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Quelle est cette application mobile au coeur d'un conflit dans la construction?

Des travailleurs de la construction sur un chantier.

Plus de 190 000 travailleurs de la construction pourraient faire grève dès mardi si aucune entente n’intervient entre leurs représentants syndicaux et l’Association de la construction du Québec (archives).

Photo : Getty Images / Greenseas

L'application mobile de géolocalisation Mobile-Punch, au coeur du conflit qui oppose les syndiqués de la construction à l’Association de la construction du Québec, n'est pas un outil de surveillance, se défend son créateur, Jérôme Guay.

Selon l’Alliance syndicale de la construction, affiliée à la FTQ, cette application mobile recueille des données en temps réel sur la géolocalisation des travailleurs. Cela constitue une forme de surveillance contraire au droit, estime le porte-parole de l'Alliance, Éric Boisjoly.

Les négociations dans le milieu de la construction achoppent sur l’imposition d'une telle application sur les téléphones des travailleurs pour contrôler les heures passées au travail.

Joint par Radio-Canada, Jérôme Guay assure que l'application Mobile-Punch, qu'il a créée en 2016, n'utilise pas la géolocalisation en permanence pour suivre à la trace un travailleur dans ses moindres gestes et déplacements.

C'est une application de gestion de temps, soutient l'entrepreneur de Lévis, qui a lui-même travaillé dans le milieu de la construction pendant une dizaine d'années.

Jérôme Guay est le créateur de l'application controversée.

Jérôme Guay est le président et fondateur de l'entreprise Madli inc., qui est propriétaire de l'application Mobile-Punch.

Photo : Courtoisie

Au cours de sa carrière, il a constaté la confusion que la gestion des feuilles de temps et d'horaires en construction pouvait générer. C'est de là qu'est née l'idée de Mobile-Punch, qui permet notamment à un employeur de vérifier la présence de ses employés sur le terrain à l'aide de la géolocalisation.

Pointage des employés

Contrairement à ce que les syndicats avancent, l'application ne suit pas à la trace les travailleurs, insiste Jérôme Guay. En fait, elle géolocalise l'employé uniquement lorsque celui-ci active la fonction manuellement au moment du punch in — le pointage — en arrivant sur le chantier, puis à la fin de son quart de travail en effectuant le punch out, lorsqu'il quitte les lieux.

La fonction de géolocalisation n'est donc pas active durant toute la période où l'employé est sur le chantier.

En d'autres termes, explique-t-il, un travailleur pourrait temporairement quitter un chantier sans que l'employeur puisse être mis au courant par le biais de l'application.

Un travailleur peut décider d'aller au Tim Hortons de l'autre côté de la rue après avoir punché à 7 h le matin, sans que l'employeur puisse le savoir, poursuit-il.

L'entreprise Madli inc., qui est propriétaire de l'application Mobile-Punch, a d'ailleurs mandaté le cabinet BMA Avocats et son avocat David Bernier pour faire valoir le fonctionnement de l'application auprès des syndicats.

Par l'intermédiaire de son avocat, dans une lettre datée du 29 mars 2021 et dont Radio-Canada a obtenu copie, l'entreprise assure qu'elle héberge ses données auprès de serveurs Google situés à Montréal, que celles-ci demeurent confidentielles et qu'elle a mis en place des mécanismes de contrôle d'antécédents, tant civil que criminel de ses employés afin de maintenir un standard élevé d'intégrité.

Jérôme Guay affirme que son entreprise a à nouveau communiqué avec les syndicats ce mois-ci, par l'intermédiaire de son avocat, pour réitérer que l'application Mobile-Punch n'était pas un outil de surveillance, et ainsi éviter le déclenchement d'une grève.

Un prétexte?

Pour sa part, l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ) est d'avis qu'un virage numérique est nécessaire dans l’industrie de la construction.

L’Association assure qu'elle a vérifié que les applications offertes sur le marché par les fournisseurs respectent les plus hautes exigences en matière de protection de la vie privée.

Les syndicats veulent partir en grève pour une simple application mobile, prétextant l’invasion dans la vie privée et la géolocalisation constante des travailleurs, ce qui est absolument faux, soutient François Bernier, de l’APCHQ, dans un communiqué.

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