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En attendant le déconfinement, le café se prend dans le stationnement

deux femmes avec un cafe assises dans un stationnement.

Ginette et Lisette prennent leur café dans le stationnement d'un restaurant de l'est de Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada / RÉJEAN BLAIS

« Il [fallait] qu’il arrive quelque chose, parce que le monde [se serait] révolté. On peut comprendre que les jeunes, en particulier, soient tannés. Ce n’est pas drôle leur vie », remarque Lisette, en sirotant son café.

Lisette, tout comme Gilles, Ginette, Reynald et quelques autres habitués, se donnent rendez-vous le matin dans un restaurant de l’est de Sherbrooke pour jaser de tout et de rien, autour d’un café.

Comme bien des Québécois, ils ont poussé un soupir de soulagement cette semaine à l’annonce de la levée des mesures de confinement au Québec. Ces habitués applaudissent ce retour graduel à une vie normale.

Pour nous autres, les vieux, c’est moins pire. Les jeunes auraient fait du trouble, si le déconfinement n’avait pas été annoncé.

Une citation de :Gilles

La pandémie n’a toutefois pas touché le rituel quotidien de ce petit groupe sympathique. Que les salles à manger et les terrasses soient ouvertes ou fermées, la rencontre a toujours lieu... même si elle doit se tenir dans le stationnement.

Deux hommes prennent un café dans un stationnement.

Gilles et Reynald se donnent rendez-vous tous les matins dans le stationnement d'un restaurant de l'est de Sherbrooke pour prendre un café.

Photo : Radio-Canada / RÉJEAN BLAIS

Lisette : C’est un des beaux moments!

Ginette : Ça fait notre journée!

Lisette : On est chanceux de pouvoir faire ça. Il y a bien du monde qui ne peut pas sortir de chez eux.

Gilles: Moi je vis seul, ma femme est décédée. C’est moins ennuyant que de niaiser à la maison. On a du fun!

Reynald: Ça fait quelques années qu’on se rencontre ici tous les matins. C’est une habitude.

Parmi les assouplissements annoncés, celui que Reynald préfère concerne justement les restaurants. Les terrasses rouvriront le 28 mai, et les salles à manger le 31. Ma femme et moi, on va au restaurant deux fois par semaine. On a été restreint. J'aime bien aller dans une brasserie prendre un bon repas, avec une bonne bière.

Ce qui fait l'unanimité, c’est la possibilité de se réunir à nouveau, même s'il y a encore des restrictions. Moi, j’ai un fils qui a une belle place sur le bord de l’eau à Saint-Denis-de-Brompton, avec un beau ponton. On a hâte de tous se réunir comme on l’a toujours fait, tous les étés, rêve Lisette, qui, depuis un an, n’a pas vu un autre de ses fils et ses petits enfants, qui habitent à La Patrie. On se parle sur Skype, mais ce n'est pas pareil, nuance-t-elle. Celle qui occupe son temps en faisant du bénévolat affirme demeurer quand même positive dans les circonstances.

Deux femmes discutent, café à la main, dans un stationnement.

Ginette et Lisette discutent autour d'un café dans le stationnement d'un restaurant.

Photo : Radio-Canada

La situation semble plus difficile pour son amie Ginette, qui affirme être plus bougonne parfois.

Je suis plus anxieuse. La vie a changé. Ça me rentre dedans des fois.

Une citation de :Ginette

Elle constate par ailleurs que les mesures de distanciation ont un effet à long terme, comme si les gens s’habituent à cette distance, aux rencontres espacées. Ça sépare un peu les familles, on dirait. Les gens deviennent indépendants.

Plusieurs événements majeurs sont survenus dans sa vie, au cours des derniers mois. La mort subite d’un frère et la naissance d’une nouvelle petite-fille. Dans les deux cas, les rencontres ont été limitées. On a fait un shower de bébé virtuel. Ce n’est pas le fun. Je n'ai même pas pu aller à l’hôpital pour voir le petit bébé. Pour mon frère, on attend et on attend pour la cérémonie.

Gilles, père de sept enfants, attend lui aussi de voir ses arrière-petits-enfants venus au monde pendant la pandémie. C’est ça que je trouve le plus long. Le restant, ça se passe assez bien, ajoute-t-il.

Deux hommes au volant de leur voiture.

Gilles et Reynald ne manquent jamais leur rendez-vous matinal.

Photo : Radio-Canada / RÉJEAN BLAIS

La levée du couvre-feu, ça va aider le monde, affirme Lisette. Pour Reynald, ça ne change rien. Nous autres, les personnes âgées, après le souper, on va prendre une petite marche et à 20 h on est à la maison. Ça finit là. Ça ne me dérange pas "pantoute".

En même temps, malgré tous ces assouplissements, Lisette soutient qu’elle restera prudente. Il y a des gens qui ne veulent pas se faire vacciner. Ça, je trouve ça plate. Il y en a quelques-uns autour de moi. C’est de leurs affaires, mais ils ne m’approcheront pas, affirme-t-elle fermement.

Grand amateur de hockey, Gilles suit les séries éliminatoires avec beaucoup d'intérêt. Alors qu’aux États-Unis, les spectateurs sont admis dans les amphithéâtres, cela ne sera possible au Centre Bell qu’à partir du 28 mai. C'est plus le fun quand il y a des spectateurs dans les estrades. Pour les joueurs aussi, ça doit être plus plaisant, pense-t-il.

un homme souriant au volant d'une voiture.

Reynald tient à son rendez-nous matinal avec ses amis.

Photo : Radio-Canada / RÉJEAN BLAIS

Le déconfinement graduel ramènera un peu de normalité dans la vie de tout le monde. Lisette, Ginette, Gilles et Reynald vont également poursuivre leur rituel quotidien.

Reynald est catégorique, même quand la salle à manger du restaurant sera de nouveau accessible, il ne changera pas son habitude. Il prendra son café dans le stationnement.

Cet été, je serai ici à tous les matins. Je déteste aller en dedans. Je vais y aller quand il va pleuvoir.

Une citation de :Reynald

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