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Analyse

Le fédéral peut-il refuser de financer un projet qui reçoit l'appui de la population?

Une capture d'écran de la vidéo de présentation.

Le tunnel doit être connecté à l'autoroute Dufferin-Montmorency en passant par le cap.

Photo :  Gouvernement du Québec

Le projet de Réseau express de la Capitale (REC) ne semble pas séduire Ottawa. Pas de projet concret et pas de programme pour le financer, deux arguments déjà entendus dans le dossier du Centre Vidéotron.

Depuis l'annonce du REC, le gouvernement fédéral se fait tirer l'oreille pour prendre position sur le projet. Le premier ministre François Legault a répété lundi qu'il s'attend à un financement substantiel.

Pour l'instant, Ottawa refuse les demandes d'entrevues sur le sujet. Par voie de communiqué, le président du Conseil du Trésor et député de Québec, Jean-Yves Duclos, souligne qu'aucun projet officiel n’a encore été présenté au gouvernement fédéral pour analyse.

Un argument entendu il y a 10 ans dans un autre grand projet pour la région, celui de l'amphithéâtre. À l'époque, c'est la ministre conservatrice responsable de la région de Québec, Josée Verner, qui demande au maire d'avoir un plan d'affaires détaillé avant d'accorder un financement.

L'ancienne ministre responsable de la région de Québec Josée Verner.

L'ancienne ministre responsable de la région de Québec Josée Verner (archives)

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Ottawa exige une participation du secteur privé. Le maire de Québec veut que son projet de 400 millions de dollars soit financé à 100 % par des fonds publics.

À Québec, le gouvernement de Jean Charest se laisse facilement convaincre. Ottawa n'affiche pas la même spontanéité.

Programme fédéral

Ces jours-ci, à Ottawa, on rappelle à qui veut l'entendre qu'il n'existe pas de programme fédéral pour subventionner la construction de routes ou de tunnels. Le gouvernement a orienté les programmes pour favoriser les projets de transport en collectif.

Un autre argument entendu dans le dossier de l'amphithéâtre. Sous le règne de Stephen Harper, il n'y a pas de programme non plus pour financer une infrastructure destinée à accueillir une équipe de la Ligue nationale de hockey.

Une allée qui mène au Centre Vidéotron, à Québec.

Le Centre Vidéotron, à Québec

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Le maire Labeaume a beau soutenir que l'infrastructure va d'abord permettre de remplacer un équipement désuet, le Colisée Pepsi arrivant à la fin de sa vie utile, rien n'y fait.

L'arrivée d'un partenaire privé pour la gestion de l'amphithéâtre n'y change rien. Pour Ottawa, ce n'est pas suffisant.

Pression populaire

Depuis la conférence de presse du REC, les appuis au projet de tunnel sont essentiellement venus des milieux économiques et politiques. Le maire de Lévis promet de talonner le gouvernement Trudeau. Il lui rappelle que les électeurs de la région ont élu des députés de la CAQ sur cet enjeu précis.

L'appui populaire ne semble pas toujours suffire. En 2010, des dizaines de milliers de personnes se réunissent sur les plaines d'Abraham pour la marche bleue. L'objectif est de convaincre les décideurs qu'il faut un nouvel amphithéâtre. Des députés conservateurs de la région y participent.

La Marche bleue, en octobre 2010.

Des dizaines de milliers de personnes ont pris part à la Marche bleue en octobre 2010 (archives).

Photo : Radio-Canada / Marie-Josée Vachon

Ottawa ne donnera aucun sou pour le projet, même si les députés conservateurs de la région ont parfois laissé miroiter le contraire.

Au final, le gouvernement du Québec a payé la moitié de la facture, la Ville 187 millions de dollars et le groupe J'ai ma place, 17 millions de dollars.

Présentation

Toujours par courriel, le ministre Duclos affirme : nous avons hâte de recevoir une proposition officielle du gouvernement du Québec.

Le gouvernement du Québec s'engage à le faire le plus rapidement possible. Selon nos informations, c'est une question de quelques semaines avant qu'une présentation ne soit faite en bonne et due forme.

L'objectif est clair : forcer le Parti libéral de Justin Trudeau à prendre position advenant une campagne électorale quelque part à la fin de l'été.

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