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RDC : la lave du volcan Nyiragongo s'immobilise aux portes de Goma

Plusieurs personnes s'aventurent sur la lave durcie.

Des résidents se tiennent près de maisons détruites alors que la lave fume encore.

Photo : Reuters / STRINGER

Agence France-Presse

La coulée de lave descendue des flancs du volcan Nyiragongo, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), s'est immobilisée dimanche dans les faubourgs de Goma, épargnant de justesse la ville, où les habitants sont rentrés progressivement chez eux, inquiets notamment des nombreuses secousses sismiques.

Après avoir fui par milliers l'éruption dans la nuit, la majorité des gens sont rentrés ou sont en train de rentrer chez eux, a raconté un habitant. Ils gardent un oeil prudent sur l'imposante montagne dominant la ville, où aucune activité notable n'était constatée dans la soirée.

Mais il reste les sinistrés qui n'ont plus de maisons. Ils ont tout perdu, ils restent là, par familles, coincés devant les boutiques le long des routes. Ils sont très nombreux, des centaines de personnes, affirme ce témoin.

Une coulée de lave entre des bâtiments.

L'immense coulée de lave a cessé sa progression dans le courant de la nuit pour s'immobiliser dans le faubourg de Buhene.

Photo : enoch david via reuters / ENOCH DAVID

Malgré les promesses du gouvernement, ils n'ont reçu jusqu'à présent aucune aide humanitaire. Une délégation gouvernementale devait se rendre à Goma dans la journée depuis Kinshasa, mais son arrivée n'a pas été confirmée.

L'immense coulée de lave a cessé sa progression dans le courant de la nuit dans le faubourg de Buhene, qui marque la limite nord-est de Goma.

La ville a été épargnée, a déclaré dans la matinée le gouverneur militaire de la province, le général Constant Ndima.

Un homme déplace des débris brûlés de sa maison.

Des résidents cherchent à récupérer des effets personnels dans les ruines de leur maison.

Photo : Reuters / OLIVIA ACLAND

Des malheureux dont les maisons étaient partiellement noyées sous la lave ont tenté pendant toute la journée de récupérer quelques maigres effets, arrosant avec une simple bassine d'eau la roche brûlante enserrant les parcelles.

Des amas de tôle tordue par la fournaise jonchent ici et là la roche encore fumante, qui s'étend à perte de vue. La lave s'est arrêtée à quelques centaines de mètres de l'aéroport de Goma.

Au moins 13 personnes sont mortes en fuyant l'éruption, 9 dans un accident de la circulation et 4 à la prison centrale de Munzenze, d'où elles voulaient s'évader, selon un porte-parole militaire local, le major Guillaume Njike Kaiko.

Des centaines d'habitations englouties

L'ampleur des destructions n'est pas encore connue, mais un responsable administratif local, ayant requis l'anonymat, a évoqué des centaines d'habitations englouties et au moins cinq écoles détruites.

Selon l'UNICEF, plus de 150 enfants ont été séparés de leurs familles et on craint que plus de 170 autres soient disparus.

Une coulée de lave fumante et durcie près d'une maison.

Des résidents évaluent l'ampleur de la destruction de leur communauté.

Photo : Reuters / OLIVIA ACLAND

Quatre villages ont été directement affectés et détruits par les coulées, a indiqué un responsable local de l'ONU, Diego Zorilla, promettant un appui au gouvernement et une aide humanitaire aux sinistrés.

Au fil de la journée, les rues de Goma ont retrouvé leur animation habituelle, la population gardant un oeil sur le volcan.

Des tremblements de terre parfois très forts ont secoué la ville à intervalles réguliers, se multipliant à un rythme inquiétant dans l'après-midi et jusqu'en début de soirée. Plusieurs de ces secousses ont été ressenties jusqu'à Kigali, la capitale du Rwanda voisin.

De grosses secousses

Cela crée la psychose dans les populations, ce sont de grosses secousses, a raconté un témoin.

L'éruption samedi soir sur un flanc du volcan Nyiragongo a pris tout le monde de court, y compris les autorités, forcées d'ordonner l'évacuation de la ville.

Des dizaines de milliers de personnes ont fui vers le poste-frontière avec le Rwanda, tout proche, au sud de Goma, ou vers le sud-ouest, en direction de la région du Masisi.

La nuit remplie de fumée et du feu sortant d'un volcan en éruption.

Le volcan Nyiragongo en éruption

Photo : Reuters / OLIVIA ACLAND

Similitudes avec l'éruption de 2002

La précédente éruption majeure du Nyiragongo, le 17 janvier 2002, avait fait une centaine de morts. L'éruption de ce samedi ressemble à bien des égards au scénario d'il y a 19 ans.

Samedi soir, deux coulées de lave sont descendues, l'une vers l'est, dans des zones habitées, mais non urbaines, vers la frontière toute proche avec le Rwanda, et l'autre vers le sud, pour atteindre la limite de Goma dans la nuit.

Selon une source onusienne citant un volcanologue, l'éruption de ce week-end est exactement la même que celle de 2002 : aucun signe avant-coureur, seule la lave dans le cratère s'est vidée.

La principale route de la région, reliant Goma à Rutshuru et au nord de la province, a été coupée par la lave sur plus de 500 mètres.

La région de Goma est une zone d'intense activité volcanique, avec six volcans, dont le Nyiragongo et le Nyamuragira, qui culminent respectivement à 3470 et 3058 mètres.

Plus de 600 morts en 1977

L'éruption la plus meurtrière du Nyiragongo, en 1977, avait fait plus de 600 morts.

Le Nyiragongo n'était plus surveillé depuis sept mois, faute de financement et de budget du gouvernement pour soutenir l'observatoire de volcanologie local, selon le directeur de cet organisme.

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