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Décollage imminent pour les avions de la SOPFIM

Quatre des huit avions stationnés à l'aéroport de Rimouski et destinés à l'épandage des insecticides dans la lutte contre la tordeuse des bourgeons de l'épinette

Au total, 89 avions et 15 hélicoptères seront utilisés cet été (archives).

Photo : Radio-Canada / Denis Leduc

La Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM) va déployer ses avions dès la fin du mois de mai, dans l’Est-du-Québec, pour lutter contre l’infestation de la tordeuse des bourgeons de l’épinette.

L’organisme interviendra sur 745 600 hectares de forêt cette année, à l’aide du Bacillus thuringiensis kurstaki (BTK), un pesticide biologique pulvérisé en vol.

Les gouttelettes de pesticides déposées sur les épines des conifères interviennent dans la digestion de l’insecte et dans la quantité de nourriture qu'il consomme.

L’organisme espère ainsi sauver environ 50 % du feuillage des arbres traités. L’arbre aurait donc plus de chance de survivre à la présence de la tordeuse.

Une tordeuse des bourgeons de l'épinette sous sa forme larvaire.

La tordeuse des bourgeons de l'épinette cause des dommages aux arbres lorsqu’elle est sous sa forme larvaire (chenille).

Photo : Christian Bélisle, ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Intensification en Gaspésie

La plus grande partie de l’intervention de la SOPFIM se fera en Gaspésie, avec 258 600 hectares protégés.

S'ensuivent le Bas-Saint-Laurent avec 241 600 hectares et le Saguenay-Lac-Saint-Jean, avec 156 600 hectares.

La Côte-Nord sera protégée sur 88 000 hectares de forêt, tandis que la région de la Capitale-Nationale va bénéficier d’une protection de 650 hectares.

Un retour en force

En 2020, seulement 116 000 hectares de forêt ont été couverts par les opérations de pulvérisation aérienne de la SOPFIM.

La SOPFIM procède à la pulvérisation aérienne d'insectide biologique sur la forêt commerciale du Québec.

L'organisme explique cette baisse en 2020 par les mesures de confinements imposées durant la saison d'épandage (archives).

Photo : SOPFIM

Ce sont les défis logistiques reliés à la première vague de la pandémie de COVID-19 qui avaient mené à la diminution des activités de l’organisme.

Cette réduction des pulvérisations aériennes n’aurait pas eu un impact significatif sur l’infestation de la tordeuse, selon la SOPFIM.

Il faut garder à l’esprit que la forêt peut être affligée de façon très grave par l’épidémie, pendant cinq ans, avant qu’on commence à avoir de la mortalité. Donc un an de pause, ce n’est pas l’idéal, mais on revient en 2021 avec un programme d’une envergure plus grande, explique le directeur général de la SOPFIM, Jean-Yves Arsenault.

Protection faunique

Cette année, la SOPFIM compte protéger une parcelle montagneuse de la Gaspésie où mettent bas les femelles caribou.

Un caribou dans le Parc de la Gaspésie.

L’animal en voie d’extinction a besoin d’un couvert forestier sain pour notamment se protéger des prédateurs (archives).

Photo : Radio-Canada

21 822 hectares de forêt seront donc traités dans le cadre de ce programme de protection de l’habitat du caribou.

Les refuges pour des animaux comme le caribou, c’est assez escarpé. On a dû faire une analyse assez approfondie du territoire et prendre en compte les défis techniques que ça comportait, ajoute M. Arsenault.

« Un coup d’épée dans l’eau »

Entièrement financée par Québec, la SOPFIM profite d’un budget d’exploitation de près de 55,5 millions de dollars.

Des sommes qui vont permettre une certaine préservation de la ressource forestière, sans toutefois endiguer l'infestation.

Une forêt de conifères décimée par la tordeuse des bourgeons de l'épinette.

Les arbres morts en raison de la tordeuse ne peuvent être utilisés par l'industrie du bois d'œuvre (archives).

Photo : Christian Bélisle, ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

L’industrie forestière souhaite que le gouvernement du Québec s’engage davantage dans la lutte contre cet insecte pour limiter les conséquences sur la coupe de bois.

Les efforts doivent se poursuivre dans les années à venir. Il faut intensifier le processus. Comme dirait le Dr Arruda, si c'est vrai pour la COVID, c'est vrai également pour la tordeuse et il faut abaisser la courbe, explique Jean-François Samray, PDG du Conseil de l’industrie forestière du Québec.

Malgré les efforts de la SOPFIM, l'infestation de tordeuse devrait vraisemblablement continuer de croître. Selon les données du gouvernement du Québec, l'insecte affecte maintenant plus de 13,5 millions d'hectares de forêts dans la province.

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