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Un projet de loi sur l'ajout d'un cours contre le racisme est battu à Queen's Park

Une bannière lors d'une manifestation du mouvement Les Vies noires comptent.

Le projet de loi a été inspiré par le mouvement Black Lives Matter et par des pétitions.

Photo : CBC/Kate Rutherford

Le projet de loi privé de la députée libérale Lucille Collard, pour mettre en place la Loi de 2021 sur l'éducation en équité pour les jeunes de l'Ontario, a été défait en 2e lecture à Queen’s Park, par un vote de 15 pour et 38 contre.

La députée souhaite que tous les élèves ontariens reçoivent des enseignements sur l’histoire de la colonisation, les droits de la personne et les inégalités raciales.

Mme Collard demande également la production de rapports sur les inégalités systémiques au sein du système d'éducation pour favoriser la réussite de tous les élèves.

C'est une grande déception de ne pas avoir reçu l’appui du gouvernement alors qu’il y avait un grand appui de la communauté, affirme Mme Collard.

Ce n’était pas quelque chose de déraisonnable que l’on demandait et ça avait le potentiel tout simplement d’améliorer l’expérience éducative des jeunes.

Une citation de :Lucille Collard, députée libérale provinciale d'Ottawa—Vanier

Mme Collard affirme qu'en ce moment, les conseils scolaires ont beaucoup de latitude en ce qui a trait à l'enseignement du racisme et de ses effets.

Une photo de Lucille Collard.

La députée libérale d'Ottawa-Vanier, Lucille Collard.

Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia Tremblay

Elle note que certains conseils scolaires sont exemplaires et offrent déjà des cours sur la discrimination, mais que des normes provinciales sont nécessaires.

Lors des débats mercredi soir, le gouvernement a affirmé en faire déjà assez pour lutter contre le racisme dans le système d’éducation, selon Mme Collard.

[Les députés au pouvoir] n’avaient même pas entendu la raison pour laquelle je présentais ce projet de loi, ils avaient déjà une réponse toute écrite.

Une citation de :Lucille Collard, députée libérale provinciale d'Ottawa—Vanier

Elle déplore que le gouvernement ne soit pas plus ouvert à l’avis des députés de l’opposition ou des experts.

Le grand chef adjoint de la Nation Nishnawbe Aski, Derek Fox, dit ne pas avoir été surpris par le résultat du vote, surtout pour un projet émanant de l’opposition.

Il affirme toutefois être déçu. Nous parlons souvent de réconciliation, d’inclusion et de faire des changements. On voit le racisme pas seulement dans notre pays, mais aussi ailleurs.

Derek Fox dans un corridor.

Le chef adjoint de la Nation Nishnawbe Aski, Derek Fox.

Photo : Facebook / Niminoman Challenge

Il est convaincu que la sensibilisation au racisme et à la discrimination doit se faire à un jeune âge. Le racisme commence par des discussions autour de la table, dans les familles.

Si tu mets en contact deux jeunes enfants, ils seront amicaux l’un envers l'autre, peu importe leur couleur de peau.

Une citation de :Derek Fox, grand chef adjoint de la Nation Nishnawbe Aski

Je crois que le projet de loi aurait permis de rejoindre les jeunes, cela aurait commencé des discussions parfois difficiles sur les inégalités. La réconciliation et les changements que nous souhaitons n’arriveront pas tant que nous rejetons des projets de loi comme celui-ci, ajoute-t-il.

Un fort soutien populaire

La députée d’Ottawa-Vanier avait présenté son projet de loi le 4 mai.

Lucille Collard avait été inspirée par une pétition lancée par Parnika Raj, étudiante à l’Université Ryerson, qui avait recueilli plus de 25 000 signatures en moins d’une semaine en juin 2020.

En date du 20 mai 2021, plus de 66 500 personnes ont signé la pétition adressée au ministre de l’Éducation de l’Ontario, Stephen Lecce.

Le résultat a été une nouvelle vraiment désagréable , a confié Mme Raj au lendemain du vote.

Entendre le gouvernement affirmer en faire assez et énumérer les choses qu’ils ont faites, certaines étant fausses ou abandonnées prématurément, c’est insultant.

Une citation de :Parnika Raj

J'ai le sentiment que leurs solutions sont des solutions superficielles à court terme pour des problèmes beaucoup plus grands, a ajouté Parnika Raj.

Elle ne baisse pas les bras pour autant et indique qu'elle retournera à la table à dessin et compte discuter avec Mme Collard.

Mme Raj souligne l'initiative du Conseil scolaire public anglais de Toronto qui offrira un cours sur le racisme à partir de l’automne, un bon cours selon elle. Elle espère que cela inspirera d'autres conseils scolaires.

De son côté, M. Fox croit par ailleurs que les conseils scolaires peuvent tracer la voie. Le rejet du projet de loi ne veut pas dire que les écoles ne peuvent pas offrir des cours qui parlent de racisme, indique-t-il.

M. Fox admet que ce ne sont pas tous les enseignants qui peuvent se sentir à l’aise de mener ce genre de discussion, même s’il croit que cela fait partie de leurs responsabilités.

Le gouvernement se défend

Caitlin Clark, l'attachée de presse du ministre Lecce, a déclaré par écrit que le gouvernement s'est engagé à éliminer les obstacles qui entravent la réussite des élèves, en particulier les jeunes racialisés, autochtones et sous-représentés de la province de l'Ontario.

L'ancien gouvernement libéral a eu 15 ans pour faire progresser l'équité en matière d'éducation et n'a pas agi, alors que nous avons pris des mesures décisives dès le premier jour […] y compris l'abandon du programme de mathématiques de 9e année qui était discriminatoire de façon disproportionnée envers les enfants racialisés.

Une citation de :Caitlin Clark, l'attachée de presse du ministre ontarien de l'Éducation

Nous avons exigé que tout le personnel de l'éducation, les conseillères et conseillers scolaires et les cadres supérieurs des conseils scolaires reçoivent une formation sur les droits de la personne, la lutte contre le racisme et la discrimination, ajoute Mme Clark.

Stephen Lecce en point de presse.

Le ministre ontarien de l'Éducation, Stephen Lecce

Photo : Radio-Canada

Elle rappelle aussi que le gouvernement progressiste-conservateur a abrogé le règlement 274, ouvrant ainsi la porte à l’embauche d’enseignants sans prendre en compte leur ancienneté.

L’attachée de presse du ministre de l’Éducation indique que cela permet que les élèves se voient reflétés par leurs éducateurs en veillant à ce que l'embauche soit fondée sur l'équité, la diversité et le mérite en Ontario.

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