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Les Palestiniens entre tristesse et soulagement

Un fils embrasse sa mère sur un tas de débris.

Un fils embrasse sa mère devant leur maison détruite à Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza.

Photo : Reuters / MOHAMMED SALEM

Radio-Canada

La trêve conjuguait tristesse et soulagement, vendredi, dans la bande de Gaza, où les Palestiniens ont pu sortir dans les rues.

C’était jour de funérailles, vendredi à Gaza, tandis que les autorités continuent de fouiller les décombres afin de retrouver les corps de disparus.

Les violences des 11 derniers jours ont fait au moins 248 morts chez les Palestiniens, dont 66 enfants et des combattants, et 12 chez les Israéliens.

En entrevue à ICI RDI, le journaliste et résident de Gaza Rami Abujamus a dit constater le respect de la trêve des deux côtés de la frontière.

Il a témoigné d'un mélange perceptible de tristesse et de soulagement dans l'enclave palestinienne. On sent très bien la joie, surtout chez les enfants qui voulaient sortir, aller à la plage, aller à la mer, a-t-il raconté.

Les commerces ont également rouvert après 11 jours de bombardements. Il n'y avait même pas une heure de cessez-le-feu pour que les gens puissent sortir se ravitailler, ajoute le résident de Gaza.

Le corridor d’aide de l’ONU n’a été ouvert que quelques heures, essentiellement pour acheminer ce qui avait été bloqué au port. Les Gazaouis dont les maisons ont été détruites sont toujours dans l'attente, relate le journaliste palestinien.

Des dépouilles dans des linceuls à Gaza.

Les funérailles de Palestiniens dans la bande de Gaza

Photo : Reuters / IBRAHEEM ABU MUSTAFA

La population de la bande de Gaza ne perçoit d'ailleurs pas l’arrêt des hostilités comme une trêve, mais plutôt comme un cessez-le-feu. Le conflit pourrait se rallumer n’importe quand.

Le Hamas fait partie de la population. Ce qui s’est passé, ce n’est pas "le Hamas" ou "pas le Hamas". Ce qui s’est passé, c’est que les Israéliens ont touché une ligne rouge, la ville de Jérusalem. La deuxième Intifada avait aussi éclaté à cause de Jérusalem, a rappelé le journaliste.

Selon Rami Abujamus, c’est pour cette raison qu’il y a eu une mobilisation palestinienne à Jérusalem, en Cisjordanie ainsi qu'en Jordanie et au Liban, où l'on trouve de larges contingents de réfugiés palestiniens.

Rappelons que les hostilités ont débuté le 10 mai par des salves de roquettes du Hamas vers Israël en solidarité avec les centaines de Palestiniens blessés lors d'affrontements avec la police israélienne sur l'esplanade des Mosquées de Jérusalem, troisième lieu saint de l'islam et site le plus sacré du judaïsme.

Une foule en prière près d'un dôme doré.

Des Palestiniens sont réunis pour la dernière prière du ramadan, près de la mosquée Al-Aqsa, le 7 mai 2021.

Photo : afp via getty images / Ahmad Gharabli

Après ces premiers tirs de roquettes, Israël a lancé une opération visant à réduire les capacités militaires du Hamas en multipliant les frappes aériennes à Gaza, microterritoire de deux millions d'habitants sous blocus israélien depuis presque 15 ans.

De leur côté, le Hamas et le Djihad islamique ont lancé plus de 4300 roquettes vers Israël, des tirs d'une intensité inégalée contre l'État hébreu qui dispose d'un bouclier antimissile ayant permis d'intercepter 90 % de ces projectiles.

C'est à la faveur d'une médiation égyptienne qu'Israël et le Hamas ont approuvé jeudi soir le cessez-le-feu, entré en vigueur vendredi.

Le Hamas fait souffrir les deux camps, estime un organisme

Le chef de la direction du Centre consultatif des relations juives et israéliennes, Shimon Koffler Fogel, a soutenu que son organisation, basée à Montréal, était soulagée que les tirs de missiles du Hamas aient cessé et que le risque que d'autres personnes soient tuées ait été fortement réduit.

Ce cessez-le-feu est une étape importante et toute mesure qui permet de réduire les affrontements violents doit être saluée, a-t-il reconnu dans un communiqué. Mais la situation demeure instable. Si elles désirent maintenir le calme, toutes les parties impliquées devront prouver leur bonne foi par des actions responsables et réfléchies.

M. Fogel a affirmé que le Canada devrait s'engager et encourager les Palestiniens à réaliser que le soutien du Hamas entraîne de la souffrance dans les deux camps.

Comme tous les pays qui ont la paix à coeur, le Canada peut apporter son soutien et jouer un rôle d'intermédiaire, mais seules les deux parties impliquées peuvent réellement faire progresser les choses.

L'organisation juive indépendante de défense des droits de la personne B'nai Brith Canada a pour sa part dénoncé la montée d'actes antisémites depuis le début du conflit.

Avec les informations de Agence France-Presse, et La Presse canadienne

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