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Un projet d'école jugé dangereux à Montréal

L'endroit désigné, à côté d'une carrière en activité, illustre les difficultés à trouver des terrains pour de nouvelles écoles.

La nouvelle école secondaire serait construite au nord-ouest du terrain de soccer, à environ 130 mètres de la carrière.

La nouvelle école secondaire serait construite au nord-ouest du terrain de soccer, à environ 130 mètres de la carrière.

Photo : Google Maps

La compagnie Lafarge s'inquiète pour la sécurité des élèves qui fréquenteront une école dont la construction est projetée à 130 mètres de sa carrière. Le site industriel présente des parois rocheuses de 10 mètres, et plus de 800 camions y passent chaque jour.

L'école secondaire doit accueillir 2000 élèves à la rentrée de septembre 2024 pour satisfaire les besoins de la population de l'arrondissement d'Anjou, qui est en augmentation.

Le site choisi par les autorités est un terrain vacant entre la fin de la zone résidentielle et le début de la zone des industries lourdes. La carrière de Lafarge, en exploitation depuis 1909, est l'un des plus gros sites industriels de l'île de Montréal.

On s'inquiète particulièrement des enjeux de sécurité, considérant la hauteur de la paroi de la carrière, dit Jessica Assaf, responsable des communications de l'entreprise pour l'Est du Canada.

C'est comme mettre une école à côté du Grand Canyon.

Une citation de :Jessica Assaf, porte-parole de Lafarge

Avec le début de la pandémie, les intrusions de groupes adolescents ont augmenté sur le site, explique la porte-parole. On croit qu'avec une école construite à côté, ça va augmenter cette réalité-là encore davantage.

Carrière de la compagnie Lafarge dans Montréal-Est, à la limite d'Anjou.

Carrière de la compagnie Lafarge dans Montréal-Est, à la limite d'Anjou.

Photo : Lafarge

Lafarge se dit aussi préoccupée pour les conditions d'études des jeunes en raison du bruit généré par les déchargements de camions en plein milieu des heures de cours.

Le gouvernement assume le choix de l'emplacement

C'est la Société québécoise des infrastructures (SQI) qui gère le projet, mais le choix du site relève du ministère de l'Éducation et du Centre de services scolaire de la Pointe-de-l'Île.

Le Ministère affirme qu'après plusieurs études de sites, les trois partenaires demeurent convaincus que le choix du site retenu […] demeure approprié.

Ce projet est prioritaire pour le gouvernement considérant les besoins criants pour les élèves dans ce secteur.

Une citation de :Bryan St-Louis, porte-parole du ministère de l'Éducation du Québec

Québec promet que toutes les parties prenantes vont collaborer à déterminer des mesures de mitigation afin de garantir hors de tout doute un environnement sain et sécuritaire pour les occupants de la future école.

Plan rapproché de M. Miranda.

Luis Miranda, maire de l’arrondissement d’Anjou.

Photo : Radio-Canada

C'est clair que l'aménagement sera fait de manière sécuritaire, assure le maire de l'arrondissement d'Anjou, Luis Miranda. Par exemple, les rues qui mèneront à l'école ne devront pas déboucher sur le site industriel.

Ce sera un chemin qui sera complètement clôturé, et la carrière doit se clôturer elle aussi, parce qu'actuellement elle ne l'est pas, rappelle le maire.

Le terrain de soccer est là depuis plus de 10 ans. C'est une zone tout à fait sécuritaire.

Une citation de :Luis Miranda, maire d'Anjou

La compagnie Lafarge anticipe déjà devoir investir dans des caméras de surveillance et l'ajout de gardiens de sécurité.

Pas de place ailleurs, selon les pouvoirs publics

Il s'agit d'un des rares sites vacants dans le secteur et le seul pouvant accueillir la construction d’une école de cette envergure, précise le ministère de l'Éducation.

Anjou est construit à 100 % au niveau résidentiel. Trouver un espace qui pourrait recevoir [une école], c'est difficile, explique le maire Miranda.

C'est le problème de Montréal. On n'a pas de terrains.

Une citation de :Luis Miranda, maire d'Anjou

Si je ne prends pas ce terrain-là pour faire une école secondaire, je vais être obligé de prendre un parc, regrette le maire.

Il se demande, avec ironie, en référence au dossier du prolongement de la ligne bleue du métro, s'il ne faudra pas exproprier les Galeries d'Anjou, la prochaine fois, pour construire une école.

Les représentants du Centre de services scolaire de la Pointe-de-l'Île se disent très conscients de l'enjeu majeur quant à la disponibilité de terrains à Saint-Léonard ou à Anjou pouvant accueillir une école secondaire de plus de 1500 élèves.

En 2017, la direction de la Commission scolaire de Montréal a été pour le moins étonnée de recevoir une liste de terrains de la Ville de Montréal situés dans des zones industrielles, ferroviaires ou carrément impossibles à aménager pour y construire ses futures écoles.

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