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L’Institut franco-ontarien quitte la Laurentienne pour l’Université de Sudbury

Serge Miville range des livres.

L'Institut franco-ontarien s'établit à l'Université de Sudbury.

Photo : Radio-Canada

L’Institut franco-ontarien claque la porte de l’Université Laurentienne pour s’établir à l’Université de Sudbury. Le centre de recherche estime qu'il était devenu « impossible » d'accomplir sa mission à la Laurentienne.

C’est clair que de quitter après 45 ans [l’Université Laurentienne] c’est un choc, mais en même temps on regarde l’avenir avec beaucoup d’optimisme, soutient Serge Miville, directeur de l’Institut franco-ontarien.

Selon lui, l’Institut franco-ontarien ne pouvait plus documenter ni diffuser des connaissances sur l’Ontario français au sein de l’Université Laurentienne.

Le déménagement du centre de recherche survient quelques semaines après que l’Université Laurentienne ait coupé près de la moitié de ses programmes en français.

M. Miville affirme que l’Université Laurentienne a démontré avec ses compressions et son orientation qu’elle voulait davantage devenir une université de langue anglaise.

Ce qui est tout à fait correct! Nous nous sommes ralliés au projet d’Université de Sudbury en français parce que ça colle davantage à nos valeurs et à notre mandat, poursuit le professeur d’histoire récemment licencié par l’Université Laurentienne.

L’Université de Sudbury a annoncé en mars sa volonté de devenir une université par et pour les francophones.

La Revue du Nouvel Ontario de 1978 sur une table.

L'Institut franco-ontarien, créé en 1976, publie plusieurs de ses recherches dans la Revue du Nouvel Ontario. La première publication date de 1978.

Photo : Radio-Canada

Le transfert de l'Institut à l’Université de Sudbury est applaudi par Donald Dennie, membre fondateur de l’Institut franco-ontarien.

Je crois que l’Institut franco-ontarien n’avait pas beaucoup d'autres choix que de déménager pour être fidèle à sa mission originale, explique-t-il.

M. Dennie estime que l’Université Laurentienne a démontré qu’elle ne s’intéressait plus vraiment aux Franco-Ontariens en éliminant autant de programmes en français.

« L’institut franco-ontarien a toujours dit qu’il était à l’Université Laurentienne mais il n'appartient pas à l’Université Laurentienne. »

— Une citation de  Donald Dennie, membre fondateur de l'Institut franco-ontarien

L’ancien professeur de sociologie rappelle aussi qu'il y a souvent eu des relations compliquées entre l’Institut franco-ontarien et les différentes administrations de l’Université Laurentienne.

Les relations étaient tendues surtout les dix premières années après la création de l’Institut. On se questionnait à savoir si on pouvait avoir un local, si l’Université Laurentienne pouvait nous donner des fonds pour fonctionner, ajoute M. Dennie.

Un retour aux sources

Pierre Riopel, président du Conseil des régents de l’Université de Sudbury, qualifie de retour aux sources l’arrivée de l’Institut franco-ontarien entre ses murs.

C’est normal qu’un établissement comme l’Institut franco-ontarien, qui a des racines profondes dans le milieu universitaire, se retrouve à l’Université de Sudbury qui a également des racines profondes dans notre communauté, explique M. Riopel.

« Tout est à faire, à créer. On sent un élan positif de toute la communauté [pour le projet francophone de l’Université de Sudbury]. »

— Une citation de  Serge Miville, directeur de l’Institut franco-ontarien

Ce déménagement est surtout un signe d’encouragement de la part de l’Institut franco-ontarien pour le projet d’université francophone de l’Université de Sudbury, selon M. Riopel.

Pas d’inquiétude pour l’avenir

En coupant ses liens avec l’Université Laurentienne, l’Institut ne percevra plus de financement. L'Université détient encore 15 000 $ de fonds de recherche de l'Institut franco-ontarien, selon Serge Miville.

Plusieurs chercheurs de l’Institut franco-ontarien ont également perdu leur poste de professeur à l’Université Laurentienne.

Des faits qui n’inquiètent pas M. Miville. Selon lui, l’Institut peut compter sur son indépendance et sur des partenariats avec d’autres institutions pour trouver des fonds.

Serge Miville parle au micro.

Serge Miville dirige l'Institut franco-ontarien.

Photo : Radio-Canada

Plusieurs d’entre nous ont été licenciés, mais on est en train de réaliser un des plus grands projets qu’on a fait qui est l’Université libre du Nouvel Ontario en partenariat avec des gens de partout au pays, rappelle le directeur de l’Institut franco-ontarien.

On va travailler en partenariat avec des individus de la "Laurentian" une fois que tout ça sera établi, ajoute-t-il.

« L’Institut franco-ontarien est trop important pour qu’il disparaisse. »

— Une citation de  Pierre Riopel, président du Conseil des régents de l’Université de Sudbury

Du côté de l’Université de Sudbury, octroyer des fonds à l’Institut franco-ontarien n’est pas encore possible.

C’est difficile à dire parce que c’est hypothétique et on ne sait pas ce qu’il va arriver dans l’avenir, explique Pierre Riopel.

L’Université de Sudbury a perdu ses liens avec l'Université Laurentienne dont elle dépendait financièrement.

L'établissement a par la suite licencié ses professeurs et annulé ses futures sessions universitaires.

Le projet d'une université francophone à Sudbury n'a pas encore reçu de promesse de financement par les gouvernements.

Au moment d'écrire ces lignes, l'Université Laurentienne n'a pas répondu aux questions de Radio-Canada sur le départ de l'Institut franco-ontarien.

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