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Rien ne va plus entre le comité de parents et le CSS des Chic-Chocs

Une salle de classe vide

Les parents membres du comité de parents invitent le ministre Roberge à enquêter sur la gestion du centre de services des Chic-Chocs (archives).

Photo : Getty Images/iStock/DONGSEON KIM

Le comité de parents du Centre de services scolaire (CSS) des Chic-Chocs demande l’intervention du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, afin d'examiner de plus près la gestion du CSS.

Une résolution en ce sens a été votée à la majorité malgré deux absentions lors de la dernière rencontre du comité de parents, mardi.

Cette résolution inclut aussi le dépôt d’une plainte formelle au ministre contre la haute direction du Centre de services scolaire des Chic-Chocs (CSSCC) et son conseil d’administration.

Le comité de parents s'interroge sur le rôle du conseil d'administration et sur le fait que les administrateurs démissionnaires ne soient pas remplacés.

Le conseil d’administration a d’ailleurs entériné, lors de sa dernière rencontre – qui se tenait mardi soir à l'instar de celle du comité de parents – la démission d’un autre de ses membres, soit celle de la représentante des employés professionnels de l’organisation.

Au total, 6 des 15 administrateurs du CSS ont quitté l’organisation depuis sa formation à l’automne 2020.

En mars dernier, dans la foulée des cinq premières démissions, le conseil d’administration du CSSCC avait décidé de ne pas remplacer les administrateurs démissionnaires avant la prochaine rentrée scolaire.

Cette décision a par la suite été discutée lors d'une rencontre du comité de parents, le 19 avril, pendant laquelle le comité a adopté majoritairement une résolution pour demander aux administrateurs du CSSCC de réviser leur position.

Cette résolution, ainsi qu’une autre s’opposant au transfert du local réservé à l’atelier de sciences de la polyvalente C.-E.-Pouliot de Gaspé, ne sont toutefois jamais parvenues officiellement au conseil d’administration.

Des tables pour deux personnes sont disposées en rangée, à côté d'une cheminée industrielle.

Les écoles du secondaire ont souvent un local de science consacré exclusivement à cette matière et aux travaux techniques qui en découlent (archives).

Photo : Radio-Canada / Audrey Neveu

Au début du mois de mai, la présidente du comité de parents, Karine Fournier, ainsi que la secrétaire du comité, Julie Pariseau, ont remis leur démission. Dans sa lettre de démission, Karine Fournier mentionne spécifiquement qu’il n’est pas question pour elle de signer les deux résolutions, ce qui doit normalement être fait avant de les acheminer au conseil d'administration du centre de services scolaire.

Toujours au C.A., mais plus au comité de parents

Depuis les démissions survenues à l’hiver au conseil d’administration du centre de services scolaire, il ne restait que trois parents administrateurs.

En temps normal, cinq parents doivent siéger au sein du conseil d'administration. Ces parents sont élus par le comité de parents, dont les membres sont eux-mêmes désignés par les conseils scolaires des différentes écoles.

Avant de donner leur démission au sein du comité de parents, Karine Fournier avait été élue vice-présidente du conseil d’administration du CSS et Julie Pariseau, présidente. La Loi 40, qui a aboli les commissions scolaires, prévoit que ce sont les parents membres du conseil d’administration qui doivent occuper ces deux postes.

Or, lors de la rencontre du conseil d’administration, mardi, les deux administratrices ont été interpellées lors de la période de questions par l’ex-commissaire Jean-Yves Dupuis.

M. Dupuis a demandé la démission des deux administratrices puisqu’elles ne siègent plus au comité de parents. La Loi 40 a cependant prévu ce genre de situation et l'autorise, a rappelé Mme Pariseau en réponse à cette intervention.

Il ne reste donc au C.A. du CSSCC qu'un seul parent toujours membre du comité de parents.

Correspondances et informations

La demande d’enquête formulée par le comité de parents survient après qu’une requête similaire a été envoyée au ministre Roberge le 1er avril dernier.

Cette lettre était signée par sept personnes, dont cinq parents parmi lesquels figuraient les trois administrateurs démissionnaires, et deux anciens élus de l’ex-commission scolaire.

L'un des signataires de cette première requête, Jean-Yves Dupuis, est aussi intervenu lors du conseil d’administration de mardi dernier pour signaler qu’une lettre qu'il avait expédiée aux administrateurs n’avait pas été inscrite à l’ordre du jour de la correspondance reçue. La missive, a-t-il, expliqué, demandait le remplacement dans les plus brefs délais des administrateurs démissionnaires.

