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Les universités de Sudbury, Thorneloe et Huntington licencient des professeurs

Un bâtiment de béton.

Les universités de Sudbury, Thorneloe et Huntington ne font plus partie de la Fédération Laurentienne.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Les universités de Sudbury, Thorneloe et Huntington ont licencié des professeurs, après que l’Université Laurentienne ait coupé les liens avec celles-ci dans le cadre de son processus de restructuration.

Ce sont plus d’une vingtaine de professeurs à temps plein qui vont se retrouver sans emploi d’ici quelques semaines, selon le président de l’Association des professeures et professeurs de l'Université Laurentienne, Fabrice Colin.

À cela s'ajoutent plus d’une quarantaine de chargés de cours représentés par le syndicat qui ne pourront plus donner de cours et la disparition d’une dizaine de programmes dont plusieurs en français.

La fin de la fédération a été vécue comme une trahison par les membres du corps professoral, les employés et les étudiants qui se sont donné corps et âmes pour ces institutions, déplore M. Colin.

L’avenir est plutôt sombre, tranche-t-il.

Huntington, Thorneloe et Sudbury, trois petites universités du Nord de l'Ontario, ont fait partie de la Fédération Laurentienne.

Cet accord, rompu unilatéralement au début du mois de mai par l’Université Laurentienne lors de son processus de restructuration, permettait aux universités fédérées de délivrer des diplômes à leurs étudiants.

Les universités fédérées pouvaient également percevoir les frais de scolarité et des subventions de fonctionnement en vertu de l'accord.

Les universités de Sudbury et Thorneloe ont contesté devant les tribunaux la décision de l’Université Laurentienne de mettre fin à la fédération, sans succès.

Pas encore de fermeture à l'horizon

Le recteur de l’Université Thorneloe affirme que la fin de la fédération n’entraînera pas la fermeture de son établissement.

Nous avons toujours une école de théologie qui enseigne au niveau du premier cycle, qui n'a jamais fait partie de l'accord de fédération et qui n'est donc pas touchée par les actions de la Laurentienne à notre encontre, affirme par courriel le recteur de l’Université Thorneloe, John Gibaut.

Portrait John Gibaut.

John Gibaut est recteur de l'Université Thorneloe depuis 2019.

Photo : Soumise

Par le biais de l'École de théologie, nous sommes ouverts à des partenariats avec d'autres collèges et universités de l'Ontario et du Canada, poursuit John Gibaut.

Questionnée sur son avenir par Radio-Canada, l’Université de Sudbury dit ne pas vouloir commenter la situation.

Alors que l’établissement a annoncé son objectif de devenir une université indépendante entièrement francophone, la direction n’a pas non plus précisé si ses professeurs francophones licenciés seront réembauchés.

Au moment d’écrire ces lignes, l’Université Huntington n’a pas donné suite aux questions de Radio-Canada.

Une perte pour la communauté et la recherche

La plupart des professeurs vont probablement quitter la région, se désole Jennifer Johnson, professeure et directrice du département d’Études sur les femmes, le genre et la sexualité à l’Université Thorneloe.

Alors que la professeure est originaire du Manitoba, son plan était de rester et contribuer à la communauté d’ici.

Les sujets comme l’équité, la violence contre les femmes… Tous ces cours ne seront plus offerts alors c’est une perte pour moi, mais aussi pour la communauté et la recherche dans la région, soutient Mme Johnson.

Nos cours étaient très populaires [...] C’est sûr il y a une déception, regrette Guy Chamberland, professeur et directeur du département d’Études anciennes à l’Université Thorneloe.

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L'Université Thorneloe affirme que la fin de la Fédération Laurentienne n'entraînera pas la fermeture de l'établissement.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Les deux professeurs soulignent toutefois que la procédure de licenciement s’est faite respectueusement à Thorneloe.

C’était une décision difficile pour l’Université Thorneloe, mais sans [ses liens avec] l’Université Laurentienne, c’était impossible, estime Guy Chamberland.

Du côté de l'Université Huntington, les licenciements ne sont pas une surprise pour Krishnan Venkatraman, professeur au département de Gérontologie.

L'Université Huntington n'a même pas contesté la fin de la fédération avec la Laurentienne, souligne-t-il.

C'est vraiment triste, c'est comme perdre quelque chose de très, très précieux. Une partie de mon identité est partie.

Une citation de :Krishnan Venkatraman, professeur au département de Gérontologie

En tant que professeur en milieu de carrière, je ne sais pas comment je pourrais retrouver un poste dans mon domaine là où je vis. Il y a peut-être deux, un voire zéro emploi dans mon domaine en ce moment au Canada, explique Krishnan Venkatraman qui songe déjà à changer de carrière.

L'Université Laurentienne a par ailleurs fait l'acquisition du programme de gérontologie de l'Université Huntington. Le programme sera offert dès l'automne. Mais cet accord ne prévoit pas le transfert des postes de professeurs.

Pour certaines personnes comme Elora Conrad, étudiante au programme d'Études anciennes à l'Université Thorneloe, la fin de la Fédération Laurentienne complique la fin de sa formation.

Elora Conrad et une collègue assises à une table remplie de pamphlets de l'EUMC.

Elora Conrad (à gauche) poursuivait une mineure en Études anciennes à l'Université Thorneloe.

Photo : Elora Conrad

Il manque un cours à Mme Conrad pour finir sa mineure, mais l'annulation de son programme signifie qu'elle va perdre des choix de cours pour terminer ses études.

L’Université Laurentienne dit qu’elle pourra m’accommoder, mais en même temps ça ne va probablement pas être le cours que je voulais, déplore-t-elle.

Avec les informations de Bienvenu Senga

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