•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Moins de suicides en 2020 malgré la pandémie : une « crise retardée » selon des experts

Un homme appuyé sur un mur dans une pièce sombre.

Selon de nouvelles données gouvernementales, 120 Néo-Écossais se sont suicidés en 2020, en baisse par rapport aux 137 signalés en 2019.

Photo : getty images/istockphoto / KatarzynaBialasiewicz

La Presse canadienne

Le nombre de suicides comptabilisés en Nouvelle-Écosse en 2020, pendant la pandémie de COVID-19, était le plus bas en six ans.

Selon de nouvelles données gouvernementales, 120 Néo-Écossais se sont suicidés en 2020, en baisse par rapport aux 137 signalés en 2019. En 2014, 113 suicides avaient été enregistrés dans la province.

La Nouvelle-Écosse n'est pas la seule province à enregistrer une baisse des suicides pendant la pandémie. L'Alberta, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique ont également signalé une diminution visible des décès par suicide en 2020.

Je faisais partie de ceux qui prédisaient que la mort par suicide augmenterait au Canada et en Nouvelle-Écosse, a reconnu un professeur de psychologie de l'Université Dalhousie, Simon Sherry, lors d'une récente entrevue, ajoutant qu'il était heureux de voir que ses craintes ne se sont pas concrétisées.

Une « crise retardée »?

Les données, a-t-il ajouté, ne racontent pas toute l'histoire.

Je ne vois pas cela comme une crise évitée. Je pense que c'est une crise retardée, a déclaré le Pr Sherry. Il y a une différence entre le report du suicide et la prévention du suicide, et je mettrais en garde les gouvernements et la population de ne pas sauter à la conclusion que nous avons traversé notre période de danger en ce qui concerne la COVID-19 et le risque de morts par suicide.

Un article publié dans la revue The Lancet en avril avait révélé que sur 21 pays étudiés, le nombre de suicides est resté en grande partie inchangé ou a diminué au cours des premiers mois de la pandémie, en comparaison avec la période prépandémie.

Selon Sean Krausert, le directeur général de l'Association canadienne pour la prévention du suicide, la récente baisse des suicides dans certaines provinces canadiennes pourrait être liée à des programmes fédéraux de soutien financier.

Le filet de sécurité financière et la hausse générale de sensibilisation à la santé mentale pendant la pandémie peuvent avoir empêché une mauvaise situation de se détériorer, a-t-il déclaré dans une récente entrevue.

Ces chiffres nous montrent que les suicides sont évitables et que nous pouvons en réduire le nombre, a déclaré M. Krausert. Cependant, cela demande de la mobilisation et des ressources.

Seana Jewer, de la division néo-écossaise de l'Association canadienne pour la santé mentale, a mentionné qu'il était probablement trop tôt pour savoir avec certitude ce qui a conduit à la baisse des taux de suicide au Canada.

Il est vraiment difficile d'établir une corrélation entre un programme particulier et la diminution des taux de suicide, a-t-elle dit dans une récente entrevue. Elle a ajouté que même avec la baisse des suicides en Nouvelle-Écosse, la province a quand même enregistré une tendance à la hausse au cours des 10 à 15 dernières années.

À l'heure actuelle, nous sommes en quelque sorte dans une petite bulle protectrice où nous obtenons du soutien supplémentaire du gouvernement. Nous sommes très conscients en ce moment de la santé mentale des gens et les lieux de travail sont plus consciencieux, a-t-elle expliqué.

Les programmes d'aide doivent se poursuivre selon un expert

Le Pr Sherry partage ce sentiment et a averti que si les programmes de soutien financier prenaient fin trop tôt et si les ressources en santé mentale étaient réduites, cela pourrait entraîner une forte augmentation du nombre de personnes qui choisissent de se suicider.

Il a ajouté que certaines des ordonnances de santé publique imposées dans le pays, telles que l'isolement et la distanciation physique, ont eu des effets négatifs sur la santé mentale des gens.

Le Pr Sherry a récemment participé à une méta-analyse – une analyse de plusieurs études scientifiques combinées – concernant le comportement suicidaire pendant la pandémie dans plusieurs pays, dont le Canada. Ses collègues et lui ont constaté que la présence d'idées suicidaires avait augmenté de près de 11 %, les tentatives de suicide de près de 5 % et l'automutilation de près de 10 % dans les pays étudiés.

Bien que les idées suicidaires ne soient pas nécessairement un indicateur fort de décès par suicide, le Pr Sherry a rappelé que les données laissent entendre que la maladie mentale est toujours un problème grave.

Si nous arrêtons de faire les choses que nous avons bien faites, comme les filets de sécurité financière et sociale, et que nous arrêtons de travailler ensemble, si nous retournons à une vie stressante et déconnectée, alors nous pourrions très bien voir la mort par suicide augmenter, a-t-il prévenu. La recherche offre maintenant un aperçu de ce qui sera une histoire plus longue et plus triste.

Cet article a été produit avec l'aide financière des Bourses Facebook et La Presse canadienne pour les nouvelles

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !