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Analyse

Les ecchymoses de la 3e vague et la réouverture en Ontario

L’indignation populaire contre la gestion pandémique de Doug Ford semble guider sa décision de garder les écoles fermées.

Doug Ford passe sa main sur ses cheveux et porte un masque.

Doug Ford a annoncé un plan de déconfinement en trois étapes lors d'un point de presse à Queen's Park, le 20 mai dernier.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Les annonces du gouvernement Ford provoquent souvent, et particulièrement depuis quelques mois, des levées de boucliers au sein de la communauté médicale en Ontario. Depuis la présentation de son plan de réouverture jeudi, il reçoit plutôt des éloges, même de la part de ses critiques les plus virulents.

Le populiste Doug Ford a visiblement été profondément ébranlé par sa chute libre dans les sondages, et surtout par l’indignation de la population contre sa gestion de la troisième vague. Si bien qu’il a décidé de céder le siège du conducteur à ses experts en santé publique.

Le plan de réouverture de l’Ontario est prudent et aligné sur la science. Une liste d’épicerie de ce que réclamaient la plupart des épidémiologistes. Les commerçants devront encore patienter pour que les confinements en yo-yo soient chose du passé.

Doug Ford a souvent ignoré les scientifiques. Cette fois, il leur donne carrément les rênes de la gestion pandémique. C’est ce qui semble expliquer son refus catégorique de trancher sur les écoles, qui demeurent fermées jusqu’à nouvel ordre, même dans les régions peu touchées par le virus.

La raison donnée? Ses experts calculent qu’une ouverture des écoles entraînerait une hausse de 6 à 11 % des cas de COVID-19. On ne peut pas se permettre une hausse de 11 % , a dit Doug Ford. En d’autres mots, il vaut mieux garder le couvercle fermé que de repousser davantage la relance de l’économie.

Doug Ford blâme aussi les syndicats d'enseignants, qui exigent le maintien des cours en ligne, et l’absence de consensus scientifique quant à savoir où et à quel moment les écoles pourront ouvrir de manière sécuritaire.

Il est vrai que les experts sont divisés sur la question. L’Association pédiatrique du Canada et l’Hôpital SickKids réclament une réouverture immédiate des écoles, sauf dans les zones chaudes, parce que les enfants ont énormément souffert au cours de la pandémie . Des membres du groupe scientifique qui conseille la province rétorquent (Nouvelle fenêtre) que la situation sanitaire ne le permet pas.

Cependant, les Ontariens n’ont ni élu ces experts ni élu les syndicats. Au Québec, François Legault a toujours été clair : sa priorité était de garder les écoles ouvertes. En Ontario, Doug Ford a tenu le même discours, mais a fait d’autres choix.

Le premier ministre ontarien a opté pour un semblant de retour à la vie normale trop tôt en mars et les écoliers en ont payé le prix. Il a choisi tardivement de vacciner les enseignants en priorité. La situation sanitaire est différente qu’au Québec, certes, mais le spectre de la débâcle d’avril a dû peser lourd dans la balance, jeudi.

Des groupes de personnes assis dans des cercles de distanciation au parc Trinity Bellwoods.

Des Torontois profitaient déjà du beau temps début mai au parc Trinity Bellwoods.

Photo : La Presse canadienne / Cole Burston

En même temps, comment aurait réagi la population si Doug Ford leur avait dit que les terrasses et les commerces ouvriraient encore plus tard dans le seul but de prioriser l’ouverture des écoles?

Avec l'arrivée du beau temps, les Ontariens sont déjà nombreux à ignorer l'ordre de rester chez soi, qui doit être levé le 2 juin. Dans les parcs de Toronto, les gens se rassemblent depuis plusieurs fins de semaine. Les sports extérieurs ont pu officiellement reprendre samedi, mais les terrains de basketball étaient déjà pleins depuis un bon moment. Les gens sautaient par-dessus les clôtures pour jouer au tennis.

La population ne se gêne pas pour ignorer les mesures sanitaires qu’elle juge inutiles et sait que la vaccination va bien. Elle réclamait une lumière au bout du tunnel et l’a obtenue. Les écoles sont un dommage collatéral.

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