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Du Jardin Tiki à l’Orange Julep, ces lieux kitsch qui ont marqué le Québec

On peut lire «Gibeau Orange Julep» sur l'enseigne, surmontée d'une image d'orange coupée.

L'enseigne du restaurant Orange Julep à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Daniel Thomas

Radio-Canada

Le livre Kitsch QC, écrit par Roxanne Arsenault et Caroline Dubuc, est un véritable hommage à un patrimoine culturel et architectural qui a marqué le visage du Québec. Avec cet ouvrage méticuleusement fouillé, les deux autrices voulaient sauver la mémoire de ces bars, restaurants et lieux d’hébergement aux décors exotiques qui, au fil des ans, ont commencé à sombrer dans l’oubli.

Le homard moustachu du Capitaine Homard en Gaspésie, les dinosaures du Madrid sur la route entre Montréal et Québec, l’orange géante du Gibeau Orange Julep sur le boulevard Décarie… Le Québec regorge d’éléments esthétiques un peu démesurés qui témoignent d’une époque révolue où le kitsch n’avait pas encore le sens péjoratif qu’on lui connaît aujourd’hui.

Si Roxanne Arsenault et Caroline Dubuc en ont fait le sujet de leur dernier ouvrage, ce n’est pas pour se moquer du phénomène, mais bien pour l’immortaliser dans l’imaginaire collectif.

C’est la chose que je veux que les gens retiennent le plus. Quand on dit Kitsch QC, pour nous, il n’y a rien de péjoratif. Au contraire, c’est vraiment un hommage. On a écrit ce livre-là avec amour, pour reconnaître l’importance des lieux, explique Roxanne Arsenault, en entrevue avec Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle à Tout un matin.

Quand on parle de quétaine, pour moi, ce n’est vraiment pas dans l’équation. On parle [plutôt] d’imitation, d’excès, d'exagération, d’accumulation, de décalage.

Un patrimoine intimement lié à l’immigration

Plusieurs établissements présentés dans Kitsch QC ont été construits dans la période de l’après-guerre, entre les années 1950 et 1980, une période où le Québec a connu une augmentation de l’immigration. L’histoire de ces lieux immersifs aux décors exotiques et dépaysants est d’ailleurs intrinsèquement liée à celles d’immigrants et d’immigrantes ayant la fibre entrepreneuriale.

Ces nouveaux arrivants et nouvelles arrivantes décoraient leurs établissements en faisant de l’autoreprésentation simplifiée de leur culture, pour répondre aux attentes de leur clientèle et au souhait grandissant de la population québécoise de s’évader, de voyager un peu.

Ce n’est pas parce que cette représentation était simplifiée, et peut-être réductrice, que ça n’a pas de valeur. Au contraire, ça parle vraiment de l’arrivée des immigrants et de la façon dont ils se sont représentés, explique Roxanne Arsenault. Ça leur a assuré une survie économique et ça leur a permis de prendre une place dans toutes nos villes.

Des années de recherche aux quatre coins du Québec

L’idée de Kitsch QC remonte à l’époque où Roxanne Arsenault travaillait sur son mémoire de maîtrise en histoire de l’art, intitulé Les commerces kitsch exotiques au Québec : reconnaissance et sauvegarde d’un nouveau patrimoine (publié en 2011).

Déjà à l’époque, Roxanne était épaulée par Caroline Dubuc, une spécialiste du patrimoine qui est aujourd’hui commissaire au design pour la Ville de Montréal. Ensemble, elles ont par la suite décliné le sujet de mémoire en page Instagram et en carte interactive (Nouvelle fenêtre), où les internautes peuvent répertorier les lieux kitsch de leur région.

Lorsque les éditions Fides les ont approchées pour faire un livre sur le sujet, qui couvrirait l'ensemble du territoire québécois, les deux autrices savaient qu'elles s'embarquaient dans une longue aventure. Celle-ci aura finalement duré près de deux ans et demi.

Pour arriver à leurs fins, les autrices ont tendu un énorme filet avec des collaborateurs de partout dans la province, que ce soit des bénévoles, des stagiaires de l’Université Laval, ou encore des collectionneurs et des collectionneuses. Elles ont également procédé à une recherche documentaire monumentale : revues, magazines, articles de journaux et anciens guides de critiques culinaires, une source inestimable d’informations selon les autrices.

Résultat : un ouvrage exhaustif et abondamment illustré qui propose une visite guidée de plus de 250 commerces incontournables partout au Québec.

Déjà une suite?

À peine deux semaines après la publication de leur ouvrage, Roxanne Arsenault et Caroline Dubuc pensent déjà à une suite.

On sait que ça va être un début, je suis à peu près convaincue. On a déjà mis en place un certain nombre de choses pour récolter les commentaires des gens […] On se prépare, peut-être pour un volume deux, on ne sait pas, affirme Caroline Dubuc. Il y a aussi le reste du Canada. Ça pourrait prendre toutes sortes de formes.

Avec les informations d'Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle à l'émission Tout un matin.

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