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Le calme revient après des heurts sur l'esplanade des Mosquées, à Jérusalem-Est

Des policiers armées et des civils courent dans tous les sens devant une immense mosquée.

Des affrontements ont éclaté sur l'esplanade des Mosquées, à Jérusalem-Est, après la grande prière musulmane du vendredi à laquelle ont participé des Palestiniens.

Photo : afp via getty images / AHMAD GHARABLI

Agence France-Presse

Les armes se sont tues à Gaza et en Israël quelques heures après l'entrée en vigueur vendredi d'un cessez-le-feu qui a mis fin à 11 jours d'un conflit sanglant entre l'armée israélienne et des groupes palestiniens, dont le mouvement islamiste Hamas, le quatrième depuis 2008.

Mais preuve d'une situation toujours très volatile, de nouveaux affrontements ont éclaté entre fidèles palestiniens et policiers israéliens sur l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam, à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé par Israël, faisant une vingtaine de blessés parmi les Palestiniens.

Un photographe de l'AFP a été battu par la police.

Des accrochages similaires il y a environ deux semaines avaient été l'élément déclencheur de la flambée de violences entre l'armée israélienne, d'un côté, et le Hamas et le Djihad islamique, de l'autre, qui ont fait 248 morts palestiniens, dont 66 enfants et des combattants, selon les autorités à Gaza, et 12 morts en Israël y compris un enfant, une adolescente et un soldat, d'après la police.

Des heurts ont également eu lieu vendredi dans plusieurs quartiers de Jérusalem-Est et au point de passage de Qalandiya entre Jérusalem et la Cisjordanie occupée, a indiqué la police, précisant que plusieurs centaines de policiers et de gardes-frontières étaient mobilisés.

Malgré la trêve, les regards restent tournés vers la Cisjordanie occupée, où les affrontements entre Palestiniens et forces israéliennes ont fait plus de 25 morts palestiniens – sont quatre adolescents – en 11 jours, pire bilan depuis des années dans le territoire.

Une foule de personnes se masse au pied d'une masquée.

Des Palestiniens ont agité des drapeaux, dont certains à l'effigie du Hamas, devant la mosquée Al-Aqsa, à Jérusalem-Est.

Photo : afp via getty images / AHMAD GHARABLI

Des centaines de Palestiniens ont d'ailleurs manifesté dans plusieurs villes après la prière du vendredi, lors de rassemblements émaillés de heurts avec les forces de l'ordre israéliennes. Des dizaines de Palestiniens ont été blessés, selon le Croissant-Rouge palestinien.

Nous avons atteint les objectifs, c'est un succès exceptionnel, a affirmé le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, en commentant l'offensive militaire israélienne contre le territoire palestinien contrôlé par le Hamas depuis 2007 et où vivent quelque deux millions de Palestiniens.

Plus de 200 terroristes dont 25 gradés ont été tués pendant l'offensive, a affirmé M. Nétanyahou.

Le chef du bureau politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a quant à lui salué une victoire stratégique pour son mouvement : Nous avons porté un coup sévère et douloureux qui laissera des marques profondes sur l'entité israélienne.

Il a par ailleurs remercié l'Égypte, qui a agi comme médiateur, le Qatar pour son rôle politique et diplomatique, les Nations unies et enfin l'Iran, qui a fourni des financements et des armes au mouvement.

L'Iran a salué vendredi soir la victoire historique des Palestiniens. Le guide suprême iranien Ali Khamenei a salué la victoire et l'honneur accordés aux combattants palestiniens, estimant que les Israéliens ont été obligés d'accepter la défaite avec ce cessez-le-feu.

Une trêve après 11 jours

La trêve est entrée en vigueur à 2 h, heure locale, à la suite d'efforts intenses des États-Unis et de l'Égypte principalement.

À l'annonce du cessez-le-feu, des milliers de Palestiniens ont célébré dans la nuit à Gaza, de même qu'en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est.

C'est l'euphorie de la victoire, a lancé devant les manifestants Khalil al-Hayya, un ténor du Hamas dans l'enclave soumise à un blocus israélien depuis près de 15 ans.

Profitant de l'arrêt des bombardements, les habitants sont sortis inspecter les dégâts à Gaza, où de nombreuses habitations ont été dévastées et des tours aplaties par les frappes israéliennes.

