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Rouvrir ou maintenir fermées les écoles en Ontario : entre espoir et incertitudes

Une salle de classe avec des bureaux séparés par une bonne distance.

Jusqu'au 2 juin, au moins, les salles de classe de l'Ontario resteront vides (archives).

Photo : Radio-Canada / Thalia D'aragon-Giguère

Radio-Canada

En Ontario, la décision du gouvernement de Doug Ford de ne pas s’engager à rouvrir les écoles continue de faire réagir parents, élèves, enseignants et experts. Pour l’instant, elles demeurent fermées jusqu’au 2 juin, mais l'espoir de terminer l'année scolaire en présentiel est toujours là pour certains.

La mère de famille et enseignante Sophie Cathelineau est extrêmement en colère. Et son sentiment est partagé par beaucoup de parents à qui elle a parlé, dit-elle. On arrive à un point où c’est insupportable. Avec le yo-yo constant, la confiance envers le gouvernement est perdue.

Sophie Cathelineau, portant un chandail gris, en entrevue à Radio-Canada dans la rue.

La mère de famille et enseignante Sophie Cathelineau dit être «tannée» des remerciements de Doug Ford. Elle souhaite des actions de son premier ministre.

Photo : Radio-Canada

Pour elle, la hausse des problèmes de santé mentale chez les jeunes enfants fait en sorte qu’il est essentiel de ne pas finir l’année scolaire à la maison. Elle rappelle que ce mode d’enseignement devait être une solution de secours, pas une solution permanente.

Les enseignants, nous sommes fatigués. Il y a des tensions dans les équipes. Les enfants arrivent à bout de ce qu’ils peuvent fournir comme effort.

Une citation de :Sophie Cathelineau, mère de deux enfants et enseignante

Des professionnels de santé appuient une réouverture

Dans les heures qui ont suivi la conférence de presse de Doug Ford, jeudi, un groupe d’organismes et d’associations ont signé ensemble une lettre ouverte demandant que les élèves ontariens puissent retourner sur les bancs d’école.

Parmi les signataires, on note le Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO), l'Alliance des pédiatres de l'Ontario et le Réseau des pédiatres communautaires d'Ottawa.

Un des membres de ce réseau, Andrzej Rochowski reconnaît que la décision n'est pas facile à prendre.

Dans un dossier comme celui de l'ouverture des écoles, qui est un dossier très complexe, dans une situation très complexe [...] où il y a beaucoup d'éléments qui doivent être pris en compte, il y a toujours des opinions divergentes, reconnaît-il.

Mais pointant du doigt les problèmes de santé mentale des élèves et le décrochage scolaire qui serait, selon lui, amplifié par la fermeture des écoles, il demande au gouvernement d'écouter les experts et de permettre un retour en classe.

Je trouve surprenant que le premier ministre n'ait pas pris de décision. Les professionnels de la santé pédiatriques et ses propres experts lui disent que les conditions sont là pour le faire.

Procéder par région

Le Dr Santiago Perez, spécialiste des maladies infectieuses à l’Hôpital général de Kingston, milite lui aussi depuis un bon moment pour la cause.

Père d’une fille de 12 ans, il souhaite le retour en présentiel. Je comprends que de rouvrir dans une zone chaude pourrait entraîner une importante charge de travail à la santé publique, qu'il est important de suivre les cas s’il y a des éclosions, etc.

Cependant, il ne comprend pas en quoi cela causerait un problème dans les zones éloignées de Toronto où le virus ne circule pas abondamment.

Lors de sa conférence de presse, Doug Ford a répété que, si les écoles rouvrent leurs portes, cela entraînera une hausse de 11 % des nouvelles infections de COVID-19, selon des experts consultés. Le Dr Perez est sceptique.

Je ne sais pas d’où il sort ces données, mais ici, à KLF&A, cela signifierait une hausse de 0,7 cas par jour. Ce n’est pas un argument pour garder les écoles fermées, a-t-il illustré au micro de l’émission Sur le vif.

Un homme arborant un pull noir sourit en direction de l'appareil photo.

Le Dr Santiago Perez souhaite que les écoles puissent accueillir de nouveau les élèves pour la fin de l'année scolaire (archives).

Photo :  Santiago Perez Patrigeon

Il a aussi avoué, du même souffle, avoir été choqué par les propos de Doug Ford sur le fait qu’il n’y avait pas de consensus scientifique quant à la réouverture des écoles, alors que le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario, le Dr David Williams, lui a conseillé de les rouvrir.

Quant à Sophie Cathelineau, elle est persuadée que cette augmentation potentielle est gérable.

Elle aurait aussi aimé que tout soit mis en place pour permettre cette réouverture. Si les jeunes avaient été une priorité, on aurait fait en sorte que les enseignants soient vaccinés, mais nous avons été ajoutés en dernier sur la liste. C’est assez révélateur des priorités de notre gouvernement, a-t-elle pesté.

De son côté, le directeur général de l'Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC), Yves Lévesque, aurait aimé que la province dévoile clairement ce qu’elle envisage de faire. Il souhaite que tout le monde soit fixé rapidement, et ce, peu importe la décision finale.

Nous avons besoin de savoir quelle est la direction [que compte prendre le gouvernement] pour nous permettre de planifier, ce qui réduirait le stress et l’anxiété des enseignants, des parents et des élèves.

Yves Lévesque, directeur général de l’AFOCSC, en entrevue avec Radio-Canada par vidéoconférence.

Selon Yves Lévesque, la clarté amène la stabilité, ce qui diminue l'anxiété (archives).

Photo : Radio-Canada

D’ici là, l’AFOCSC, qui a des écoles aux quatre coins de l’Ontario, continue de se préparer à toute éventualité pour la conclusion de la présente année scolaire et pour la planification de la prochaine rentrée.

Yves Lévesque se range derrière le Dr Perez pour préconiser une approche régionale, afin de permettre à certaines communautés de revenir en classe.

Avec les informations de Nafi Alibert, de Jérémie Bergeron et d'Emmanuelle Poisson

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