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Accès aux CPE : Le gouvernement Legault a « échoué  », selon Pauline Marois

L'ex-première ministre, à l'origine du réseau de la petite enfance au Québec, a eu des mots durs contre l'actuel ministre de la Famille.

La femme en entrevue dans un salon.

Pauline Marois a toujours un « rêve » : elle souhaite que les CPE deviennent des « lieux de chute des services offerts par des CLSC ».

Photo : Production La quête

Pauline Marois n'est pas passée par quatre chemins pour livrer sa pensée. Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a « échoué », a-t-elle indiqué durant une entrevue accordée au mouvement Ma Place au travail.

L'ex-première ministre du Québec était l'invitée jeudi de cette organisation regroupant des centaines de parents frustrés par le manque de places dans les centres de la petite enfance (CPE). Elle a raconté le parcours qui a mené à la création, dès 1997, d'un réseau subventionné salué dans tout le pays.

Dans cette vidéo, dont Radio-Canada a obtenu copie, Pauline Marois a confié avoir parlé il y a quelque temps avec Mathieu Lacombe. Il est très sensible au fait qu'il y a des besoins, a-t-elle avoué, tout en lançant une pique au député de Papineau.

Ce n’est pas en développant 3000 places par année ou 2500 que ça va marcher.

Une citation de :Pauline Marois, ex-première ministre du Québec

Durant la dernière campagne électorale, le futur premier ministre François Legault avait promis de libérer50 000 places dans les services de garde, par le biais notamment de la maternelle 4 ans. Il s'agissait d'un de ses engagements phares.

Or, la liste d'attente des personnes souhaitant intégrer un tel établissement a augmenté. Désormais, plus de 51 000 enfants attendent une place, sans compter près de 24 000 autres demandes visant des jeunes déjà inscrits dans un service de garde, privé non subventionné par exemple, au coût quotidien bien plus élevé qu'un CPE (8,50 $ contre parfois plus de 50 $).

Mathieu Lacombe s'adresse aux journalistes.

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a déjà promis d'alléger le processus administratif pour ouvrir des CPE.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Débureaucratisons le système, dit Marois

Aux yeux de Pauline Marois, il faut assouplir les règles. Débureaucratisons le système, a-t-elle dit, en faisant référence aux nombreuses exigences et embûches impossibles pour créer des CPE.

Allégeons le chemin à suivre pour atteindre l'objectif, quitte à ce que ce ne soit pas parfait.

Une citation de :Pauline Marois, ex-première ministre

C'est sûr, on veut que nos enfants soient en sécurité, a-t-elle ajouté. On veut que la hauteur des bancs soit la bonne, que la porte barre bien. On a raison. Mais, à un moment donné, ça fait un cahier de charges épais comme ça [elle mime avec ses mains].

Un plan sur ce sujet a cependant déjà été présenté par le ministre Lacombe. Ce dernier avait alors confié que le développement des CPE  ne fonctionne plus .

Il a également donné son feu vert récemment à l'ouverture de locaux temporaires. Une idée pas bête, a soutenu Pauline Marois, avant de proposer une autre mesure.

Pourquoi ne pas demander à des CPE bien implantés, en les payant pour le faire, de devenir des conseillers pour aider des familles à démarrer [des CPE]? a-t-elle suggéré.

Pauline Marois parle dans un micro et François Legault l'écoute derrière elle.

Pauline Marois et François Legault ont fait partie, ensemble, du gouvernement péquiste de Lucien Bouchard.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Défendant avec force cette extraordinaire politique [...] dont je suis la plus fière après 30 ans de vie politique, Pauline Marois a mis de l'avant le gain extraordinaire qu'apportent les CPE.

C'est sûr que ça coûte cher, a-t-elle admis, mais on a fait reculer la pauvreté chez les familles. On a accru notre richesse économique collective.

Une entente sur l'essentiel, répond le ministre Lacombe

Appelée à réagir à ces propos, l'équipe du ministre Mathieu Lacombe a reconnu des échanges sur ce sujet. [Ils] se sont entendus sur l'essentiel, affirme Dominic Vallières, directeur des communications du ministre. Selon ce dernier, 15 000 [places] sont actuellement en réalisation ou sur le point de l'être. Nous sommes le premier gouvernement à se donner un objectif aussi ambitieux. Annoncer l'échec de l'opération alors que le chirurgien enfile ses gants nous semble exagéré, ajoute-t-il.

Un rêve à accomplir

Durant son intervention, l'ex-cheffe du Parti québécois a aussi évoqué son rêve : transformer les CPE en lieux de chute des services offerts par des CLSC, par exemple.

Les services de garde pourraient proposer, quelques jours par semaine ou par mois, une consultation avec une travailleuse sociale, un psychologue ou une infirmière en santé communautaire, a-t-elle développé.

Les enfants pourraient aussi se faire vacciner dans les CPE, a-t-elle avancé.

Ce rêve, il est encore possible de le réaliser, à condition que les CPE deviennent une réalité accessible partout au Québec.

Il n’est pas trop tard pour bien faire, a souligné Pauline Marois, qui aimerait aussi transformer progressivement des garderies commerciales à but lucratif en CPE. Un dernier vœu en cours de réalisation, puisque Québec a annoncé l'automne passé sa volonté de convertir 3500 places existantes, dans le réseau privé, en places subventionnées.

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