Des demandes similaires ont aussi été adoptées par au moins deux conseils d’établissements scolaires, aucune qui n'a cependant été lue lors des rencontres du conseil administration.

Par ailleurs, les administrateurs ont aussi entériné, mardi, le changement de vocation de l’atelier de sciences des élèves du C.-E.-Pouliot. La mesure touchera environ 400 élèves qui devront être relocalisés, et le réaménagement coûtera plus de 360 000 $ au centre de services scolaire.

Tel que mentionné, la résolution du comité de parents, qui s'opposait au projet, n’a pas été déposée, mais une résolution du conseil d’établissement de la polyvalente C.-E.-Pouliot s'opposant à ce transfert a pourtant été acheminée en juillet 2020 au CSSCC. Une réunion extraordinaire des parents avait été organisée spécifiquement sur le sujet en plein milieu des vacances.

Il n’a été nulle mention, lors de la réunion de mardi, de cette opposition des parents.

Un comité consultatif

La loi 40 ne donne qu’un pouvoir consultatif aux parents bénévoles, sauf s’ils siègent au conseil d’administration. Il revient donc aux administrateurs de disposer de ces consultations et d’en faire ou non mention. Ce processus de consultation semble toutefois être l'un des principaux éléments à la source des dysfonctionnements entre le comité de parents et l’administration du centre de services.

Ces problèmes précèdent la réforme, confirme la trésorière du comité de parents, Nancy Chicoine.

Au printemps dernier, les deux parties s’étaient entendues pour entreprendre une médiation. Une firme a été embauchée à l’automne, mais le processus a été abandonné en cours de route, au début de l’hiver.

Dans sa requête au ministre Roberge, le comité de parents fait état de lacunes de communication présentes depuis trois ans, de mésentente sur les rôles de chacun et de désaccords récurrents.

« On comprend très bien que toutes nos demandes ne peuvent pas être acceptées, mais si ce n’est pas accepté, venez nous expliquer les pourquoi.  »

— Une citation de  Nancy Chicoine, trésorière du comité de parents

Il semble aussi que les ajournements et reports entravent la constitution ou l’action de comités auxquels tiennent les parents.

C’est le cas entre autres du comité consultatif des services aux élèves handicapés ou avec des difficultés d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA). Ce comité, exigé par la loi, s’est réuni deux fois entre février 2017 et janvier 2021. Il y a eu deux autres rencontres depuis, mais le comité devra se constituer à nouveau à la prochaine rentrée scolaire, déplore le comité de parents.

Une communication à rétablir

Plusieurs démarches ont été entreprises avant d’en arriver à s’adresser directement au ministre, souligne Mme Chicoine.

« On demande au ministre de venir voir et écouter ce que les gens ont à dire. »

— Une citation de  Nancy Chicoine, parent bénévole, trésorière du comité de parent et membre démissionnaire du conseil d’administration

La résolution qu’on a faite, dit-elle, a plusieurs considérants, peut-être un peu sommaires, pour lesquels on a des preuves, des pièces qu’on peut détailler. C’est sûr que cette résolution s’applique au comité de parents, mais on se rend compte que c’est plus large que ça. On demande au ministre de venir voir ce qui se passe pour améliorer la situation et rétablir la communication entre les parents et la commission scolaire.

Dans le contexte, l’implication des parents est plus difficile.

Au cours des dernières années, les mandats du comité de parents n’ont pas avancé beaucoup parce qu’on est concentré à vouloir se faire entendre et se faire écouter alors que ça devrait être simplement dans l’ordre des choses , explique la trésorière.

Nancy Chicoine, qui fait aussi partie des signataires de la lettre expédiée en avril dernier au ministre Jean-François Roberge, ajoute qu’elle déplore la division au comité de parents.

La présidente et la vice-présidente du conseil d’administration ainsi que les ex-membres du comité de parents n’ont pas souhaité accorder d’entrevue. Certaines personnes nous ont toutefois fait parvenir leurs lettres de démission qui soulignent un climat tendu au sein du comité de parents.

La directrice générale du CSSCC, Deslilas Fournier, est présentement absente pour des raisons personnelles et devrait répondre à notre demande d’entrevue à son retour, la semaine prochaine.

Le contenu de la première demande d’enquête a été récemment discuté lors d’une rencontre avec le ministre Jean-François Roberge, selon la députée de Gaspé, Méganne Perry-Melançon.

La députée promet de suivre le dossier.

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