Un homme assis sur les épaules d'un autre homme agite un drapeau dans les airs. Des feux d'artifice éclatent au-dessus de leurs têtes.

Des milliers de Palestiniens ont célébré dans la nuit du 20 au 21 mai à travers la bande de Gaza la fin des bombardements israéliens.

Photo : afp via getty images / ABBAS MOMANI

C'était une véritable guerre, terrifiante pendant 11 jours. Ni nous ni les enfants n'avons pu dormir à cause des bombardements. Nous sommes très heureux après ce cessez-le-feu, a dit Mohammad Abou Odeh, un Palestinien dans la bande de Gaza.

Les secouristes recherchent toujours dans les décombres des survivants après avoir retiré cinq dépouilles ainsi qu'une dizaine de survivants dans des tunnels souterrains bombardés par l'armée israélienne.

Vue aérienne d'un quartier détruit.

Le quartier de Beit Hanun, dans le nord de la bande de Gaza, a été bombardé par les forces armées israéliennes.

Photo : afp via getty images / MOHAMMED ABED

Le président américain Joe Biden a affirmé vendredi, lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche, son intention de mettre en place une aide financière majeure avec l'aide de la communauté internationale pour reconstruire Gaza mais sans donner au Hamas l'opportunité de rebâtir son système d'armement, tandis que les promesses d'aide financière, notamment de l'Égypte, affluaient.

Deux délégations égyptiennes sont arrivées en Israël et dans les Territoires palestiniens pour surveiller le respect du cessez-le-feu, ont indiqué vendredi des médias d'État égyptiens.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères a reçu un appel de son homologue israélien pour discuter des mesures nécessaires pour faciliter les opérations de reconstruction de Gaza, selon un communiqué du ministère égyptien.

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, doit se rendre au Moyen-Orient dans les prochains jours.

Le cessez-le-feu a été annoncé après une réunion jeudi soir du cabinet de sécurité israélien en présence de M. Nétanyahou, qui a accepté à l'unanimité l'initiative égyptienne de cessez-le-feu bilatéral sans condition.

Dans la foulée, le Hamas, mouvement considéré comme terroriste par l'État hébreu, l'Union européenne et les États-Unis, a affirmé que la résistance palestinienne respectera cet accord aussi longtemps qu'Israël le respectera.

« S'attaquer aux causes profondes »

Je suis très heureux du cessez-le-feu, mais cette guerre, la suivante et celle d'après sont vaines. Tant qu'il n'y aura pas de solution politique, les deux nations continueront la lutte, a déclaré Tal Nissimov, un Israélien de Tel-Aviv, touchée par des roquettes palestiniennes.

À l'étranger, Berlin a salué le cessez-le-feu, mais a estimé qu'il fallait désormais s'attaquer aux causes profondes du conflit israélo-palestinien.

La France, la Russie, la Chine et l'Union européenne ont aussi jugé nécessaire une relance du processus de paix entre Israël et l'Autorité palestinienne.

La façade d'une synagogue endommagée.

Les débris autour d'une synagogue qui a été endommagée par les tirs de roquettes depuis la bande de Gaza, dans la ville de Zikim, en Israël.

Photo : Getty Images / Amir Levy

Les négociations de paix, suspendues depuis 2014, achoppent sur de nombreux points, dont le statut de Jérusalem-Est et la colonisation israélienne des territoires palestiniens, alors que le soutien à la solution à deux États, une Palestine indépendante aux côtés d'Israël, commence à s'éroder.

Cette flambée de violences, la plus meurtrière depuis celle de 2014, a éclaté le 10 mai avec le tir par le Hamas de salves de roquettes vers Israël en solidarité avec les centaines de Palestiniens blessés lors de plusieurs jours de heurts avec la police israélienne sur l'esplanade des Mosquées. À l'origine des heurts, la menace d'expulsion de familles palestiniennes au profit de colons israéliens.

Après les tirs palestiniens, Israël a cherché à réduire les capacités militaires du Hamas. L'armée a annoncé, dans un résumé de son offensive, avoir tué 25 hauts responsables du Hamas et détruit plus de 100 km de tunnels et des dizaines d'immeubles servant, selon elle, d'infrastructures aux activités terroristes du Hamas.

D'après l'armée, le Hamas et le Djihad islamique ont lancé plus de 4300 roquettes vers Israël, une intensité inégalée. Plus de 90 % ont été interceptées par le système antimissile israélien.

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