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Noir.e.s à la caméra : une rétrospective de 100 ans de cinéma noir

Elle pose dans le décor de l'émission Dans l'oeil du dragon

Fabienne Colas, qui a notamment mis sur pied le Festival international du film black de Montréal, est derrière l'idée de cette rétrospective.

Photo : Attractions images / Yanick.Macdonald.Photographe

Radio-Canada

Tout au long du mois de juin, la Cinémathèque québécoise sera l’hôte d’une rétrospective du cinéma noir qui remontera jusqu’au début du siècle dernier. Du cinéma muet au documentaire, en passant par les films d’animation et les reconstitutions historiques, plusieurs genres seront représentés. La programmation fera également une place aux jeunes en présentant 10 courts métrages documentaires de la relève.

L’idée a germé dans l’esprit de l’actrice, femme d’affaires et reine des festivals Fabienne Colas, qui a mis sur pied un nombre impressionnant d’événements à succès au fil des ans, dont le Festival international du film black de Montréal et ceux de Toronto et d’Halifax. L’instigatrice était de passage au micro de René Homier-Roy pour parler de sa dernière initiative.

Au Québec et au Canada, c’est la première fois qu’on a une rétrospective de cette envergure. Le bonheur de cette rétrospective, c’est que ça va jusqu’au début des années 1900, avec Oscar Micheaux, qui est le premier Noir à avoir fait un film black, explique-t-elle.

Une image du cinéaste afro-américain Oscar Micheaux.

Oscar Micheaux, l’un des premiers grands cinéastes afro-américains. Entre 1919 et 1948, il a réalisé 42 films.

Photo : Oscar Micheaux Society

Évidemment, il y a dans la sélection de Noir.e.s à la caméra des incontournables du cinéma noir, notamment le réalisateur américain maintes fois primé Spike Lee (La pizzéria en révolte (Do the Right Thing), Opération infiltration (BlacKkKlansman), Da 5 Bloods : Frères de sang), une inspiration sans commune mesure pour Fabienne Colas. Le grand cinéaste l’a marquée dès sa petite enfance, lorsqu’elle vivait en Haïti, avec le film Malcom X.

Spike Lee, c’est une inspiration extraordinaire. Ce n’est pas pour rien qu’il est venu au Festival du film black de Montréal à trois reprises. Spike Lee a révolutionné le cinéma black aux États-Unis. Il a influencé la façon dont les Américains peuvent voir les réalités noires. Il a créé une espèce de dialogue à travers ces films, affirme-t-elle.

La programmation dans son ensemble est très éclectique, avec des films de partout dans le monde et de toutes les époques. Ainsi, le film d’horreur Get Out (2017), de Jordan Peele, côtoie Les nuits rouges de Harlem (Shaft, 1971), de Gordon Parks, et Within our Gates (1920), un film muet d’Oscar Micheaux qui dépeint la situation raciale aux États-Unis au début du 20e siècle.

Propulser la relève grâce au programme Être Noir.e au Canada

En plus de célébrer le passé, la programmation de la rétrospective fera place à la relève avec la présentation de 10 courts métrages documentaires réalisés par des jeunes qui ont participé au programme Être Noir.e au Canada, une autre idée de Fabienne Colas qui a pris forme en 2014.

Il y a un problème dans notre industrie, que ce soit au Québec, au Canada ou ailleurs, par rapport au manque d’inclusion des talents noirs et racisés. Nous, on s’est dit : "On ne va pas laisser ça aux autres, on va nous-mêmes être proactifs pour créer cette relève du cinéma black et l’outiller", explique Fabienne Colas.

Le programme, issu de la Fondation Fabienne Colas, peut se targuer d’être le plus grand programme de formation au Canada à être entièrement consacré aux cinéastes de la communauté noire. Concrètement, il permet chaque année à une vingtaine de cinéastes en herbe de suivre gratuitement une formation leur permettant de créer des courts métrages documentaires d’environ 10 minutes.

Ils vont apprendre tous les rouages de la production d’un court métrage documentaire, en étant accompagnés des meilleurs de l’industrie. Ensuite, on passe ces films-là un peu partout dans les festivals et à la télévision, résume Mme Colas.

Ce qui manque aux jeunes artistes noirs en ce moment, ce n’est pas le talent, ce sont les opportunités.

Une citation de :Fabienne Colas

Il y a quelques jours à peine, le programme a même permis à six cinéastes de remporter le prix de la meilleure réalisation dans une série documentaire aux prix Écrans canadiens, pour la série Être noir.e à Toronto, qui regroupe six courts métrages abordant la question de l’intégration sociale des personnes issues des communautés noires dans leur ville.

Le cinéma et la télévision sont supposés être des reflets, des miroirs de notre société, et doivent refléter la réalité démographique de nos villes. La seule façon d’y arriver, c’est de faire de l’inclusion massive, conclut Fabienne Colas.

Noir.e.s à la caméra, une rétrospective à voir à la Cinémathèque québécoise du 1er au 30 juin.

Avec les informations de René Homier-Roy, animateur de l'émission Culture club.

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