques, suscitant la peur des habitants à peine revenus dans la cité, deux jours après l'éruption du volcan Nyiragongo toujours grondant.

Ça se multiplie et ça vient à tout moment, a déclaré à l'AFP un habitant, disant avoir la peur au ventre.

Il vient juste d'y avoir une grosse secousse, j'ai même peur de rester dans le bureau, a déclaré au téléphone Déborah, une employée d'une organisation internationale.

Dans Goma, la population, en partie de retour après avoir fui en masse l'éruption samedi soir, sortait parfois des immeubles à étages et des maisons au fil des séismes.

Des fissures, larges de quelques centimètres, mais longues de plusieurs mètres, ont fendu le sol ou la chaussée en divers endroits, alimentant encore un peu plus l'angoisse des habitants.

Déjà très nombreux hier dimanche, ces séismes se sont poursuivis toute la nuit et lundi sur un rythme soutenu, parfois avec une forte intensité.

Séisme de 5.1

Le Rwanda voisin a mesuré une secousse de 5,1 de magnitude à la mi-journée, mais n'a pas fait état de dégâts majeurs. Des photos ont été diffusées sur les réseaux sociaux montrant des bâtiments de Goma aux façades fissurées, mais là aussi les autorités congolaises n'ont pas fait état de dégâts importants.

Au moins cinq personnes ont été tuées, lundi matin, par les émanations de gaz toxiques, alors qu'elles tentaient de traverser un tronçon de lave encore chaude au nord de la ville. Cela porte à au moins 20 morts le bilan humain depuis le début de l'éruption.

Des personnes se promènent sur les roches encore fumantes. Une épaisse fumée empêche de percevoir l'horizon.

La précédente éruption majeure du Nyiragongo, date de près de 20 ans.

Photo : afp via getty images / GUERCHOM NDEBO

Samedi soir, le volcan Nyiragongo, dont les sombres pentes majestueuses dominent Goma et le lac Kivu, est entré soudainement en éruption, provoquant la peur et la fuite des populations.

Deux coulées de lave se sont échappées à 1800 mètres d'altitude de ses flancs, dont une est arrivée jusqu'à la lisière de Goma, où elle s'est immobilisée dimanche matin.

De nombreuses habitations ont été englouties par cette langue de lave s'étendant sur des centaines de mètres, qui a par ailleurs coupé sur un kilomètre la route reliant Goma à Butembo, principale route du Nord-Kivu et axe important du commerce régional.

Une masse sombre avale la moitié du paysage.

La lave a tout ravagé sur son passage dans le village de Bushara, près de Goma, après l'éruption volcanique du Nyiragongo.

Photo : afp via getty images / JUSTIN KATUMWA

La précédente éruption majeure du Nyiragongo, le 17 janvier 2002, avait fait une centaine de morts, dans un scénario semblable, une coulée de lave ayant coupé la ville pour se déverser dans le lac Kivu.

Deux jours après l'éruption, une incertitude persiste sur la poursuite de l'activité volcanique, selon un responsable de l'Observatoire volcanologique de Goma (OVG), Kasereka Mahinda.

Si de la lave est encore présente à l'intérieur du cratère, des fractures (sur les flancs du volcan) peuvent se réactiver et commencer une autre éruption.

Une citation de :Kasereka Mahinda, responsable de l'Observatoire de volcanologie de Goma

S'il n'y a pas de lave dans le cratère, ces tremblements de terre se produisent, car la Terre est en train de se reconstituer, se rééquilibrer. Mais l'activité [volcanique] est en train de diminuer, de même que les tremblements de terre actuels vont aller en diminuant, a-t-il rassuré.

Une femme, pour se remettre d'une grossesse et d'un accouchement, connaît des douleurs. La Terre aussi est en train de se remettre, elle ressent des douleurs, a-t-il expliqué de façon imagée.

17 villages touchés

Lundi, la lave rocheuse noirâtre était encore chaude, de la fumée se dégageant par endroits. Des piétons s'aventuraient sur la lave, malgré le risque des vapeurs toxiques, traversant notamment la route là où elle avait été ensevelie.

Le volcan au loin était calme en apparence, avec ses habituelles fumerolles s'échappant du cratère à l'horizon.

Selon les autorités, au total 17 villages ont été touchés; les dégâts matériels sont très importants.

Un homme tente en vain de sauver un petit bâtiment en tôle envahi par les flammes.

L'éruption du volcan Nyiragongo, le 22 mai, a pris tout le monde de court en RDC.

Photo : Reuters / Enoch David

L'éruption a pris tout le monde de court, y compris les autorités, forcées d'ordonner dans l'urgence l'évacuation de la ville. Des dizaines de milliers de personnes ont alors fui vers le Rwanda, au sud de Goma, ou vers le sud-ouest, en direction de la région du Masisi.

Une grande partie de la population est revenue dimanche et la ville présentait lundi son activité habituelle.

Une délégation gouvernementale, forte de sept ministres, est par ailleurs sur place depuis lundi matin pour faire l'état des lieux et appuyer l'aide aux populations déplacées et sinistrées, dont le nombre exact n'est pas encore connu.

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