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Un professeur autochtone saskatchewanais démissionne en raison du racisme

Jaris Swidrovich.

Près d'une douzaine d'autres professeurs autochtones auraient quitté l'Université de la Saskatchewan au cours des dernières années, selon l'Association des professeurs de l'Université de la Saskatchewan.

Photo : Jaris Swidrovich

Radio-Canada

Le seul professeur autochtone dans un département de pharmacie d'une université canadienne a quitté ses fonctions à l'Université de la Saskatchewan après avoir subi du racisme pendant ses six ans de travail.

Jaris Swidrovich, qui est membre de la Première Nation Yellow Quill, ajoute que la notion de racisme systémique n’était pas abordée au sein même de l’établissement.

J'avais vraiment besoin de me retirer de cet environnement parce que j'ai l'impression d'avoir perdu de nombreuses parties de moi-même dans mes fonctions, a-t-il déclaré.

Selon l'Association des professeurs de l'Université de la Saskatchewan (USFA), près d'une douzaine d'autres professeurs autochtones auraient démissionné au cours des dernières années.

Certains d'entre eux ont déclaré que les recherches menées dans une perspective autochtone n'étaient pas valorisées. D'autres ont déclaré qu'ils se voyaient imposer des charges de travail plus lourdes ou des chances de promotion limitées.

Une perte énorme

Au cours des années où il a côtoyé des étudiants autochtones et aidé de futurs pharmaciens, M. Swidrovich a été vu comme un mentor qui aidait les Autochtones à surmonter leurs hésitations quant à la vaccination contre la COVID-19.

Selon lui, les pharmaciens peuvent combler l'énorme fossé qui sépare les Autochtones des non-Autochtones en matière de santé. Il est nécessaire d'avoir plus de diversité derrière le comptoir de la pharmacie et à l'avant des salles de cours des universités, ajoute-t-il.

La présidente de l'USFA, Allison Muri, a déclaré que la démission de Jaris Swidrovich était une perte énorme pour l'Université.

Selon elle, le corps enseignant et le personnel autochtone veulent voir de vrais changements.

D'une certaine manière, cette Université continue de faire la sourde oreille aux préoccupations des membres. En fait, ce n'est pas qu'elle ne les écoute pas, mais elle ne les prend pas au sérieux et ne met pas d'améliorations en place.

Mme Airini, vice-présidente de l'enseignement de l'Université de la Saskatchewan et vice-rectrice, est attristée par le départ de Jaris Swidrovich. Née en Nouvelle-Zélande, elle est sensible à ces questions, puisqu'elle a étudié l'éducation autochtone au Canada et dans son pays natal.

Mme Airini ajoute que la haute direction a rencontré le personnel et le corps professoral autochtones au cours de l'année écoulée pour entendre leurs préoccupations et élaborer un plan d'action.

Elle souligne que l'Université doit être un lieu où les concepts, les méthodologies, les pédagogies, les langues et les philosophies autochtones sont respectueusement intégrés dans le programme scolaire, dans la recherche, dans la créativité et dans l'engagement communautaire.

À l’heure actuelle, Jaris Swidrovich n’a pas d'autre emploi à l’horizon. Il entend demeurer à Saskatoon et se présenter pour le Nouveau Parti démocratique aux prochaines élections fédérales.

Avec les informations de Jason Warick

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