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Une deuxième compagnie se retire du projet de gaz naturel liquéfié Kitimat LNG

Conduite de gaz naturel.

Le retrait de la compagnie Woodside Petroleum du projet Kitimat LNG ne signifie pas la fin des projets de gaz naturel liquéfié. LNG Canada est toujours en cours de construction à Kitimat.

Photo : La Presse canadienne

Un projet de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique reçoit un deuxième coup dur en moins de deux mois. La compagnie Woodside Petroleum a annoncé, mardi, l’intention de vendre sa participation de 50 % dans le projet Kitimat LNG.

Cette décision de la multinationale australienne s’ajoute à celle du géant Chevron, qui, en décembre 2019, avait aussi annoncé vouloir vendre ses parts dans la coentreprise.

Aucun acheteur ne s'est manifesté depuis, et la compagnie américaine a indiqué, en mars, qu’elle cessait de financer de nouveaux travaux de faisabilité.

Contrairement à LNG Canada, dont l’usine de liquéfaction du gaz naturel et le terminal d’exportation, qui seront alimentés par le gazoduc Coastal GasLink, se trouvent aussi à Kitimat, la construction de Kitimat LNG n’a pas encore débuté.

L'exploration et l'extraction continuent

Le projet, s’il était mené à terme, comprendrait un gazoduc de 480 kilomètres entre Summit Lake, au nord de Prince George, et Bish Cove, où serait bâtie une usine de liquéfaction du gaz et des installations portuaires.

Dans une vidéo publiée sur Facebook, Ellis Ross, député libéral de la circonscription de Skeena, où se trouve Kitimat, a critiqué le gouvernement néo-démocrate, qu'il ne juge pas suffisamment proactif dans le dossier.

Il manque le bateau, dit l’ancien chef de la nation Haïda, soulignant que ce genre de projets fournit de nombreux emplois dans les communautés du Nord.

Dans une déclaration écrite, le ministre de l'Énergie et des Mines, Bruce Ralston, souligne que la compagnie Woodside a toujours l'intention d'investir dans l'exploration et l'exploitation du bassin Liard, dans le nord-est de la Colombie-Britannique, une région riche en gaz de schiste.

Pas besoin de ce carburant de transition

Selon la directrice générale du groupe de réflexion Clean Energy Canada, établi à l’Université Simon-Fraser (SFU) à Burnaby, Merran Smith, l’abandon de Kitimat LNG par Woodside et Chevron n’est pas surprenant.

Nous n’avons pas besoin de carburants de transition, affirme Merran Smith. C’est moins cher maintenant d’utiliser des énergies renouvelables.

Ces projets de GNL ont de la difficulté à trouver des acheteurs pour leur gaz.

Une citation de :Merran Smith

La province et l’industrie gazière affirment que, en contribuant à remplacer le charbon comme source d’électricité en Asie, le GNL est bénéfique pour l’environnement.

Des travailleurs s'activent sur le site d'un puits de gaz naturel en Colombie-Britannique.

Des travailleurs s'activent sur le site d'un puits de gaz naturel dans le nord de la Colombie-Britannique.

Photo : iStock

Plusieurs pays remettent toutefois de plus en plus cette idée en question, indique Merran Smith.

Le passage direct du charbon à des énergies renouvelables comme le solaire et l’éolien sans faire la transition par le gaz naturel apporte, selon elle, des avantages non négligeables, comme une meilleure qualité de l’air et la sécurité énergétique.

Appel à la neutralité carbone

Cette semaine, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a appelé la communauté internationale à renoncer à tout nouveau projet pétrolier ou gazier si elle souhaite atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, nécessaire pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C.

Un projet de loi qui vise à engager le Canada dans la voie de la carboneutralité est actuellement à l’étude à la Chambre des communes.

L'AIE a clairement dit que la plupart des usines de GNL en construction ou au stade la planification ne seront pas nécessaires si l’on souhaite atteindre la carboneutralité, explique Merran Smith.

Le Canada devrait plutôt s’engager sérieusement dans le développement de l’industrie de la pile électrique, croit-elle.

Riche en minéraux et en électricité propre, le pays pourrait devenir un joueur majeur dans ce secteur d’avenir s’il joue bien ses cartes, selon un rapport publié mercredi par Clean Energy Canada.

Ailleurs sur le web :

Rapport De la parole aux actes : bâtir la chaîne d'approvisionnement en piles du Canada (Nouvelle fenêtre) de Clean Energy Canada (en anglais)

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