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Déconfinement culturel en Ontario : entre « douche froide » et résilience

Illustration d'un calendrier où la date du 5 juillet 2021 est encerclée en avant-plan et une photographie d'un ciné-parc en arrière-plan.

Le milieu culturel ontarien pourra potentiellement renouer avec le public à compter du 5 juillet, d'abord par le biais d'activités extérieures seulement.

Photo : Radio-Canada / Simon Blais

Marika Bellavance

Le milieu culturel ontarien devra attendre le mois de juillet avant de pouvoir penser relancer ses activités, et ce, à l’extérieur seulement, dans un premier temps.

Les spectacles en salle, devant un public assis et restreint, ne pourront être présentés avant la fin du mois de juillet au plus tôt. Et les musées ne pourront pas non plus rouvrir leurs portes au public avant cette troisième étape du plan de déconfinement, annoncé jeudi par le gouvernement Ford.

L'entrée de l'immeuble situé sur la rue Carrière.

Le MIFO offre des services culturels et communautaires, en plus de présenter des spectacles en français au Centre des arts Shenkman (archives).

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Ce plan, dont chaque phase est liée au pourcentage d’adultes vaccinés atteint dans la province, est reçu comme une douche froide par la directrice artistique du Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO), Anne Gutknecht.

Mon premier sentiment, c’est un peu la déception, parce qu'on s'attendait à avoir un déconfinement à l'image du Québec, et là, le fossé se creuse.

Une citation de :Anne Gutknecht, directrice artistique du MIFO

Le déconfinement du milieu culturel en Ontario

Étape 2 (potentiellement à compter du 5 juillet) :

  • réouverture des bibliothèques, avec une capacité d’accueil limitée
  • cinémas et spectacles en plein air permis, devant un public restreint

Étape 3 (potentiellement à compter du 26 juillet) :

  • réouverture des musées et des galeries d’art, avec une capacité d’accueil limitée
  • réouverture des salles de cinéma et de spectacles, avec places assignées, devant un public restreint

Mme Gutknecht n’exclut toutefois pas la possibilité d’offrir des activités en plein air vers la fin du mois de juillet, tel que le permet la deuxième étape.

D’habitude, au MIFO, on ne propose pas de programmation pendant l’été, mais cette année, on s’est dit qu’on voulait vraiment retrouver la communauté et nos artistes. Il va falloir s’adapter, [mais] on va trouver une solution. On espère pouvoir offrir quelque chose en extérieur, explique la directrice artistique.

Déception au MBAC

Un grand hall de pierre au plafond vitré avec, au sol, des flèches directionnelles.

Pendant la pandémie, le MBAC a installé de la signalisation au plancher pour diriger les visiteurs (archives).

Photo : Avec la gracieuseté du Musée des beaux-arts du Canada

La déception se fait aussi sentir du côté du Musée des beaux-arts du Canada (MBAC), qui misait sur son exposition estivale Rembrandt à Amsterdam. Créativité et concurrence pour attirer les visiteurs.

C’est très dur pour nous, parce qu’on a [l’exposition sur] Rembrandt et on travaille là-dessus depuis cinq ans, et on sait que les gens veulent venir, déplore la vice-présidente aux affaires institutionnelles et marketing du MBAC, Rosemary Thompson.

Au départ, l’exposition devait être présentée au MBAC pendant 18 semaines, de mai à septembre. Selon le plan proposé, elle ne le serait plus que durant six semaines.

Nous sommes très déçus, parce qu’on a eu 65 000 personnes qui sont venues au MBAC quand on était ouvert durant la pandémie, et on n’a pas eu un seul cas de COVID-19. Le Musée est grand, c’est sécuritaire.

Une citation de :Rosemary Thompson, vice-présidente, affaires institutionnelles et marketing du MBAC

Pas avant l’automne à La Nouvelle Scène et au CNA

Portrait de la femme dans un escalier.

Danielle Le Saux-Farmer, la directrice artistique du Théâtre Catapulte (archives)

Photo : Gracieuseté: Théâtre Catapulte

L’équipe de La Nouvelle Scène, incluant les quatre compagnies de théâtre fondatrices, espère quant à elle offrir une programmation complète dès cet automne.

On va tout mettre en place pour le présentiel, mais on va se tenir aux aguets, parce que c’est quand même pas demain, contrairement au Québec, où les salles de spectacles sont ouvertes, souligne la directrice artistique du Théâtre Catapulte, Danielle Le Saux-Farmer.

Pour des théâtres qui ont des saisons régulières, l’été, c’est généralement un temps de repos, donc ça va. On va bâtir nos énergies pour cette saison qu’on construit pour démarrer à l’automne.

Une citation de :Danielle Le Saux-Farmer, directrice artistique du Théâtre Catapulte

Les détails de la programmation 2021-2022 de La Nouvelle Scène seront annoncés à la fin de l’été.

L'entrée principale du Centre national des arts, rue Elgin, à Ottawa.

Le Centre national des Arts, à Ottawa (archives)

Photo : Dereck Doherty

Au Centre national des Arts (CNA), rien n’est prévu pour l'été, mais l’équipe ne ferme pas la porte à l'idée d'offrir une programmation à l'extérieur des murs de l’établissement.

On met surtout notre regard sur le retour à l'automne et la prochaine saison, donc, pour l'instant, il n’y a pas de planification concrète de prestations en juillet, mais qui sait? Ç’a été la belle chose en pandémie : on a appris à développer tellement de flexibilité, peut-être qu’on aura des choses à annoncer, indique la directrice générale des communications et stratégies du CNA, Annabelle Cloutier.

La programmation complète pour la saison 2021-2022 de l’institution nationale devrait être dévoilée en août. Ça, c’est la bonne nouvelle : on sait à quoi s’en tenir. Ça aide à la planification. Il y aura un retour sur scène et on s'accrochera à ça, dit Mme Cloutier.

De l’espoir pour les festivals prévus pour cet automne

Un homme aux cheveux longs et légèrement barbu porte un chandail noir.

Michel-Olivier Matte, directeur des opérations, Festival franco-ontarien (archives)

Photo : Radio-Canada

Pour leur part, les organisateurs du Festival franco-ontarien, déjà repositionné en septembre - soit au-delà de la troisième phase du plan, si les objectifs de vaccination sont atteints - espèrent pouvoir proposer une programmation plus diversifiée à un plus grand nombre de festivaliers.

C’est au niveau de ce qui se passe autour des spectacles qu’on va pouvoir se permettre d’être créatifs. On sait que l'expérience d’un événement, c'est de participer aux activités autour aussi, pas seulement aller voir un spectacle, fait valoir le directeur général du Festival franco-ontarien, Michel-Olivier Matte.

L’année dernière, l'événement a pu accueillir 100 festivaliers par soir sur le site, mais ne pouvait pas présenter d’autres activités ou kiosques d'animation. Il y a encore beaucoup de détails à préciser dans le plan, mais assurément, ça va nourrir notre réflexion. On va pouvoir offrir quelque chose de mieux par rapport à l'année dernière, croit-il.

Avec les informations de Kevin Sweet, Mélanye Boissonnault, Marilou Lamontagne et Valérie Lessard

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