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Un pirate informatique de Gatineau restera détenu

Un homme pose ses mains sur le clavier d'un ordinateur portable dans l'obscurité.

Sébastien Vachon-Desjardins fait partie du groupe NetWalker, qui utilise les rançongiciels pour soutirer de l'argent à des entreprises.

Photo : iStock

Radio-Canada

Un Gatinois empêtré dans des démêlés judiciaires aux États-Unis s'est vu refuser sa demande de libération provisoire, jeudi, car on craint qu'il ne prenne la fuite.

En matinée, jeudi, avait lieu l'audience pour la demande de remise en liberté provisoire de Sébastien Vachon-Desjardins, un Gatinois soupçonné par le FBI de faire partie d'un réseau international de cybercriminels.

La juge de la Cour supérieure, Catherine Mandeville, a refusé sa demande de remise en liberté en raison des risques de fuite de l'individu. Il pourrait, en effet, avoir accès à des sommes importantes en cryptomonnaie et être en contact avec un réseau criminel international, a-t-elle estimé.

Elle a ajouté qu'il est très compétent en informatique et qu'il serait capable de camoufler son identité ainsi que ses traces.

Au cours des derniers mois, l'accusé a aussi exprimé le désir d'aller en Russie, un pays avec lequel le Canada n'a pas de traité d'extradition. Les États-Unis tentent d'ailleurs d'extrader celui-ci pour qu'il soit jugé en sol américain.

La juge Mandeville a également refusé sa demande parce qu'elle estime qu'il existe un risque important que le Gatinois ait accès à Internet et puisse soutirer des preuves aux enquêteurs de la Gendarmerie royale du Canada ou les faire disparaître.

Qui est Sébastien Vachon-Desjardins?

Selon des informations obtenues sur un serveur informatique en Pologne, Sébastien Vachon-Desjardins serait l'un des pirates informatiques les plus efficaces, voire celui qui a le plus de succès dans le monde. Il serait affilié au réseau Netwalker, un gang de cybercriminels assez récent.

L'Université du Michigan, le Collège des infirmières de l'Ontario et l'École de médecine de l'Université de la Californie à San Francisco feraient partie de ses victimes, selon des informations publiées par CBC.

Dans ce réseau, les développeurs du logiciel ont recours à des personnes comme Sébastien Vachon-Desjardins qui déterminent des cibles, telles que des commerces ou des établissements d'enseignement, par exemple.

Elles lancent des attaques qui cryptent les données des clients et des usagers de ces cibles, et exigent une rançon pour redonner accès à ces données confidentielles et sensibles.

Selon un document produit par la GRC, des centaines de milliers de dollars ont été saisis au domicile de M. Vachon-Desjardins et dans les coffrets de sûreté de trois institutions bancaires.

Il aurait aussi amassé 520 bitcoins, une cryptomonnaie d'une valeur d'environ 50 millions de dollars.

Des antécédents judiciaires

Le Gatinois a des antécédents criminels et a été condamné à une peine d'emprisonnement de 42 mois, en juin 2015, pour trafic de stupéfiants.

Au-delà de l'enquête du FBI sur le piratage informatique qu'il aurait effectué contre des cibles américaines en Floride, en Californie ainsi qu'en France, il fait également l'objet d'une enquête de la GRC. Les autorités cherchent à découvrir s'il a fait des victimes canadiennes.

De nouvelles accusations en lien avec les stupéfiants pèsent aussi contre lui.

S'il est reconnu coupable de toutes les charges qui pèsent contre lui, le cybercriminel est passible d'une peine d'emprisonnement de 135 à 168 mois.

M. Vachon-Desjardins repassera devant la juge Mandeville le 31 mai prochain et les audiences se dérouleront les 15 et 16 juillet.

Avec les informations de Rémi Authier et CBC

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